Accès au contenu
Elevage

2026, année internationale des parcours et du pastoralisme

2026 a été déclarée Année internationale des parcours et du pastoralisme (AIPP). Cette décision est le fruit de la résolution des Nations Unies du 15 mars 2022 prise à l’initiative de la Mongolie.

2026, année internationale  des parcours et du pastoralisme
©Marie_Cabrol
L’activité pastorale concerne encore 18 % des élevages en France (35 000 élevages pastoraux), 22 % du cheptel et repose sur des surfaces estimées à plus de 2,2 millions d’hectares.

«Cette Année internationale est une opportunité pour que les éleveurs pastoraux et les organisations puissent être entendus dans le monde, afin d'aller vers une reconnaissance, un plus grand soutien de ce mode d'élevage », se félicite la filière française du pastoralisme. Les acteurs du pastoralisme et de la transhumance en France se sont regroupés au sein d’un groupe de coordination France. Ce collectif impressionnant rassemble plus de vingt organisations*. « L'Année internationale du pastoralisme est une opportunité pour mettre en avant le lien entre le pastoralisme, les écosystèmes et les cultures traditionnelles qui y sont associées. Elle vise à sensibiliser sur les avantages des pratiques pastorales vis-à-vis du changement climatique, de la chute de la biodiversité et en faveur du développement de systèmes alimentaires durables, dans le but d'attirer l'attention sur la nécessité d’élaborer de meilleures politiques favorisant les systèmes de production à caractère pastoral ainsi que la vie des communautés pastorales », écrivent-ils. 

Plans de sauvegarde

Trois temps forts sont à retenir. « Pastoralismes : regards croisés pour l’avenir » est un séminaire interdisciplinaire et international pour identifier les leviers permettant d’assurer la pérennité ou le redéploiement de pratiques pastorales répondant aux enjeux sociétaux, écologiques et socio-économiques actuels. Il se déroulera du 24 au 26 mars à l’Institut Agro de Montpellier. La Maison de la transhumance, en partenariat avec le ministère de la Culture et le Collectif des races locales de Massif (Coram), organisera les 22, 23 et 24 avril, au musée des civilisations de l’Europe et de la Méditerranée, à Marseille, un colloque international sur la transhumance, dans le cadre de son inscription récente par l’Unesco au patrimoine culturel immatériel de l’humanité. Ce colloque a pour objectif de faire un premier point sur l’avancée des plans de sauvegarde et de valorisation de la transhumance dans les différents pays engagés dans la démarche d’inscription, ainsi que de partager des expériences sur les sujets d’avenir de la pratique : formation au métier de berger, adaptation au changement climatique, valorisation des produits issus de l’élevage transhumant (...). Il réunira des représentants des ministères de la Culture, de l’élevage (éleveurs, bergers) et des animateurs des plans de sauvegarde et de valorisation de la transhumance.

Sommet de l'élevage 2026 : le pastoralisme à l'honneur

Le troisième grand rendez-vous se tiendra au Sommet de l’élevage 2026,
qui aura lieu du 6 au 9 octobre à Clermont-Ferrand. Le Sommet a décidé de ne pas mettre un pays à l’honneur. C’est le pastoralisme qui sera mis en avant et les pays qui le pratiquent. Les traditionnelles Rencontres Pasto constitueront le point d’orgue du Sommet. D’autres événements sont programmés, notamment pendant le prochain Salon international de l’agriculture (SIA), pendant les diverses fêtes de la transhumance ou festivals de races locales. Plusieurs sites recensent ces rendez-vous : une carte collaborative (aipp.gogocarto.fr) ; et la liste des fêtes de la transhumance (transhumance-patrimoine.fr). Pour l’ensemble des acteurs, l’année de la transhumance n’est qu’une étape. « Elle va nous permettre de nous fédérer pour continuer après », confie l’un de ces acteurs. L’Année internationale des parcours et du pastoralisme est également un événement mondial qui regroupe 103 pays et 397 organisations (www.iyrp.info).  

Actuagri

* Association française de pastoralisme ; Auvergne Estives ; Centre d’études et de réalisation pastorales Alpes-Méditerranée ; Chambre d’agriculture d’Occitanie ; Club Unesco Transhumances et transitions ; Collectif des races locales de Massif ; Communauté de communes de la Vallée de la Bruche ; Entente interdépartementale des Causses et Cévennes ; Fédération des Parcs naturels régionaux ; Fédération nationale des communes pastorales ; Institut Agro de Montpellier ; Institut de l’élevage ; Inrae ; Maison de la transhumance ; Parcs nationaux de France ; Service interdépartemental pour l’animation du Massif central (Sidam) ; SUACI Montagn’Alpes ; UMT Pasto ; Réseau pastoral Massif central ; Réseau pastoral Auvergne Rhône Alpes ; Association nationale des Écoles de bergers vachers transhumants.

Initiative

45 propositions en faveur du pastoralisme

Au printemps dernier, les députés Jean-François Rousset (EPR, Aveyron), Jean-Yves Bony (DR, Cantal) et Marie Pochon (EcoS, Drôme) ont présenté les conclusions de leur mission d’information sur le rôle du pastoralisme.

45 propositions en faveur du pastoralisme
©Pascale Dumont
Le rapport parlementaire sur le pastoralisme a été présenté lors du dernier Sommet de l'élevage.

Les rapporteurs, Jean-Yves Bony et Marie Pochon ont rencontré à l’Assemblée nationale plus d’une centaine de personnes au cours d’une quarantaine d’auditions. Les rapporteurs se sont également déplacés dans le Massif central, les Pyrénées et le Vercors où ils ont pu rencontrer des acteurs qui font vivre le pastoralisme quotidiennement. Si la France a su se doter, dès le début des années 1970, d’une loi pastorale qui fait encore autorité, le pastoralisme demeure encore trop souvent « un angle mort des politiques publiques », regrettent les rapporteurs. À titre d’exemple, le droit de l’urbanisme ne reconnaît pas de zones pastorales spécifiques, pas davantage que la politique agricole commune ne reconnaît directement de pratiques pastorales différenciées au sein de l’élevage, et cela alors même que le foncier pastoral et les conditions de travail et de rémunération des éleveurs pastoraux et des bergers se heurtent à des défis très spécifiques. L’activité pastorale concerne pourtant encore 18 % des élevages en France (35 000 élevages pastoraux), 22 % du cheptel et repose sur des surfaces estimées à plus de 2,2 millions d’hectares. Les rapporteurs formulent ainsi 45 propositions pour assurer l’avenir du pastoralisme en France parmi lesquelles une augmentation des moyens dédiés aux associations foncières pastorales et aux groupements pastoraux ; une majoration des aides du premier pilier de la Pac sur les premiers hectares pour soutenir les petites fermes pastorales ; assurer l’accès à la formation continue pour les bergers, y compris pour les saisonniers…   
SC

Au Salon de l’agriculture

Davantage de moutons  à la place des vaches

À l’occasion d’une conférence de presse le 20 janvier, les organisateurs du Salon de l’agriculture ont présenté de premières pistes pour pallier l’absence des bovins, qui occupent traditionnellement le hall numéro 1 du parc d’exposition de la porte de Versailles à Paris. Deux pistes sont d’ores et déjà explorées : « avoir le plus d’animaux possible » et accentuer la présence du « pastoralisme », a expliqué le président du Salon de l’agriculture, Jérôme Despey, puisque 2026 a été proclamée par les Nations unies « année internationale du pastoralisme et des pâturages ».