Sica Noix : « Nous sommes prêts à accueillir de nouveaux adhérents »
Bernard Gaillard, président de Sica Noix, à l’occasion de l’assemblée générale de l’organisation de producteurs et de metteurs en marché, tenue le 17 septembre à Chatte.
L’assemblée générale de la Sica a permis de faire un petit retour sur la campagne 2024. Comment s’est-elle déroulée ?
Bernard Gaillard : « Cette année, nous avons récolté et travaillé 2 020 tonnes de noix. Comme partout, ce fut compliqué en termes de qualité. La pression sanitaire a été forte. Le tri a été exigeant et a éliminé des volumes importants chez les producteurs. Par contre, les calibres ont été corrects, avec 74 % de + 30. Au niveau prix, il a été de 2,38 euros le kilogramme pour la noix conventionnelle et est monté à 2,53 euros pour la noix de Grenoble. Pour l’élaborer, nous nous sommes appuyés sur notre grille d’agréage qui reconnaît la typicité de chaque lot, avec son calibrage et son taux de déchet.
Y a-t-il un sujet sur lequel vous avez particulièrement insisté ?
B. G. : Le renouvellement de nos adhérents est un sujet qui me tient particulièrement à cœur. Aujourd’hui, nous avons un groupe d’agriculteurs spécialisés et exigeants. Nous voulons garder ce dynamisme. Aussi, nous voulons faire savoir aux nuciculteurs qui ne sont pas organisés que nous sommes prêts à les accueillir. Nous avons des avantages, notamment au niveau de notre grille d’agréage. Et pour ceux qui souhaiteraient vendre une partie de leur production en direct, malgré la règle de l’apport total, des dérogations (1) nous sont autorisées nous permettant de faire preuve de souplesse. L’assurance-crédit que nous avons est également intéressante dans le cas de défaillance de metteurs en marché, car elle peut prendre en charge une partie du manque.
Quelles sont les opportunités apportées par le Programme opérationnel sur lequel l’OP est engagée ?
B. G. : Sans être exhaustif, il permet aux producteurs de bénéficier d’aides à l’investissement (entre 30 et 40 % du montant HT sur certains matériels) et aussi en matière de préservation de l’environnement, notamment dans le domaine de la lutte alternative contre le carpocapse, quand ils ont recours à la confusion sexuelle. Ces méthodes étant relativement coûteuses, ces aides sont bienvenues. Elles sont particulièrement appréciées de nos adhérents. Etant calculées sur le chiffre d’affaires de l’OP et son volume, elles pourraient être revues à la hausse si la structure se développait.
B. G. : Comment appréhendez-vous cette récolte ?
Après plusieurs années difficiles, nous espérons une saison correcte avec une belle qualité. Ce que nous voyons sur les arbres est prometteur sur le plan sanitaire. Nous espérons maintenant que les conditions de récolte soient aussi favorables. »
Propos recueillis par Isabelle Brenguier
(1) Elles concernent les volumes en moins de 28, hors AOP noix de Grenoble, les produits dérivés, les écarts de triage…
La Sica en bref
Créée en 1994, la Sica (1) rassemble une cinquantaine de nuciculteurs et quatre metteurs en marché. Basée à Chatte, l’organisation de producteurs est dirigée par un comité de gestion composé de six nuciculteurs et trois metteurs en marché. A ses côtés, un comité technique constitué d’autres producteurs, travaille sur les pratiques et notamment sur le programme opérationnel mis en œuvre au sein de la structure. La Sica fait état de 1 300 hectares de vergers de noyers au compteur, dont 71 % labellisés en noix de Grenoble, le reste étant des fernor et des lara. « 65 % sont des vergers irrigués. Et au niveau des certifications, nous avons 48 % de nos surfaces qui sont certifiées Global Gap (2), 21 % qui sont en HVE (3) et 4 % en bio », précise Bernard Gaillard, le président de l’OP. Le volume travaillé chaque année évolue en moyenne autour de 2 500 tonnes de noix. La structure est représentée au sein du Comité interprofessionnel de la noix de Grenoble (CING), de la Station nucicole Rhône-Alpes (Senura) et de la nouvelle « Association nationale Noix de France ».
I. B.