Publié le 15/07/2018 à 06:00 / Béatrice Dupin

Patrimoine rural

Depuis neuf ans, une poignée de bénévoles conservent précieusement la mémoire agricole du pays de Grignan. Aux portes de l’abbaye Notre-Dame d’Aiguebelle, à Montjoyer, un espace d’exposition de 750 m2 présente de vieux outils et d’anciennes machines agricoles. Entre autres.

A la découverte des outils d’antan

Cela fait désormais trois mois que le musée de la mémoire agricole du pays de Grignan a rouvert ses portes. Les premiers touristes de la saison s'y pressent en effet peu à peu. Ouvert en 2009 dans les anciens locaux industriels de l'abbaye d'Aiguebelle, l'espace fait la part belle aux anciennes machines et aux vieux outils agricoles utilisés dans la région. « Notre président fondateur, Bruno Durieux, fait des sculptures. Il allait récupérer de la ferraille dans les fermes alentours. Lors de ses déplacements, il voyait d'anciens matériels agricoles entreposés ça et là », raconte Jean-Michel Lejeune, l'un des bénévoles. D'où l'idée de les regrouper, afin de les sauvegarder et les valoriser. Des agriculteurs passionnés et des sympatisants du monde agricole étaient également intéressés. Il aura fallu six ans de travail avant de pouvoir présenter ces divers trésors auprès du grand public. « Certains agriculteurs ont bien voulu donner des choses, souvent en double, dont ils voulaient se débarrasser, poursuit-il. D'autres outils peuvent nous être prêtés. »

Le reflet de l'agriculture d'autrefois

Aujourd'hui, l'association compte près de cinquante adhérents. Et tous semblent animés par une même passion, celle de montrer aux générations futures les outils de leurs aïeuls. Le musée compte plus de 2 500 pièces : un véritable reflet de l'agriculture locale d'autrefois. Dans les allées, les matériels rappellent le travail de la vigne, du lavandin, des céréales, des olives ou encore des truffes.
Le visiteur peut ainsi voir des faucilles, des sécateurs pneumatiques et électriques et autres outils de taille, des pressoirs, batteuses, charrues, etc. « La première machine à couper le lavandin est ici. Il y a aussi du matériel lié à l'apiculture », note également un autre bénévole. Et forcément, n'oublions pas les tracteurs, dont on peut encore entendre vrombir les moteurs. À vrai dire, l'association met un point d'honneur à faire revivre ce patrimoine rural. Certains adhérents endossent alors volontiers la casquette de mécanicien, celle de peintre ou de bricoleur hors-pair afin de faire rêver les petits comme les plus grands.

Hors les murs

Les tracteurs n'ont pas non plus vocation à rester en ces lieux pour l'éternité. Ces véhicules peuvent être sortis à l'occasion d'événements spécifiques, comme la foire agricole de Grignan, qui se déroule chaque deuxième week-end du mois de mai. L'an dernier, le musée était aussi représenté lors de la foire à l'ancienne de La Baume-de-Transit, à la foire aux fleurs de Châteauneuf-sur-Rhône ou encore sur les allées provençales à Montélimar pour « Couleur lavande ».

1 500 visiteurs

Chaque année, ce sont 1 500 personnes qui poussent les portes du musée, dont plus de 500 lors des journées européennes du patrimoine - le site étant alors accessible gratuitement. Mais cette activité a un coût ; le budget annuel s'élève à 15 000 euros. Si les moines offrent gracieusement le logis, il n'en reste pas moins que l'association doit trouver des financements afin de mener à bien ses objectifs (entretien, remise en état, achat de carburant, etc.). Il faut aussi montrer sa présence et communiquer. La structure demande ainsi des subventions auprès des communes environnantes. Elle organise également deux repas au cours de l'année. « Le but premier n'est pas forcément lucratif mais cela reste une ressource », souligne-t-on. D'autant que les projets de l'association sont nombreux. Ses membres vont en effet prochainement se lancer dans un travail d'inventaire et de documentation. Les bénévoles le savent, ces tâches s'annoncent longues et fastidieuses. Mais elles restent nécessaires pour la bonne transmission des savoirs. « Nous sommes là par passion, un peu pour nous et pour les autres aussi », ajoutent-ils d'ailleurs volontiers. 
Aurélien Tournier

 

Informations pratiques 
Le musée de la mémoire agricole du pays de Grignan est ouvert de début avril à fin octobre, les mercredi, dimanche et jours fériés de 14 h à 18 h. Juillet et août le samedi aussi. Des visites pour les groupes peuvent aussi être organisées sur rendez-vous tout au long de l’année.
Tarifs : 2,50 euros par personne / gratuit pour les moins de 14 ans.
Plus de renseignements au 04 75 49 23 57 et 06 88 45 20 03, par courriel à memoire.agricole@orange.fr ainsi que sur le site internet www.memoireagricolegrignan.fr

 

À VOIR / D’autres musées dans la Drôme
Le musée des Barthalais
Dans le département, d’autres structures évoquent la vie rurale et agricole des territoires. C’est par exemple le cas à Mirabel-et-Blacons. Le musée des Berthalais, ouvert en 1993 et installé dans un ancien moulinage, présente aussi une collection d’outils et de machines agricoles. D’autres pièces relèvent également d’activités artisanales et industrielles.
Ouvert tous les après-midi de 14 h 30 à 18 h en juillet et août. En mai, juin, septembre et octobre les dimanches et jours fériés de 14 h 30 à 18 h et sur rendez-vous. Tarifs : adulte 4 euros - enfant 2 euros. Renseignements au 04 75 40 06 07 et sur www.musee-des-berthalais.fr.
Les outils de nos ancêtres
Depuis 1985, à Lapeyrouse-Mornay, un musée privé présente les métiers et les outils d’autrefois. Là encore, difficile de ne pas évoquer l’activité agricole. De nombreuses machines sont exposées dans un parc ombragé. À l’intérieur, sur une surface de 160 m2, le visiteur peut découvrir les outils liés à la laiterie, au bourrelier, au sabotier, aux moissons, etc.
Ce musée est situé 868 route de Pact à Lapeyrouse-Mornay. Visite du lundi au samedi, sur rendez-vous. Tarifs : 5 euros / enfant 3 euros. Tél. : 04 75 31 97 50 ou 06 86 55 37 25 (Maurice Maurin).
Mots clés : PATRIMOINE RURAL MUSÉE OUTILS AGRICOLES MÉMOIRE AGRICOLE DU PAYS DE GRIGNAN