Publié le 10/08/2017 à 09:35 / Christophe Ledoux

Oeufs

Après l'information, donnée le 5 août, que plusieurs usines d'ovoproduits françaises auraient reçu des Pays-Bas des lots d'œufs potentiellement contaminés au fipronil, le ministère de l'Agriculture se veut transparent et rassurant. Le 9 août, il a tenu à faire le point sur les analyses et des enquêtes en cours.

Après l’information, donnée le 5 août, que plusieurs usines françaises d’ovoproduits auraient reçu des Pays-Bas des lots d’œufs potentiellement contaminés au fipronil, le ministère de l’Agriculture se veut transparent et rassurant. Le 9 août, le ministre, S...

Le 20 juillet, les autorités belges ont informé l'Union européenne de la présence de fipronil, un insecticide interdit sur les produits destinés à la consommation, dans des lots d'œufs. En cause, l'utilisation d'un produit frauduleux, le DEGA16, aux Pays-Bas et en Belgique. Le 5 août, la France a fait savoir que plusieurs établissements d'ovoproduits français avaient reçu des lots en provenance des Pays-Bas, potentiellement contaminés par le fipronil. Face aux craintes que cela soulève, le ministre de l'Agriculture Stéphane Travert a tenu à faire un point sur la situation, le 9 août. Cinq usines de fabrication d'ovoproduits (pâtisseries, pâtes et préparations pour gâteau, viennoiseries, etc.) ont ainsi reçu des lots d'œufs venant des Pays-Bas et susceptibles d'être contaminés.

Elevages français

De même qu'une enquête nationale sur l'ensemble des établissements d'ovoproduits français (environ 80 sites) a été lancée, une enquête nationale est également en cours sur les élevages français. En effet, un éleveur du Pas-de-Calais a spontanément signalé aux services du ministère que le produit incriminé avait été utilisé par son intégrateur belge. Si les œufs à risque n'ont donc pas été mis sur le marché, il reste à savoir si d'autres éleveurs étaient sous contrat avec cet intégrateur ou si d'autres intégrateurs étrangers ont pu utiliser ce produit pour des élevages français. Le DEGA-16 n'était en tout cas pas autorisé en France. Par ailleurs, si la Belgique a annoncé l'extension des enquêtes au poulet, le risque de contamination des poulets par des parasites comme le pou rouge, contre lequel le DEAG-16 était utilisé, est nettement moindre étant donné la durée de vie réduite des volailles de chair, en comparaison à la durée de vie des poules pondeuses.

Pas de risque sur la santé humaine

Des premiers résultats de l'enquête de traçabilité sont attendus d'ici quelques jours. En ce qui concerne la marche à suivre pour les produits contaminés au fipronil – retrait ou non - , le ministère de l'Agriculture attend l'avis de l'Anses. Car « à l'état de trace, il n'y a pas de risques pour la santé humaine dans le cadre d'une consommation normale, c'est-à-dire un à deux œufs par jour », pour les adultes comme pour les enfants, a rappelé le ministre à plusieurs reprises. D'autant que seuls les œufs destinés à la transformation sont concernés, des œufs qui seront mélangés à d'autres issus de lots différents lors du processus d'industrialisation, ainsi qu'à d'autres ingrédients dans les produits finis, ce qui dilue encore davantage la présence de fipronil.

Le ministre de l'Agriculture a par ailleurs formulé « une demande de réunion avec la Commission européenne au sujet des échanges d'information entre les Etats membres », échanges qu'il juge perfectibles compte-tenu du délai dans lequel la France a été informée par un pays qui est pourtant un partenaire de longue date. Stéphane Travert compte évoquer le sujet lors du prochain conseil des ministres de l'agriculture européens, début septembre, à Tallinn.

 

Mots clés : OVOPRODUITS OEUFS CONTAMINATION FIPRONIL FIPRONIL