Publié le 04/05/2017 à 08:35 / Béatrice Dupin

Evènement

La ferme expérimentale d’Etoile a ouvert ses portes au public du circuit de Ferme en ferme pour marquer ses trois décennies d’existence.

Les 29 et 30 avril, la ferme expérimentale d'Etoile a accueilli agriculteurs et autres publics. Les travaux conduits sur ce site leur ont été présentés.

Pour fêter les 30 ans de la ferme expérimentale d'Etoile, le choix a été fait de deux journées portes ouvertes, les 29 et 30 avril. Pour ce faire, la chambre d'agriculture s'est rapprochée des Civam(1) pour que cette porte ouverte soit intégrée dans le circuit « La Drôme de ferme en ferme ». C'est ce qu'a expliqué Anne-Claire Vial, la présidente de la chambre d'agriculture, qui a conduit la visite le samedi matin en présence de représentants agricoles drômois, des présidents des chambres d'agriculture du Vaucluse et des Hautes-Alpes, des responsables des différents instituts ou organismes de développement présents sur la ferme, du président du conseil départemental, Patrick Labaune, le député Franck Reynier, et d'autres élus...

Le samedi matin, responsables professionnels et élus ont visité la ferme expérimentale d'Etoile sous la conduite de la présidente de la chambre d'agriculture.

Redonner confiance en la science

« Pourquoi avoir ouvert au grand public ? Parce que nous voulons contribuer à réconcilier les Français avec la recherche, montrer ce qu'elle nous a apporté en 30 ans,redonner confiance en la science qui conduit à des pratiques culturales préservant encore mieux les écosystèmes », a expliqué la présidente au moment des allocutions. Elle a précisé que le premier sujet abordé aux débuts de la ferme a été celui des produits phytosanitaires : « comment les diminuer et développer les techniques alternatives. Mais aussi comment valoriser l'azote et éviter sa fuite ».

Des réponses à des préoccupations

Autres domaines importants, pour la présidente : « L'irrigation (c'est sur le site qu'a été mis au point l'étalonnage des enrouleurs et on continue à travailler sur les outils de pilotage) et le développement des grandes cultures en bio (les travaux ont servi au règlement national les concernant) ». Elle a aussi rappelé que « la mise en place de la plateforme Tab(2) a été décidée sous la présidence de Claude Aurias ». Et de confier encore : « Nous avons la conviction que l'échec est aussi un résultat, pour orienter la recherche vers des solutions qui n'existent pas encore. Depuis 30 ans, la ferme a répondu aux préoccupations des consommateurs : assurer la biodiversité et diminuer l'utilisation des produits phytosanitaires ».

Des conseils aux agriculteurs

Lors de la visite, la parole a été donnée aux représentants des instituts. Ils ont illustré leur domaine d'intervention de différentes manières. Le directeur national d'Arvalis-Institut du végétal, Jacques Mathieu, était présent. Yves Pousset, ingénieur au sein de la délégation régionale, a donné quelques indications sur l'histoire du blé, les variétés de blé tendre et de blé dur expérimentées ici. « La station nous permet de relever les défis de demain quant à la qualité, au rendement et à la demande sociétale », a-t-il souligné. « Une chose importante dans cette station, a ajouté Anne-Claire Vial, ce sont les conseils donnés aux agriculteurs. Avec une analyse indépendante sur les variétés qui donnent le meilleur rendement et le meilleur résultat... »

Une évaluation indépendante


Christophe Vogrincic, responsable de la zone sud de Terres Inovia(3), est allé dans le même sens : « Une de nos missions est le conseil auprès des producteurs. On est comme "60 millions de consommateurs", on évalue du matériel de manière indépendante ». Il a noté aussi la collaboration avec les autres structures « pour expérimenter les démarches de cultures les plus performantes ». Patrick Marie, directeur de l'Anamso(4), a quant à lui parlé du gros travail effectué ces dernières années sur la pollinisation. L'intérêt très large de la parcelle Dunière où sont réalisés les essais en bio a également été souligné. « Elle est emblématique de la station », a expliqué Yves Pousset.

Les abricots et pêches de demain

Le président de la Sefra(5), Bruno Darnaud, a exposé les investigations réalisées en arboriculture. « Outre le défi phytosanitaire, on réalise ici des expérimentations variétales. 60 nouvelles variétés de pêches et d'abricots sont testées et caractérisées chaque année. Il faut bien comprendre qu'on ne les retrouve sur le marché que quinze ou vingt ans plus tard. J'insiste sur ce point auprès des financeurs ». Ces partenaires ont du reste été invités à s'exprimer après l'allocution d'Anne-Claire Vial.

 

Elisabeth Voreppe


(1) Centre d'initiatives pour valoriser l'agriculture et le milieu rural.
(2) Techniques alternatives et biologiques.
(3) Institut technique des producteurs d'oléagineux, de protéagineux, de chanvre et de leurs filières.
(4) Association nationale des agriculteurs multiplicateurs de semences oléagineuses.
(5) Sefra : station d'expérimentation fruits Rhône-Alpes.

 

Deux jours d'animations
Le public a été accueilli durant tout le week-end par le personnel du site. Un petit train était à la disposition des familles pour découvrir en particulier le verger.
Des panneaux explicatifs (sur l'historique notamment) ponctuaient le parcours au travers des 25 cultures différentes réparties sur les 80 hectares de la ferme expérimentale. Du matériel était exposé mais aussi, par exemple, une collection de semences de maïs.
Dans l’espace consacré à l’arboriculture, il était possible de découvrir les insectes ravageurs et auxiliaires sous une forme ludique pour les enfants. Une découverte sensorielle des fruits leur était aussi proposée.
Dans la cour de la ferme, exposition de matériels et différents espaces étaient proposés aux visiteurs.
Mots clés : FERME EXPÉRIMENTALE ETOILE SUR RHONE 30 ANS