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Arboriculture

1,5 million d'euros pour la filière fruits

Le contrat régional d’objectifs de filière fruits a été acté ce lundi à Etoile-sur-Rhône.
1,5 million d'euros pour la filière fruits

Les échéances électorales approchent à grand pas et les candidats n'hésitent pas à marteler le terrain. Mais que l'on ne s'y méprenne, et même si Laurent Wauquiez, chef de file Les Républicains/UDI/Modem est allé à la rencontre des agriculteurs dernièrement, c'est le président PS de la Région Rhône-Alpes, Jean-Jack Queyranne, qui s'est rendu ce lundi 9 novembre à la ferme expérimentale d'Etoile-sur-Rhône afin de procéder à la signature du contrat régional d'objectifs de filière (Crof) fruits pour la période 2015-2019. Un lieu symbolique qui n'était pas dû au hasard. Il s'agit d'une filière majeure en Vallée du Rhône. Quant à cette structure, elle veut en effet accompagner l'agriculture de demain, en proposant notamment aux agriculteurs des systèmes de production innovants, résistants et visant également à limiter les intrants. La Région participe d'ailleurs à une partie de son financement. Jean-Luc Flaugère, président de la chambre régionale d'agriculture de Rhône-Alpes, Gilbert Chavas, président du Comité stratégique fruits, Michel Grégoire, vice-président de la Région délégué à l'agriculture et au développement rural, ainsi qu'Anne-Claire Vial, présidente de la chambre d'agriculture de la Drôme, étaient également présents lors de cet événement.

Trois grandes priorités

Ce contrat régional, voté à l'unanimité en octobre dernier et doté d'une enveloppe de 1,5 million d'euros sur quatre ans, s'articule autour de trois axes. Il s'agit tout d'abord de renforcer la compétitivé des exploitations, par une meilleure information sur les outils et leur maîtrise. Le Crof fera également la part belle à la promotion de la filière pour une meilleure reconnaissance auprès du grand public, notamment à travers des opérations « paniers de fruits de Rhône-Alpes » ou encore la mise en valeur des fruits de la Région autour de produits transformés. En interne, la filière tentera de rendre davantage attractif le métier d'arboriculteur. Enfin, il s'agit de mieux structurer la filière régionale, pensée autour de partenariats, d'études de différenciation et de nouveaux marchés auprès des entreprises.

Avant de signer le Crof, élus et responsables professionels ont visité les vergers de la Sefra.
Le contrat est également accompagné de deux aides aux investissements pendant la durée du Crof, financées à hauteur de 400 000 euros chacune par an, à égalité par la Région et le Feader*. L'une soutient les investissements liés à la protection des vergers contre les aléas climatiques et sanitaires, afin de sécuriser la production en amont (voir en page 2). L'autre, la rénovation des vergers, afin d'assurer une optimisation de la production à travers les bons choix de variétés. Des moyens financiers appréciés par les professionnels qui voient un véritable accompagnement de la part des collectivités. « C'est un véritable contrat. Il émane d'une réflexion portée dans le temps par les professionnels et aide au développement de la filière », avance Gilbert Chavas. Et même si le contexte économique reste difficile, il arrive en tout cas à fédérer l'ensemble des acteurs de la filière. « Il y a là une volonté d'accompagnement, de donner les moyens d'avancer et cela crée une véritable dynamique. Cela convient à toute la filière, c'est vraiment positif. C'est aussi parce qu'on y croit », ajoute Michel Grégoire.

L'agriculture à Clermont ?

Si le Crof a occulté la majeure partie des débats, il flottait tout de même un certain air d'élections régionales. La présence de certains élus du Parti socialiste pouvait en tout cas le suggérer. Et même si ce n'était point l'objet de l'événement, Anne-Claire Vial, la présidente de la chambre d'agriculture de la Drôme, en a profité pour interpeller Jean-Jack Queyranne sur la place de l'agriculture dans la future grande Région. L'implantation éventuelle de la direction de l'agriculture l'a notamment fait réagir. « Je suis très étonnée. Je n'ai rien contre Clermont-Ferrand. Si tous les services économiques de la Région y étaient implantés, pourquoi pas. Mais là, ce n'est que l'agriculture. Comme si elle était accessoire, une variable d'ajustement. Comme si seuls les autres acteurs économiques créaient de la richesse. Nous le vivons comme une déconsidération », a-t-elle indiqué.
Jean-Jack Queyranne s'est voulu rassurant, notant que, du côté de Clermont-Ferrand, les gens se posaient des questions similaires « Si tout est implanté à Lyon, ils ont peur de voir leur région dépérir », insiste-t-il. Et si la Région compte y implanter ses services, c'est aussi parce que ceux de l'Etat ont fait de même. « Il y a une certaine logique », souligne l'élu. Pour autant, il indique également que tout ne sera point concentré sur une seule zone. « La future grande Région aura la même superficie que l'Irlande, une population équivalente à l'Autriche. Il y aura des présences territoriales. C'est nécessaire pour répondre à des besoins spécifiques », a-t-il par ajouté. Le président a par ailleurs noté la présence déjà nombreuse dans l'ensemble du territoire rhônalpin des lycées agricoles ainsi que de maisons familiales et rurales.
 
Aurélien Tournier
* Feader : fonds européen pour l'agriculture et le développement rural.

 

Chiffres clés 

Crof fruits : 1,5 million d'euros sur 4 ans.
Deux aides aux investissements de 400 000 euros par an chacune, financées par la Région et le Feader.
Rhône-Alpes, 1ère région française de production pour les fruits à noyau et les fruits à coque.
Plus de 7 000 exploitations pratiquant l'arboriculture.
9 000 emplois dans la filière fruits.
30 000 hectares de vergers, 25 % de la production française.
11 Crof signés en 4 ans : 9 en productions animales, 2 en productions végétales.