Publié le 27/11/2014 à 00:00 / Béatrice Dupin

Le parc du cheval

A une quarantaine de kilomètres de Lyon, près de 40 hectares sont entièrement dédiés au cheval. Découverte du Parc du cheval à Chazey-sur-Ain.

Le Parc du cheval à Chazey-sur-Ain accueille amateurs et professionnels.

Saut d'obstacles, course au galop... A Chazey-sur-Ain, les week-ends sont souvent rythmés par le son des sabots frappant le sol. Plus de 150 manifestations sont organisées chaque année sur le Parc du cheval où 40 ha sont entièrement dédiés à l'un des meilleurs amis de l'homme. Si depuis son ouverture en 2008 il a su asseoir sa réputation auprès des nombreux cavaliers professionnels et amateurs pour les compétitions, de nombreuses facettes demeurent encore inconnues.
Avec les compétitions, le centre de promotion, gérée par l'association du Parc du cheval, reçoit et organise de nombreuses formations tout au long de l'année. Propriétaire de l'ensemble des infrastructures, l'association du Parc du cheval met également à disposition son manège, sa carrière d'entraînement et de compétition, son rond d'Havincourt, ses boxes... à tous les cavaliers qui souhaitent s'entraîner. « Nous pouvons également accueillir les chevaux en transit vers une compétition pour la nuit. Il nous arrive d'accueillir de très beaux coureurs. Sur le Parc du cheval, les professionnels comme les amateurs sont les bienvenus », explique Adelaïde Baulieu, responsable adjointe du centre de promotion qui est en pleine restructuration. De nouveaux boxes ont été construits pour encore mieux accueillir les chevaux en compétition. Une salle de réunion et de restauration ont été construites pour attirer un nouveau public et améliorer les conditions de snacking pendant les compétitions hivernales. « Nous allons également mettre en place un nouveau manège couvert. Deux fois plus petit que l'autre, il permettra d'avoir une quatrième piste pour les concours mais également une détente pour l'hiver », poursuit Adelaïde Baulieu.

Au galop !

Le centre de promotion ne possède en revanche aucun cheval. Toutefois, le galop résonne tout au long de l'année sur les pistes qui occupent une grande partie du domaine. Ici, jusqu'à 300 chevaux travaillent leurs foulées au quotidien. « Nous louons 300 boxes, le hangar à fourrage... à des entraîneurs originaires d'un peu partout. Ils ont à leur disposition deux pistes rondes en sable de 1 400 m chacune, une piste ronde en gazon de 1 350 m, deux lignes droites en sable et gazon de 1 700 m chacune, une piste d'obstacles et une piste ronde en sable fibrée de 1 300 m qui ne gèle pas en hiver que nous allons refaire cette année », commente Edouard Boutolleau, directeur du centre d'entraînement. Chaque jour, des chevaux quittent le centre d'entraînement vers les hippodromes où les entraîneurs espèrent les voir passer la ligne d'arrivée en tête.
D'autres esprits aussi rêvent de victoires. C'est le cas des 17 jeunes en alternance à l'association de formation et d'action sociale des écuries de courses qui procèdent à leur apprentissage aux côtés des entraîneurs en résidence au centre d'entraînement. Futurs cavaliers, jockeys drivers, premiers garçons, garçons de voyage ou encore entraîneurs... tous espèrent un jour voir leur poulain décrocher la première place. D'autres ont intégré l'association des formateurs aux activités équestres de Rhône-Alpes pour pouvoir transmettre leur passion et former les futurs cavaliers. Deux associations qui ont leur siège à Chazey-sur-Ain.

Développement de la filière

Défendre et promouvoir la filière équine rhônalpine est également un combat porté par les acteurs présents sur le Parc du cheval. Le comité régional d'équitation Rhône-Alpes représente tous les licenciés et les groupements équestres adhérents de la région. De son côté, le conseil de la filière cheval Rhône-Alpes vise à favoriser les politiques régionales de développement. Elle est, entre autres, maître d'ouvrage du contrat régional d'objectif de filière (Crof) signé avec la Région. Programme d'actions établi sur 2012-2016, il suit six axes de développement : faire connaître et promouvoir la filière équine, professionnaliser les acteurs, valoriser et mettre en marché, développer la filière trait, créer un atelier de valorisation et animer le Crof. Le Parc du cheval est le théâtre de la mise en œuvre de nombreuses de ses actions. « Par exemple, pour développer la filière cheval de trait, le Crof a instauré un soutien financier au débourrage à l'attelage de chevaux pour les propriétaires éligibles, justifiant d'un statut professionnel et dont le siège de l'exploitation est situé en Rhône-Alpes, explique Juliette Revillion, chargée de mission au conseil de filière. Le subventionnement régional équivaut à 30 % du coût du débourrage. L'Institut français du cheval et de l'équitation (IFCE) dont le siège est également sur le Parc est l'un des prestataires qui peuvent proposer cette formation aidée. Nous menons également une action autour du développement du centre de valorisation qui permet d'utiliser les chevaux qui étaient à l'origine destinés au sport de haut niveau et qui n'ont finalement pas le potentiel. Nous proposons d'utiliser ses chevaux pour contribuer à la formation des futurs moniteurs notamment autour du travail du jeune cheval et du dressage pour l'enseignement ». Des objectifs partagés, entre autres avec l'IFCE, les anciens Haras nationaux, qui se sont donnés également pour mission d'ouvrir le Parc au plus grand nombre. 

Marie-Cécile Chevrier

 

Conjoncture : le cheval, une filière bien en selle


La filière équine en Rhône-Alpes est un secteur en pleine croissance. En quatre ans, son chiffre d’affaires, hors PMU, a augmenté de 23 % arrivant à 328 millions d’euros. Les enjeux PMU des joueurs rhônalpins génèrent un chiffre d’affaires de 687,3 millions d’euros. L’Ain et le Rhône sont les départements dont le poids économique est le plus important avec un chiffre d’affaires supérieur à 65 millions d’euros chacun. Cette filière est également créatrice d’emploi avec 7 300 personnes rémunérées en 2011.
Par ailleurs, en France, 700 000 équidés sont recensés en exploitations agricoles dont 7 % sont situés en Rhône-Alpes, troisième région en nombre d’équidés. Il existe ici de nombreux débouchés : loisir, tourisme, sport, travail agricole, travail en ville, courses et viande.
Les élevages rhônalpins recensent en moyenne 10 têtes par structure quand les centres équestres, qui détiennent la majorité des équidés, en possèdent en moyenne 33. La surface agricole détenue par les exploitants ayant des équidés est proche de 72 000 ha, soit 5 % de la surface agricole utile régionale. 42 500 ha, hors surfaces récoltées, sont directement valorisés par les équidés dont 85 % en pâturage. De plus, 85 % des 99 000 tonnes de foin consommées annuellement proviennent de la région. L’élevage est également en pleine évolution. La région se place en quatrième position des régions françaises. Le chiffre d’affaires de l’élevage régional a augmenté de 15 % depuis 2007. Toutefois, le nombre d’éleveurs est, à l’image du territoire français, en diminution. Rhône-Alpes compte aujourd’hui 2 100 éleveurs dont la majorité n’a pas d’autres activités équines que l’élevage. Elle est l’une des premières régions où est élevée la race celle français, des chevaux essentiellement destinés au sport de haut niveau. La tendance est à l’augmentation de la taille des élevages. Avec 857 centres équestres et 68 250 licenciés, l’équitation est le troisième sport de Rhône-Alpes derrière le football et le tennis. Rhône-Alpes est également la région leader du tourisme équestre avec plus de 11 000 cavaliers licenciés fléchés tourisme. Le commerce d’équidés est également resté dynamique dans la région en augmentant de 7 % entre 2007 et 2011, quand en France il diminuait de 2 %. A noter également, qu’environ 650 équidés ont été abattus en 2011 dans les abattoirs de Rhône-Alpes pour un total de 172 tonnes équivalent carcasse. 
(Source Observatoire économique régional – année de référence 2011)
Mots clés : FILIÈRE EQUINE