Sécheresse
Le gouvernement parie sur les pluies annoncées

A l’issue d’une réunion avec les préfets, le 6 mars, Christophe Béchu, le ministre de la Transition écologique, n’a pas annoncé de mesures généralisées de restriction de l’usage de l’eau, si ce n’est l’extension en zone d’alerte ou de vigilance de quelques départements, dont la Drôme.

Le gouvernement parie sur les pluies annoncées
©Pixabay

Quinze jours après la réunion du Comité d’anticipation de la sécheresse, le 23 février, Christophe Béchu, ministre de la Transition écologique et de la Cohésion des territoires, et Bérangère Couillard, secrétaire d’État chargée de l’Écologie, ont réuni, le 6 mars, l’ensemble des préfets en visioconférence pour faire le point sur la sécheresse. Malgré quelques pluies éparses, la situation s’est fortement dégradée depuis une quinzaine de jours, sauf en Corse, observe le ministre. Alors que nous sommes habituellement à cette période en situation de remplissage des nappes d’eau souterraines, leur recharge était considérée comme basse à très basse pour 40 % d’entre elles, modérément basse pour 40 %, normale pour 15 % et pour 5% modérément haute, fin février 2023, selon le Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM).
Fin février 2022, la situation était bien plus favorable, 20 % des nappes se situaient en position basse ou très basse, 25 % modérément basse, 30 % normale, 20 % modérément haute et 5 % haute à très haute. « En raison du manque de pluie et d’enneigement, la recharge des nappes est très en retard par rapport à l’an dernier. La situation est particulièrement dégradée dans le bassin méditerranéen et le couloir rhodanien », observe Christophe Béchu.

Drôme et Ardèche en alerte renforcée

Au 6 mars, quatre départements se trouvaient en alerte renforcée, l’Ain, les Bouches-du-Rhône, les Pyrénées-Orientales et le Var, auxquels sont venus s’ajouter la Drôme et l’Ardèche, et deux en vigilance, la Savoie et les Yvelines. D’autres devraient les rejoindre prochainement notamment le Vaucluse et les Alpes-Maritimes, la Sarthe et la Corrèze. À ce stade, une douzaine de départements seraient concernés. Pour le moment, le gouvernement n’a pas pris de nouvelles décisions formelles, si ce n’est un raccourcissement des délais entre le franchissement des seuils d’alerte et la publication des arrêtés de restriction de l’usage de l’eau. Il compte beaucoup sur les pluies annoncées en fin de semaine pour corriger cette situation très dégradée. Un nouveau point sera réalisé dans une quinzaine de jours au vu de l’importance des précipitations attendues dans les jours qui viennent, de leur répartition et du remplissage des nappes. Habituellement la recharge hivernale se termine mi-avril avec le démarrage de la végétation qui absorbe l’eau pour sa croissance. 

Les Français inquiets par la sécheresse

Selon un sondage réalisé par l’Ifop pour le compte de la Coopération agricole, auprès d’un échantillon représentatif de la population française, entre le 28 février et le 1er mars, les Français sont très préoccupés par la sécheresse. 86 % estiment que le manque de pluie actuel et le risque de sécheresse pour cet été sont une menace importante sur les capacités de production alimentaire de la France pour nourrir sa population. Interrogés sur leur inquiétude principale pour l’avenir de l’alimentation en France, ils sont 41 % à répondre « l’augmentation des prix » puis « la sécheresse » (24 %). Conclusion de La Coopération agricole : « Ces résultats, en plein dans l’actualité, traduisent une réelle inquiétude de la population quant à la survie de nos capacités de productions, et donc de notre souveraineté alimentaire. »