Publié le 02/04/2020 à 07:00 / Béatrice Dupin

Emploi

La disponibilité en main-d’œuvre reste une grande incertitude. Certains organismes comme Agri Emploi 26, les services de remplacement ou encore l’Adefa cherchent à anticiper les besoins des exploitants agricoles.

En ce début avril, les besoins en main-d’œuvre, s’ils ne sont pas encore chiffrés, reposent sur trois grands secteurs agricoles : l’arboriculture, la viticulture et le maraîchage.

«D'ordinaire, la main-d'œuvre étrangère arrive à la mi-avril dans le département. On s'attend donc à recevoir un surcroît de demandes dans les jours à venir », annonce Fabien Lambert, responsable d'Agri Emploi 26. Le groupement d'employeur agricole départemental a comme mission d'assister les agriculteurs du département dans la gestion de leurs ressources humaines, saisonnière ou permanente. Dans ce contexte particulier, le soutien de l'organisme sera précieux pour la filière agricole. « Nous essayons d'anticiper le pic de demandes en travaillant avec les sections agricoles des agences Pôle Emploi de Romans-sur-Isère, Valence et Montélimar », prévient-il. Agri Emploi 26 s'investit également dans la mise en relation entre agriculteurs et citoyens, rendue possible grâce au site https ://desbraspourtonassiette.wizi.farm/. « Nous sommes relativement sereins pour le moment mais nous savons que des tensions arriveront en termes de nombre de salariés disponibles. Malgré tout, 230 salariés ont travaillé dans les exploitations au mois de mars, et ils seront près de 800 d'ici le mois de juillet. Les agriculteurs dans le besoin peuvent aussi nous contacter », conclut Fabien Lambert.

Une situation inconnue

Par ailleurs, les services de remplacement de la Drôme poursuivent leurs activités, non sans embûches. « Nous avons bataillé avec les autorisations de circuler lors de la première semaine de confinement. Mais, pour l'heure, nous n'avons pas identifié de problèmes particuliers », souligne Régis Aubenas, président de la fédération des services de remplacement (FDSR) de la Drôme. Jusqu'à présent, les remplacements se poursuivent comme à l'accoutumée. Corinne Escaich, animatrice pour la FDSR et l'Adefa* Drôme, poursuit : « D'une manière générale, l'activité se maintient. Pour l'instant, nous n'avons pas eu de remontée quant à des cas de Covid-19 dans l'agriculture. Si cela doit arriver, nous nous ferons accompagner par notre structure nationale pour mettre en place un type de remplacement particulier et solliciter nos partenaires institutionnels comme la MSA. C'est une situation encore inconnue pour nous ».
A l'Adefa, l'organisation de l'ancienne bourse à l'emploi - désormais appelée « L'agriculture recrute » (https://www.lagriculture-recrute.org/) - est quelque peu modifiée. « Si nous lançons habituellement en début de saison une campagne de sensibilisation des besoins agricoles, nous avons communiqué plus largement cette année, en raison du contexte, pour recenser tous les besoins de main-d'œuvre saisonnière. Nous avons également activé nos partenariats avec Pôle Emploi, les points info jeunesse, les missions locales pour l'emploi... »
En complément de la plateforme nationale « Des bras pour ton assiette » (lire page précédente), l'Adefa peut ainsi affiner les différentes offres d'emploi et profils de candidats. « Notre structure nationale est partenaire de l'action WiziFarm. A l'échelle locale, nous pouvons donc récupérer les fiches d'employeurs drômois afin d'activer les offres d'emploi sur notre réseau et, ainsi, leur apporter un soutien supplémentaire pour réussir à pourvoir l'ensemble des postes. »

Trois grands secteurs touchés

En ce début avril, les besoins, s'ils ne sont pas encore chiffrés, reposent sur trois grands secteurs agricoles : l'arboriculture, la viticulture et le maraîchage. « Au niveau départemental, nous observons que des candidats postulent du fait du confinement : des personnes en arrêt d'activité, qui en ont marre de rester confinés ou qui recherchent soit un complément financier, soit même un revenu pour assurer leurs arrières. Nous avons alors des profils de restaurateurs, de saisonniers dans les stations de sport d'hiver qui ont vu leur contrat se terminer plus tôt que prévu... Nous avons vraiment tous les profils cette année sur notre réseau, en dehors des profils agricoles que nous recevons couramment », note Corinne Escaich.
Une gestion quotidienne donc, qui soulève cependant quelques interrogations. « Nous n'avons que très peu de visibilité sur la disponibilité des candidats, quant à la durée du confinement. De plus, il est difficile d'appréhender la reprise de l'activité globale. »
La problématique de la main-d'œuvre, aussi importante soit-elle pour contribuer au maintien de l'agriculture dans le département, fait donc état de grandes incertitudes. « Mais cet appel à la solidarité envers le monde agricole pourrait peut-être susciter des vocations », conclut Corinne Escaich. 
A. P.
* Adefa : association départementale emploi formation en agriculture.

Mots clés : EMPLOI SAISONNIER FILIERE MARAICHAGE ADEFA DROME