Publié le 28/11/2019 à 06:00 / Christophe Ledoux

Chambre d'agriculture

Réunis en session, les élus de la chambre d'agriculture de la Drôme ont adopté le budget de la compagnie consulaire pour 2020 et évoqué l'actualité.

A la tribune de la session chambre d'agriculture, le 25 novembre à Bourg-lès-Valence, Sandrine Roussin (vice-présidente), Patrick Vieillescaze (secrétaire général de la préfecture), Jean-Pierre Royannez (président de la chambre d'agriculture), Damien Colin ...

Pour leur dernière session de l'année 2019, un programme chargé attendait les élus de la chambre d'agriculture de la Drôme. La réunion s'est ouverte dans une ambiance lourde, suite aux incendies criminels dans quatre élevages, dont trois drômois (lire pages 2 et 3) durant le week-end. Des faits que les élus consulaires ont bien évidemment condamnés dans une motion où ils demandent que les auteurs de ces faits soient le plus rapidement retrouvés et jugés avec sévérité. Jean-Pierre Royannez, président de la chambre d'agriculture, a aussi demandé aux agriculteurs d'être vigilants mais en aucun cas de se faire justice eux-mêmes. « Il faut faire confiance aux forces de l'ordre qui mènent l'enquête avec d'importants moyens. »

Sinistres climatiques

Pour leur dernière session de l'année 2019, un programme chargé attendait les élus de la chambre d'agriculture de la Drôme. Y ont également participé des représentants d'administrations (DDT, DDPP), d'organisations agricoles, de collectivités.

Cette session était aussi marquée par le récent épisode de neige, qui a causé de très lourds dégâts en agriculture (lire en pages 4 et 5 ainsi que dans notre édition de la semaine dernière). Une mission d'enquête sera sur le terrain ce vendredi 29 novembre, préambule à l'ouverture d'une procédure de calamités agricoles. « Il ne faut pas que les agriculteurs et les ruraux soient les oubliés », a par ailleurs dit Jean-Pierre Royannez, suite aux coupures d'électricité, d'internet et de téléphonie. Les élus consulaires ont d'ailleurs adopté une motion pour demander à l'Etat d'agir auprès des opérateurs chargés de rétablir les réseaux.
Un point a été fait sur les autres sinistres climatiques, nombreux cette année : grêle, vent violent, orages, sécheresse, canicule. Le secrétaire général de la préfecture, Patrick Vieillescazes, a assuré de « l'engagement sans pareil des services de l'Etat ». A propos des orages de grêle et tornades des 15 juin et 6 juillet, les dommages pour la Drôme sont estimés à 16,3 millions d'euros (M€). « Les montants indemnisables au titre des calamités agricoles pourraient donc atteindre 4 M€ ». Une dotation de 1 M€ est d'ores et déjà disponible. Par ailleurs, constatant que trop peu d'exploitants sinistrés accèdent au RSA (revenu de solidarité active), Jean-Pierre Royannez a demandé un assouplissement du cadre. « Il faut poursuivre les discussions avec le conseil départemental », a répondu Patrick Vieillescazes. Quant aux dégâts de la sécheresse sur les prairies, les bilans fourragers sont en cours avant un examen en comité départemental d'expertise le 9 décembre à la DDT.

Eau, foncier

Les élus de la chambre d'agriculture ont insisté pour qu'aboutissent au plus vite les projets de retenues d'eau. « Pas seulement dans le cadre de la substitution mais aussi dans la création de réserves afin que les tensions sur l'usage de l'eau diminuent, a fait remarquer Jean-Pierre Royannez. Car, demain, il faudra irriguer de nouvelles surfaces tout en répondant aux besoins croissants des populations ». Le secrétaire général de la préfecture a qualifié ce dossier de « majeur. On a besoin d'accélérer sur la maîtrise d'ouvrage des projets », a-t-il dit. Une autre préoccupation concerne l'élargissement de la capacité à préempter sur les périmètres de captages d'eau potable prioritaires. « Cela constitue un danger pour l'agriculture », a dit Jean-Pierre Royannez.
Afin de préserver le foncier agricole, les élus consulaires s'opposent au projet de déviation de Granges-les-Beaumont, estimant que les futurs échangeurs sur l'A7 dans le Nord-Drôme feront baisser le nombre de véhicules dans le secteur de Tain-l'Hermitage. Ils s'opposent aussi au projet de nouvel échangeur sur le Sud-Drôme, craignant qu'au-delà des terres utilisées pour le construire d'autres soient accaparées pour des zones commerciales. « Je suis sensible à ces préoccupations, a dit Patrick Vieillescazes. J'incite à poursuivre les discussions sur les compensations foncières avec les maîtres d'ouvrage. »

Christophe Ledoux

* TATFNB : taxe additionnelle à la taxe sur le foncier non bâti.

 

Le budget primitif adopté

Les élus de la chambre d'agriculture ont adopté le budget primitif de la compagnie consulaire pour l'année 2020 à hauteur de 7,8 millions d'euros, sans coupe après l'abandon par le gouvernement de son projet de baisse de 15 % de la TATFNB*. « On a retrouvé une bouffée d'oxygène ce qui nous permet de continuer à mettre en œuvre notre projet stratégique », a commenté le président de la chambre d'agriculture, Jean-Pierre Royannez. A noter encore, une étude pour l'installation d'ombrières avec panneaux photovoltaïques (puissance de 250 kWc) sur le parking sud du siège a été présentée.
Le projet Fair'RéseauT a lui aussi été présenté. Son but est de proposer des mutualisations entre départements et des actions communes à plusieurs chambres d'agriculture (lire notre édition du 23 octobre ou sur www.agriculture-dromoise.fr). « Nous sommes d'accord pour mutualiser des moyens, a dit Jean-Pierre Royannez, mais opposés à une régionalisation totale. »
Enfin, un bilan positif du salon Tech&Bio a été dressé. L'objectif des 20 000 visiteurs a été dépassé et la couverture sur l'international amplifiée.
C. L.

 

Un nouveau partenariat

Les chambres d'agriculture d'Ardèche et de Drôme et les plateformes Initiative France signent, ce 29 novembre à Privas, un partenariat pour faciliter le financement des projets agricoles. L'objectif des signataires est de faciliter l'accès des agriculteurs aux dispositifs pouvant leur apporter une plus-value dans la construction et la pérennité de leur projet : en matière de conseil, formation, aides à l'installation (chambre d'agriculture en lien avec les points accueil installation) ; de bouclage de plan de financement, de prêts à 0 %, de garanties bancaires et d'appui économique et financier au démarrage (plateformes Initiative France). Cette convention est aussi l'occasion de définir les modalités d'implication des chambres départementales dans le dispositif de financement de soutien à l'agriculture mis en place par la Région Aura et les deux réseaux Initiative Aura et France Active Aura. Grâce à ce dispositif soutenu également par la Banque des Territoires, la Banque Populaire, le Crédit Agricole et le Crédit Mutuel, les agriculteurs en démarche d'installation auront accès, après avoir suivi le parcours d'accompagnement auprès des chambres ou des autres structures agréées, à un prêt d'honneur d'un montant maximum de 25 000 € à taux 0 et à une garantie France Active pour mobiliser un emprunt bancaire dans de bonnes conditions.
Contact : Nathalie Lefaivre - Initiactive 26.07 au 04 75 70 06 94.

 

Environnement / A la session de la chambre d'agriculture, un point a été fait sur les actions menées dans le cadre du plan Ecophyto.

Ecophyto : les déclinaisons départementales

Le plan Écophyto vise à réduire l'utilisation des produits phytosanitaires en France tout en maintenant une agriculture économiquement performante. Localement, ce plan est décliné en actions. « Depuis l'origine d'Ecophyto, la chambre d'agriculture de la Drôme est pleinement investie », a rappelé son président, Jean-Pierre Royannez. « Afin d'accompagner les agriculteurs dans la transition agroécologique, une quarantaine d'exploitations est mobilisée dans le cadre des réseaux Dephy », a ajouté Olivier Durant, chef du service filières et développement économique.
Plusieurs programmes menés localement (Dephy abricot 26/07, Dephy noix 26/38, Dephy semence ainsi que les groupes 30 000 arbo, 30 000 viti et ail 30 000) ont été présentés par Marion Bouilloux, responsable d'équipe fruits, et Laurent Quadrio, responsable d'équipe grandes cultures, semences, Ppam, légumes. Grâce aux techniques culturales mises en œuvre chez les exploitants, l'utilisation des produits phytopharmaceutiques - mesurée à travers les indicateurs de fréquence de traitements (IFT) - a globalement baissé.
C. L.
Mots clés : ECOPHYTO CHAMBRE D'AGRICULTURE SESSION 25-11-2019