Publié le 23/01/2020 à 06:00 / Annie Laurie

Site d'essais

La ferme expérimentale des Hautes-Baronnies, à Mévouillon, teste des espèces végétales et des techniques agricoles adaptées aux zones de montagnes sèches. Un point sur son activité.

La ferme expérimentale de l'Ardema, à Mévouillon, conduit des recherches et expérimentations en montagnes sèches.

La ferme expérimentale de l'Ardema (association de recherche et de développement de l'économie montagnarde agricole), à Mévouillon dans les Baronnies, est un site unique. Un site à 900 mètres d'altitude, composé de 58 hectares dont 12 cultivables. Son propriétaire, le Département de la Drôme, l'a confié à la chambre d'agriculture (bail emphytéotique) pour des recherches et expérimentations en montagnes sèches. Production, expérimentations, conservation et diffusion, formations pratiques, vulgarisation sont les différents domaines d'intervention de l'Ardema. Ses essais sont pilotés par la chambre d'agriculture.
Dernièrement à Bourg-lès-Valence, l'assemblée générale de cette association présidée par Nathalie Gravier a dressé un bilan de la campagne écoulée, fait un point sur les essais en cours et les perspectives. Benoît Chauvin-Buthaud, directeur de la ferme, y a présenté la partie stratégique, administrative ainsi que financière et son collègue Pierre Batail, responsable des expérimentations, la partie relative aux essais.

Génétique, conservation, diffusion

Dans le domaine « génétique, conservation et diffusion », l'Ardema conduit des essais sur lavandes Néotols avec l'objectif de présélectionner des clones à la fois tolérants au dépérissement et économiquement intéressants. Des boutures herbacées ont été plantées en 2019 sur les plateaux de Sault et Valensole, à Mévouillon ainsi que dans la plaine de Montélimar.
Par ailleurs, l'Ardema entretient et assure le renouvellement (par bouturage) d'une collection de lavandins dans un but de conservation génétique de clones endémiques ayant un intérêt patrimonial. Certains de ces clones sont uniquement conservés à l'Ardema. Ils peuvent servir en amont de programmes de sélection génétique. Des clones de thyms chémotypés sont également conservés (de la même façon) à la ferme expérimentale de Mévouillon pour diffuser du matériel végétal de qualité et parfois peu disponible dans la filière.

Pratiques culturales, références technico-économiques

Les pratiques culturales et références technico-économiques sont un autre volet d'action de l'Ardema. En ce domaine, un essai sur la pulvérisation foliaire d'oligoéléments est toujours en cours. Il s'agit de savoir s'ils peuvent renforcer physiologiquement la lavande à des périodes-clés de son cycle. A noter aussi, un essai de fertilisation alternative a été mis en place en 2019 sur lavandin. Il vise à identifier la modalité d'apport d'azote la plus efficace.
Une autre expérimentation est en cours sur l'achillée millefeuille. L'idée, ici, est d'acquérir des références technico-économiques et de les mettre à disposition des agriculteurs des montagnes sèches voulant diversifier leurs productions. L'achillée a été plantée en 2018 (en simples et doubles rangs) dans des conditions délicates (printemps pluvieux). Sur les rangs doubles, l'herbe a pu être bien maîtrisée. Mais la coupeuse vrac et l'autochargeuse se sont révélées mal adaptées (altération de la qualité). En 2019, 150 kilos secs d'achillée millefeuille ont été récoltés (chiffre d'affaires potentiel de 4 500 euros par hectare).
Tous ces protocoles expérimentaux sont mis en place par le chef de culture de la ferme, Benoît Girard.

Perspectives

A l'assemblée générale de l'Ardema, le président de la chambre d'agriculture de la Drôme, Jean-Pierre Royannez, a souhaité un projet ambitieux pour les prochaines années. Il a d'ailleurs demandé aux équipes de la compagnie consulaire de mettre en place un groupe de travail pour préciser quel pourrait être l'avenir de la ferme expérimentale de Mévouillon. Etant la seule en zone de montagne sèche, elle a donc un intérêt sur les thématiques du changement climatique. La volonté du président de la chambre d'agriculture est qu'elle conserve son activité dans le domaine des plantes à parfum, aromatiques et médicinales mais se rouvre à d'autres filières végétales et animales comme par le passé.

Annie Laurie
Mots clés : CHAMBRE D'AGRICULTURE DE LA DRÔME ARDEMA FERME EXPÉRIMENTALE MÉVOUILLON NATHALIE GRAVIER HAUTES-BARONNIES RECHERCHES ET EXPÉRIMENTATIONS EN MONTAGNES SÈCHES