Passion
La Ferme de Zoé : une ferme pédagogique et protectrice

Fille d’agriculteur, Léa Grimaud a toujours rêvé de venir en aide aux animaux maltraités. D’abord attirée par le métier de vétérinaire rural, elle a finalement choisi de rejoindre l’exploitation familiale et de monter sa ferme pédagogique, La ferme de Zoé, située à Valence.

La Ferme de Zoé : une ferme pédagogique et protectrice
Léa Grimaud et sa chèvre Zoé, à l’origine de la création de cette ferme pédagogique qui compte près de 150 animaux, sans compter le troupeau de brebis.

L’amour est dans le pré. Il serait facile de reprendre le titre de la désormais célèbre émission télévisée pour présenter la ferme pédagogique de Léa Grimaud installée à Valence. Car pour Léa, vivre au milieu des animaux est bien plus qu’une passion. A tout juste 24 ans, la jeune femme sait ce qu’elle veut. « C’était une évidence que je travaille au milieu de la nature, explique-t-elle. Depuis mes quinze ans, ma plus grande passion, ce sont les animaux à la ferme », poursuit-elle. Pour ses 15 ans justement, elle reçoit en cadeau une oie, puis des poules l’année suivante et enfin une chèvre pour ses 17 ans, qu’elle appellera Zoé. Un détail qui a son importance dans la suite de son histoire.
Fille d’agriculteurs valentinois, Léa a d’abord imaginé devenir vétérinaire rural, avant de mûrir un autre projet professionnel : celui de devenir cheffe d’exploitation, elle aussi.
En 2017, elle obtient son brevet professionnel responsable d’exploitation agricole (BPREA) à Tournon-sur-Rhône. En parallèle, l’amoureuse des animaux met à exécution son projet : venir en aide aux animaux maltraités, blessés ou sauvés de l’abattoir, etc. Il y a quatre ans, elle recueille sur des parcelles de l’exploitation familiale, poneys, lapins et cochons d’inde. Pour ce faire, elle est régulièrement sollicitée par des associations de sauvegarde d’animaux, des sociétés protectrices des animaux (SPA), voire même des particuliers.

Se rapprocher de la nature

En 2020, elle récupère un troupeau d’une centaine de brebis. Elle commercialise ainsi des caissettes de viande dans le magasin fermier de ses parents, Les Fruits de la Source, à Bourg-lès-Valence. A côté, elle augmente son cheptel d’animaux de la ferme. Aujourd’hui, lapins, cochons, chèvres, chevaux, ânes, vaches et même le lama nommé Cookie vivent des jours heureux sur les 15 hectares de prairie mis à leur disposition. « Avec mon père, nous cultivons 80 ha de foin et de céréales, ce qui me permet d’être en autonomie parfaite », ajoute Léa Grimaud. Car pour autant, recueillir des animaux - blessés ou maltraités - a un coût non négligeable, notamment en termes de frais vétérinaires. Toute source de revenus - ou d’économie - devient alors intéressante. Alors qu’elle a depuis plusieurs années l’idée d’ouvrir une ferme pédagogique, la Covid-19 accélère les choses. « L’ouverture était prévue au cours de l’été 2021. Mais l’an dernier, en pleine crise sanitaire et après le premier confinement, les gens avaient besoin de se rapprocher de la nature. J’ai donc organisé des visites guidées à la ferme, des balades à poneys... », explique la jeune femme. Après la fermeture hivernale, Léa Grimaud a accueilli dès le printemps 2021 ses premiers cars d’écoliers sur la ferme. De plus, elle se déplace directement dans les crèches ou centres de loisirs sur Valence et sa périphérie, sous forme de ferme itinérante. « Je suis vraiment contente de transmettre ma passion, de faire découvrir les animaux de la ferme aux tout petits, de leur montrer comment on nourrit les chevreaux, etc. C’est fascinant de voir les enfants évoluer au milieu de mes animaux, déclare-t-elle. De mars à juin, la bergerie est ouverte au public et les explications sur l’élevage vont bon train. Les visiteurs peuvent assister aux naissances, au nourrissage... », précise-t-elle.

Sensibiliser les visiteurs

Pour rendre le lieu encore plus convivial, Léa Grimaud a créé un coin snacking et un espace boutique où l’on peut retrouver notamment les légumes cultivés par ses parents. « Cela permet de montrer aux visiteurs - adultes et plus jeunes - ce qu’est le monde agricole, comment on travaille avec les animaux, mais aussi de faire la promotion de la vente directe. A travers ma ferme pédagogique, j’ai la volonté de faire passer un message de sensibilisation à l’environnement mais aussi d’encourager les consommateurs au manger local », prévient-elle.
Attachée au respect de l’environnement et à la biodiversité, Léa Grimaud installera prochainement des nichoirs au sein de sa ferme, et plantera, avec l’aide de la MFR de Mondy, 1 000 mètres de haies autour de son exploitation. Enfin, depuis peu, elle a diversifié son activité avec un élevage de porcs, en hommage à son grand-père charcutier. A terme, sa sœur Anaïs, elle aussi dans le milieu, transformera les produits grâce aux recettes transmises par leur aïeul et les caissettes seront là aussi vendus dans le magasin familial. 
Amandine Priolet