Tourisme et savoir-faire
Quand l’industrie et l’artisanat ouvrent leurs portes

Lorsqu’il organise ses vacances, le touriste lambda n’imagine pas souvent pouvoir visiter des entreprises artisanales ou industrielles. Pourtant, notre région offre une multitude de sites à découvrir seul ou en famille tout au long de l’année. Que vous soyez passionnés de bijoux, de bières, de boules de pétanque ou encore de commerces responsables et solidaires, prenez le temps de vous intéresser à ces fleurons du tourisme industriel régional. Une fois les quelques consignes sanitaires respectées, vous serez immergés dans leur histoire, envoutés par les odeurs, l’ambiance et la tradition de ces lieux emblématiques.
Quand l’industrie et l’artisanat  ouvrent leurs portes

DRÔME / Romans-sur-Isère n'a pas fini de se réinventer...

Surnommée « la capitale de la chaussure », Romans-sur-Isère doit son développement à celui de son industrie textile à la fin du XIXe siècle. Après un coup d'arrêt brutal dans les années 1930, l'industrie de la chaussure va renaître grâce à un homme : Robert Clergerie. En 1978, il reprend la Société romanaise de la chaussure pour en faire l'une des plus grandes enseignes françaises moyen et haut de gamme. Aujourd'hui encore, les deux boutiques Robert Clergerie du centre-ville vous proposent tout au long de l'année un large éventail de chaussures et de maroquinerie. Et comme Romans-sur-Isère n'a pas fini de se réinventer, vous pourrez aussi pousser la porte de Modetic, une enseigne spécialisée dans les produits Made in France. Créée par Thomas Huriez, Modetic a lancé il y a sept ans sa propre marque de jeans : 1083.
« Le jeans est un textile symbolique et universel qui peut parcourir jusqu'à 65 000 km pour sa fabrication. 1083, c'est la distance en kilomètres séparant les deux villes hexagonales les plus éloignées. Nous souhaitons montrer qu'il est possible de faire du textile local, plus vertueux et à un prix abordable », explique le responsable marketing, Sébastien Rochier. 
Pierre Garcia

 

Loire / Obut vise juste !
Au lendemain de la Seconde guerre mondiale, la France entre dans une ère de loisirs. Frédéric Bayet, fabricant de serrures, et Antoine Dupuy, mécanicien, s’engouffrent dans la brèche et créent Obut en 1955. Résistant à la concurrence asiatique, la marque de boules et d’accessoires de pétanque s’affirme depuis soixante-quinze ans comme un symbole du savoir-faire industriel français. Depuis 2012, l’usine de fabrication de Saint-Bonnet-le-Château (Loire) fait aussi office de lieu de détente avec son carré pétanque, son musée, sa boutique et son restaurant. « On ne cherche pas la rentabilité, c’est d’abord une vitrine pour l’entreprise et la pétanque en général. C’est aussi un lieu où les personnes intéressées par l’achat peuvent tester les boules en situation », explique Romain Souvignet, directeur général d’Obut. Tout au long de l’année, Obut accueille également des séminaires et des stages d’entreprises. Actuellement en travaux, le site est en train d’être repensé pour offrir aux visiteurs des cheminements plus agréables. « À terme, nous allons créer un parc extérieur dans le respect de la nature, un peu comme un golf, pour jouer en conditions naturelles », confie Romain Souvignet.  David Bessenay et Pierre Garcia
©Obut


Rhône / Les secrets du brassage de la bière se révèlent au Ninkasi
Fondée en 1997 par Christophe Fargier, Ninkasi est une chaîne de restaurants et une marque de bières française. Véritable institution dans la région lyonnaise, l’entreprise ouvre aux visiteurs les portes de sa brasserie de Tarare, à 45 min en voiture de la capitale des Gaules. D’une durée d’1 h 30, la visite démarre par la découverte de l’histoire de Christophe Fargier, fondateur de l’enseigne. Les visiteurs entrent ensuite dans la brasserie où un/une guide leur explique chacune des étapes de fabrication de la bière : concassage, brassage, fermentation et embouteillage. Après un temps de dégustation (pour les adultes uniquement), les visiteurs sont invités à découvrir la distillerie et le chai où est entreposé le whisky. La visite se termine par une présentation de la gamme de produits Ninkasi dans la boutique. En raison de la crise sanitaire, le port du masque est obligatoire durant les visites. Celles-ci ont été limitées à une séance unique par groupe de dix personnes organisée le samedi à 15 h. Gratuite pour les enfants de moins de 12 ans, la visite est accessible moyennant 8 €. Pour réserver une date, rendez-vous directement sur le site internet www.ninkasi.fr  
Pierre Garcia
©R. Raynal


Ardèche / La Vallée du bijou brille par sa main-d’œuvre artisanale
L’histoire d’amour entre l’Ardèche et l’industrie du bijou démarre en 1868 avec l’ouverture à Saint-Martin-de-Valamas du premier atelier sur le territoire. Offrant un fort potentiel en main-d’œuvre et en force motrice hydraulique, le secteur va rapidement attirer de prestigieuses enseignes comme la maison Chapus ou l’entreprise GL de Georges Legros. Autour de ce savoir-faire se construit en 2010 la Vallée du bijou, un projet visant à valoriser ce patrimoine unique et toujours vivant. Au Cheylard, la Maison du bijou vous permettra de découvrir au travers de huit espaces d’exposition les secrets de fabrication des bijoux. Non loin de là, à Saint-Martin-de-Valamas, l’usine Murat a été entièrement réhabilitée pour créer l’Atelier du bijou, un espace muséal immersif qui héberge aussi en ses murs une pépinière des métiers de la bijouterie. Organisées les mardis et vendredis matin, les visites de l’Atelier du bijou ont été limitées à dix personnes au maximum pour garantir le respect de la distanciation sociale. Altesse, MSR Bijoux, Oktane Concept… de nombreuses enseignes vous accueillent également tout au long de l’année dans la Vallée du bijou.  

Pierre Garcia

©OT_de_ValEyrieux