Publié le 02/04/2020 à 05:00 / Béatrice Dupin

Loup

Dans la nuit du 28 au 29 mars, un troupeau de dix-sept brebis a été tué dans un parc situé à La Laupie, en plaine, à quelques kilomètres seulement de Montélimar.

Lundi matin, un garde de la police de l’environnement de l’office français de la biodiversité (ex-ONCFS), est venu constater les dégâts.

«Qu'est-ce qu'on attend ? Qu'un drame humain arrive ? », s'insurge Frédéric Gontard, président de la fédération départementale ovine (FDO), au lendemain d'une nouvelle attaque de loups qui a tué dix-sept brebis. Dimanche matin, David Peyremorte, éleveur au Gaec Ferme du Roubion, a fait la macabre découverte dans l'un de ses parcs situés à La Laupie, dans la plaine de Montélimar. « Selon nos premières constatations sur place, il semblerait évident, au vu des marques de crocs, qu'il s'agisse du loup, et vu l'étendue des dégâts, d'une meute... Les brebis ont été retrouvées éparpillées un peu de partout dans le parc », avait annoncé Frédéric Gontard dans la journée de dimanche. Lundi, après le constat sur place d'un garde de la police de l'environnement, de l'office français de la biodiversité (OFB), il n'y avait plus de place au doute.

Les morsures relevées sur les brebis ont permis d’identifier une attaque de loup(s).
« La prédation du loup a été confirmée à 100 %. Le garde a même été stupéfait de l'ampleur des dégâts, qui ne peuvent être l'œuvre d'un seul loup », poursuit Frédéric Gontard. Tout laisse donc à penser qu'une meute entière se promène dans les environs. A quelques mètres de là, à Bonlieu-sur-Roubion, a été retrouvé un chevreuil mort, juste devant la bergerie de l'éleveur touché. « La présence d'un chien de protection et d'un âne a dû repousser la meute de loups, qui est partie voir plus loin », note Frédéric Gontard.

A 200 mètres d'une habitation...

« Cette attaque s'est déroulée à 200 mètres d'une habitation, à dix kilomètres de la ville, en plaine. Nous ne parlons plus d'attaques dans les montagnes, dans les coins isolés, poursuit le président de la FDO. J'interroge désormais le préfet et tous ceux qui nous président : jusqu'à quand allons-nous laisser faire cela ? Est-ce qu'on attend qu'un enfant se fasse attaquer pour réagir ? Il faut que nos élus prennent conscience de l'urgence, depuis le temps que la profession ovine se mobilise sur cette problématique... »
Une autre problématique se pose alors, celle du zonage. « A priori, les communes de Bonlieu-sur-Roubion et de La Laupie ne pourraient même pas figurer dans le cercle 1, malgré la grosseur de l'attaque. Ce statut nous permettrait de travailler un peu plus sereinement. C'est bien de mettre des limites administratives mais s'il faut attendre deux attaques de cette dimension pour bénéficier de soutien... »

Un chevreuil a été découvert à quelques kilomètres de l’attaque du troupeau, près de la bergerie de l’éleveur.
Aujourd'hui, la fédération ovine se retrouve impuissante face à une telle situation : « Que pouvons-nous faire de plus, à notre échelle ? Manifester ? Cela ne servirait à rien. Le loup est désormais sanctuarisé et semble être aujourd'hui plus important qu'un éleveur ! On ne nous écoute pas ! », regrette-t-il. Et de conclure : « Il est hors de question qu'un jour, en cas de gros problème, on nous tape dessus. Cela fait des années qu'on alerte nos élus sur ce sujet ». 

Amandine Priolet

 

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