Publié le 30/03/2020 à 06:00 / Béatrice Dupin

Portrait

Jean Mouton, 36 ans, fait partie des 250 viticulteurs livrant leurs raisins à la cave La Vinsobraise. Depuis plus de dix ans, ce jeune coopérateur s’est orienté vers une culture biologique. Un choix difficile mais partagé aujourd’hui par une dizaine de collègues qui, comme lui, s’en félicitent.

Jean Mouton, jeune viticulteur propriétaire récoltant de Vinsobres.

La vigne et le vin, c'est une histoire de famille ?
Jean Mouton : « Je suis issu d'une famille de viticulteurs à Vinsobres. Après un Bac agronomie et environnement à Carpentras-Serre dans le Vaucluse et un BTS viticulture et œnologie à Avignon puis une licence en commercialisation et signes de qualité à Montpellier, j'ai travaillé aux côtés de mon père, coopérateur aussi, jusqu'en 2009. Depuis son décès, je dirige l'exploitation avec ma compagne, Erika, qui est par ailleurs responsable vente accueil et œnotourisme au caveau de la Vinsobraise. »

Où se trouvent vos terres et quelle surface couvrent-elles ?
J. M. : « Elles s'étalent sur 29 hectares (ha), avec un premier site couvrant 12 ha entre Coriançon et le Sagittaire, et 17 ha sur le quartier des Côtes. J'en possède précisément 10 ha, les 19 autres appartiennent à des tantes et des oncles. »

Comment se répartit votre production ?
J. M. : « Je cultive 6 ha en Côtes-du-Rhône pour produire des vins rouges, blancs et rosés et 23 ha en Cru Vinsobres. L'ensemble représente un volume de 850 à 1 000 hectolitres par an. Depuis dix ans, je me suis tourné vers l'agriculture biologique. Je traite la vigne au soufre et au cuivre, j'utilise des engrais organiques, du compost, des déchets végétaux. J'ai conservé 1,5 ha de vignes taillées en gobelet. »
Etes-vous seul pour assurer tout ce travail ?
J. M. : « J'emploie des saisonniers pour la taille ainsi que les travaux de débourgeonnage et de palissage. J'assure seul la partie mécanique, chaussage et déchaussage du sol, passage du griffoir et de la lame intercep. En cuma* avec quatre autres collègues, nous acquérons et partageons en commun l'utilisation de gros matériels agricoles. Les vendanges sont faites à la machine sauf sur les 1,5 ha de vignes en gobelet où le raisin est ramassé à la main. »
Etant coopérateur, la vinification vous échappe. N'est-ce pas frustrant ?
J. M. : « Effectivement, comme mon père déjà, je suis viticulteur propriétaire récoltant mais non vigneron. Au moment des vendanges, à partir des analyses faites sur les raisins, on établit un calendrier pour cueillir et livrer la cave selon les besoins et disponibilités. Je confie mes raisins à la Vinsobraise qui en fera des vins typés et de caractère, un travail délicat et déterminant qui incombe aux œnologues maison, Jean-Luc Bedoin et Sébastien Freychet. »

Quels sont vos projets ?
J. M. : « J'envisage l'achat de trois hectares de terres en Cru Vinsobres pour agrandir et compléter la surface que je travaille déjà en bio. Je suis bien investi dans la vie de la coopérative en participant à des salons ou des foires et lors des animations au village. Je fais un métier qui me passionne. » 

J-M. P.
* Cuma : coopérative d'utilisation de matériels agricoles.

Jean Mouton entouré des œnologues : Jean-Luc Bedoin et Sébastien Freychet.

Mots clés : APPELLATION VINSOBRES JEAN MOUTON