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ADVENTICES

Gérer l’ambroisie après la moisson 

En Auvergne-Rhône-Alpes, les grands bassins de production de céréales sont fortement impactés par l’ambroisie à feuilles d’armoise, qui constitue une réelle menace pour l’agriculture. Leur gestion en post-récolte et/ou durant l’interculture est une étape clé pour une lutte efficace et durable.

Gérer l’ambroisie après la moisson 
©Fredon AURA
Après les moissons, des levées massives d’ambroisies peuvent apparaître dans les chaumes, et produire pollens et semences en quantité.

L’ambroisie à feuilles d’armoise est une plante annuelle envahissante qui colonise principalement les terrains non couverts et remaniés. Après les récoltes, l’absence de concurrence associée aux conditions climatiques favorables de l’été, peut entraîner des levées massives d’ambroisies dans les chaumes, qui pourront produire pollens et semences en quantité. Les levées d’ambroisie peuvent se révéler très hétérogènes d’une parcelle à l’autre. Un contrôle visuel régulier des parcelles récoltées permet de jauger facilement la présence de la plante et son stade de développement. Cette surveillance aidera ainsi à évaluer rapidement les risques de dissémination des pollens et définir une stratégie de lutte adaptée à chaque situation.

Déchaumer après la récolte 
Pour mener une lutte efficace contre l’ambroisie, il convient de diversifier les méthodes de gestion, via la combinaison de techniques préventives (réduire le stock semencier et limiter le nombre de plantes avant l’installation de la culture) et curatives (destruction mécanique si possible, éventuellement associée à de la lutte chimique). Au moment de l’interculture, il est fortement recommandé de réaliser des déchaumages successifs pour détruire les adventices levées et réduire aussi le stock semencier (action de faux-semis). Arvalis-Institut du végétal préconise notamment de reprendre préalablement les passages de roues de façon spécifique avec un outil à dents. Il conseille de travailler le sol superficiellement (env. 5 cm de profondeur) pour mettre les graines en position optimale de levée et détruire la majorité des plantes présentes. Cette étape peut nécessiter deux passages et des équipements adaptés : dents rigides combinées à des disques de nivellement, socs larges avec ailettes, disques plus serrés à angles d’ura plus élevés. Il est important d’intervenir sur toute la parcelle, y compris les tournières et les bordures et de rappuyer en surface pour un meilleur contact terre/graine et optimiser ainsi les levées d’adventices. Enfin, il faut intervenir sur des ambroisies peu développées.
Pour une meilleure efficacité, il peut être intéressant de réaliser un premier déchaumage juste après la récolte afin de profiter de l’humidité résiduelle du sol. Cette année, les conditions caniculaires du début de l’été peuvent limiter la faisabilité de ces interventions. Il est toutefois encore possible d’agir, courant juillet, en profitant d’un épisode pluvieux - qui facilitera la pénétration des outils - suivi de quelques jours de sec pour permettre la destruction totale des adventices. 
À noter que l’ambroisie peut produire des graines même après une levée tardive ; plusieurs déchaumages peuvent donc s’avérer nécessaires pour détruire ces relevées. Il faudra, dans tous les cas, intervenir avant le stade début floraison de l’ambroisie. 

EN SAVOIR PLUS : ambroisie.fredon-aura.fr

Contact : Charly Traversino - Fredon Aura
ambroisie@fredon_aura.fr

Broyage  des résidus

Prévenir les risques d’incendies 

Les risques d’incendies sont particulièrement élevés pendant les moissons et lors du broyage des chaumes (risques d’étincelles quand le broyeur touche une pierre). Face aux conditions caniculaires de ces dernières semaines, il est d’autant plus important de respecter quelques règles de précaution pour limiter les éventuels départs de feu :
• Nettoyer régulièrement les engins de récolte (plusieurs fois par jour pendant les périodes de forte activité) afin d’enlever les poussières, débris et pailles accumulées sous le capot ou à proximité des pièces chaudes ;
• Réhausser la coupe de la moissonneuse-batteuse ou du broyeur pour éviter d’éventuelles frictions avec des silex qui pourraient générer des étincelles ;
• Dans les grandes parcelles, disposer dès le début du chantier, des bandes coupe-feu de quatre à cinq largeurs de machines ;
• Prévoir une tonne à eau (ex : tonne à lisier) stationnée sur place ou, à minima, un extincteur à eau pulvérisée qui permettra de réagir rapidement en cas de départ de feu accidentel.

L’ambroisie trifide, une menace émergente

L’ambroisie trifide, une menace émergente
©Fredon AURA
L’ambroisie trifide est déjà présente sur quatre communes du département de l’Ain.

Encore peu connue en France, l’ambroisie trifide représente une menace émergente sérieuse pour le monde agricole. Plus rare mais beaucoup plus impressionnante, cette ambroisie géante peut atteindre plus de 4 mètres de haut. En plus de ses impacts sanitaires, elle envahit rapidement les parcelles agricoles avec, à la clé, des surcoûts de gestion et d’importantes pertes de rendement dans les cultures de maïs, soja ou tournesol. Une double menace donc, pour la santé humaine et la souveraineté alimentaire.
L’ambroisie trifide commence à s’implanter dans plusieurs régions françaises. En Auvergne-Rhône-Alpes, elle est présente uniquement dans le département de l’Ain (présence cantonnée à 4 communes) et fait l’objet d’une démarche de gestion locale depuis 2022. Ce dispositif, animé par la Fredon Aura, avec le soutien financier de la Draaf Aura, de l’Agence régionale de santé et du conseil départemental de l’Ain, mobilise la profession agricole avec pour objectif l’éradication complète de la plante. Face à cette adventice très compétitive, la vigilance et l’action collective sont indispensables. Le repérage précoce des foyers dès le début de l’été, leur signalement et l’arrachage immédiat, avant production de graines, sont des mesures simples mais essentielles. 

Choisir un mode de gestion adapté

Le tableau récapitulatif , établi par Arvalis-Institut du végétal, permet d’identifier le mode de gestion adapté, selon trois grands critères :  la présence ou l’absence d’ambroisie à la récolte ; la présence ou l’absence de vivaces sur la parcelle et la couverture du sol après récolte.