Publié le 05/04/2020 à 06:10 / Béatrice Dupin

SANTE

Confinés à la maison par le gouvernement, les Français se posent de nombreuses questions à propos du coronavirus. Voici dix informations essentielles à connaître pour mieux comprendre la crise sanitaire que nous traversons depuis plusieurs semaines.

© Gouvernement DR

❶ Que signifient les termes coronavirus et Covid-19 ?
Apparu sur un marché à Huanan (Chine), le coronavirus tire son nom de ses particules virales qui évoquent une couronne solaire. Ce coronavirus est apparenté au syndrome respiratoire aigu sévère (Sras-CoV). Un premier coronavirus s'étant déjà déclaré en 2002, ce deuxième a donc été désigné Sras-CoV-2. Le 11 février dernier, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) a donné un nom à la maladie provoquée par le coronavirus SRAS-CoV-2. Elle s'appelle Covid-19, abréviation de « Corona virus disease 2019 ».

Quelle est la dangerosité réelle du coronavirus ?
L'indice de contagiosité du coronavirus est compris entre 1,5 et 3,5 soit deux fois celui de la grippe saisonnière. L'OMS estime qu'environ 20 % des personnes infectées deviennent gravement malades et 2 % en décèdent. À titre de comparaison, la grippe saisonnière qui fait chaque année 10 000 victimes en France présente un taux de mortalité de 0,1 %. Les personnes en bonne santé parviennent généralement à vaincre le virus même si de plus en plus de décès surviennent aujourd'hui chez des patients qui n'étaient pas classés à risque.

Comment le coronavirus se transmet-il ?
La propagation du coronavirus se fait via des gouttelettes respiratoires expulsées par le nez ou par la bouche. On peut donc être contaminé si une personne malade éternue, postillonne ou tousse à proximité. La transmission peut également se faire via un objet contaminé. En fonction du type de surface, de la température ou de l'humidité ambiante, le virus peut persister quelques heures à plusieurs jours sur l'objet contaminé. En moyenne, une personne malade va en contaminer deux à trois autour d'elle.

Quels sont les symptômes du Covid-19 ?
Fièvre supérieure à 37,5 °C, gêne respiratoire persistante et toux représentent les principaux symptômes du coronavirus. D'autres signes cliniques peuvent apparaître comme une perte du goût et de l'odorat, des courbatures, des maux de ventre et de tête ou encore des frissons. En cas de symptômes peu intenses, restez à votre domicile, isolez-vous de votre entourage et contactez votre médecin qui pourra vous proposer une téléconsultation. Pour des difficultés respiratoires graves, appelez immédiatement le Samu (15).

Quelles sont les personnes qui sont les plus à risques ?
Le coronavirus touche principalement les personnes de plus de 70 ans et celles dont le système immunitaire est affaibli. Insuffisances rénales, cardiaques et respiratoires, diabète ou encore immunodépression représentent des facteurs à risque. Les enfants et adolescents en bonne santé ont un faible risque de déclarer une forme sévère mais représentent de dangereux disséminateurs de virus. À l'heure actuelle, les scientifiques estiment qu'il n'y a aucune raison de penser que les animaux puissent être vecteurs du coronavirus.

Quelle est la période d'incubation du virus ?
La période d'incubation est le délai entre la contamination et l'apparition des premiers symptômes. En moyenne, elle est de cinq jours mais ce délai peut s'étendre à quatorze jours. Contrairement à la grippe qui débute brutalement, l'apparition des symptômes du Covid-19 se fait sur plusieurs jours et, même en l'absence de symptôme, le sujet reste contagieux. Le danger peut aussi venir de personnes déclarant des formes bénignes ou asymptomatiques du virus qui le propagent sans jamais savoir qu'elles en sont porteuses.

Existe-t-il un traitement contre le coronavirus ?
A l'heure actuelle, seuls les symptômes du COVID-19 sont traités à l'aide de médicaments comme du paracétamol. Dans l'attente d'un hypothétique vaccin, plusieurs spécialistes comme le Pr Didier Raoult préconisent d'utiliser de l'hydroxychloroquine, un dérivé synthétique de la quinine prescrit contre le paludisme. Prudente, l'OMS alerte sur les nombreux effets secondaires de l'hydroxychloroquine et rappelle que les études menées n'ont pas respecté des protocoles scientifiques standards, ce qui complique toute utilisation à grande échelle.
Quels sont les gestes barrières à mettre en place ?
Se laver régulièrement les mains avec du savon, utiliser un gel hydroalcoolique et tousser ou éternuer dans son coude sont les premiers gestes barrières. Les médecins recommandent aussi d'éviter de se toucher le visage, de maintenir une distance d'au moins un mètre avec les autres et de se saluer sans contacts rapprochés. Le port de gants ou d'un masque chirurgical n'est pas recommandé par les autorités, sauf si l'on présente les symptômes de la maladie. Dans tous les cas, ils doivent être régulièrement changés pour être efficaces.

Quelles sont les principales mesures mises en place dans le cadre du confinement ?
Du 17 mars au 15 avril, un dispositif de confinement a été mis en place pour réduire les contacts entre individus. Les déplacements sont interdits, sauf pour aller au travail si le télétravail n'est pas possible, faire des achats de première nécessité, se rendre chez un professionnel de santé et aller faire garder ses enfants ou aider des personnes vulnérables. Les déplacements liés à l'activité physique individuelle et à la promenade avec les seules personnes d'un même domicile sont autorisés dans la limite d'une heure quotidienne et dans un rayon maximal d'un kilomètre. Quel qu'en soit le motif, les personnes qui sortent doivent être munies d'une attestation de déplacement dérogatoire (voir page 16).

Dans combien de temps la situation a-t-elle revenir à la normale ?
Le Conseil scientifique, créé spécialement pour gérer cette crise du Covid-19, recommandait au moins six semaines de confinement afin de préserver la population du pic viral prévu début avril. Le scénario privilégié voudrait en effet qu'après une hausse importante du nombre de décès, la courbe se stabilise puis s'inverse comme on peut le voir en Chine. Si la trajectoire du virus se révèle être la même en France, le confinement pourrait progressivement être levé et la situation reviendrait à la normale dans le courant de l'été. 
Pierre Garcia

 

A voir en infographie

 

Info / intox : démêler le vrai du faux sur le coronavirus
À l’ère des réseaux sociaux, l’information se propage aujourd’hui à vitesse grand V. Cette crise sanitaire n’échappant pas à la règle, de nombreuses fake news se sont mêlées aux vraies informations, alimentant rapidement un sentiment de panique généralisée.
Intox n°1 : L’Institut Pasteur a inventé le coronavirus et breveté son vaccin en 2004
En 2002, un premier coronavirus Sras-cov1 a émergé en Chine, causant une épidémie de syndrome respiratoire aigu sévère (Sras en français, Sars en anglais). Les équipes de l’Institut Pasteur ont créé en 2004 un « candidat-vaccin » pour lutter contre le Sars-cov1 qui, en l’état, n’est pas efficace contre le Sars-cov2. Le brevet déposé en 2004 décrit la découverte du premier coronavirus et de son vaccin mais ne concerne en aucun cas le nouveau coronavirus, comme l’a relayé une vidéo devenue virale ces dernières semaines.
Intox n°2 : Le gouvernement a envisagé de déployer l’armée pour imposer le confinement.
Il aura suffi de quelques véhicules militaires pour alimenter la rumeur d’une intervention de l’armée afin d’imposer le confinement. Le plus partagé, un blindé circulant sur l’A86 à proximité de Noisy-le-Sec (Seine-Saint-Denis)  rentrait en fait d’un stage de conduite sur sable à Biscarrosse auquel participaient des soldats de l’opération Barkane. Le convoi de camions militaires aperçu à Charenton-le-Pont (Val-de-Marne) correspond, quant à lui, à un mouvement de matériel prévu de longue date, comme on peut en voir toute l’année.
Intox n°3 : Les gels hydroalcooliques utilisés contre le coronavirus donnent le cancer.
Partagée par des dizaines de milliers d’internautes, une publication de Santé+ Mag sur Facebook a créé la panique en annonçant que les gels désinfectants seraient cancérigènes. En réalité, c’est seulement l’éthanol qu’ils contiennent qui se révèle cancérigène… lorsqu’il est associé à une boisson alcoolisée ! L’ANSM, le gendarme du médicament en France, a d’ailleurs rappelé qu’aucun risque cancérigène lié à l’exposition à l’éthanol des produits hydroalcooliques n’a été identifié et recommande vivement de continuer à les utiliser. 
Pierre Garcia

Mots clés : COVID-19 CORONAVIRUS