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Agritourisme

À la ferme Brès, un camping près des oliviers

Afin de se diversifier et avec la volonté de faire découvrir ses activités au grand public, de plus en plus d’exploitations s’ouvrent à l’agritourisme. Dans cette série, nous partons à la rencontre de ceux qui pratiquent le camping sur la ferme. C’est le cas de la Ferme Brès à Nyons.

Par M.E.
À la ferme Brès, un camping près des oliviers
©ME-AD26
Depuis 2022, Boris Kaneko a pris la suite de sa mère Régine Brès en tant que gérant de la ferme.

Direction les hauteurs de Nyons, à trois kilomètres du centre-ville, pour découvrir la ferme Brès et son camping. Depuis la fin des années 1990, la famille accueille les voyageurs sur son site ombragé. « Recevoir, cela nous apporte une ouverture sur le monde. Les visiteurs apprécient le contact direct avec nous et les produits de notre ferme », estime Régine Brès, co-gérante du camping. Les cabanes en bois pour les sanitaires s’intègrent au paysage du site, entouré d’oliviers et protégé par les chênes centenaires.

De l’aire des saisonniers au camping

En plein mois de juillet, le soleil ardent n’atteint pas les visiteurs du camping. Une randonneuse profite d’une pause à l’ombre dans un hamac et, un peu plus loin, un couple partage un apéritif au calme sur la table en bois de son campement. Difficile d’imaginer qu’une trentaine d’années en arrière, rien ne prédestinait la Ferme Brès à se lancer dans l’agritourisme. Tout a commencé avant l’installation de Régine Brès, lorsque ses parents tenaient encore l’exploitation. « Nous possédions une activité arboricole, un verger d’abricotiers, qui nécessitait le recrutement de saisonniers pour la récolte, se rappelle celle qui a repris la ferme familiale en 1999. Nous avons eu besoin de créer un point d’eau et des toilettes puis, progressivement, nous avons construit une cabane pour installer des douches. C’était une aire de saisonniers jusqu’au jour où des Hollandais sont venus nous demander l’autorisation de camper. Une fois rentrés chez eux, ils ont partagé leur expérience avec un guide local de leur pays et les gens ont commencé à venir. »

Ainsi, ce succès a poussé la famille à faire évoluer son accueil. Une seconde cabane équipée de sanitaires fut construite en 2010. C’est à cette époque que la Ferme Brès a rejoint le réseau Bienvenue à la ferme. Le site dispose d’une capacité de six emplacements raccordables à l’éléctricité et s’ouvre aux voyageurs d’avril à octobre. À noter, l’exploitation familiale continue d’accueillir des saisonniers en dehors des périodes d’ouverture du camping, notamment pour la récolte et la taille des vergers.

Des produits distingués 

Selon Régine Brès, le camping accueille peu d’enfants, majoritairement des voyageurs français et de plus en plus de vans en courte durée. L’entrée au camping se déroule à la boutique de la ferme. De quoi faire saliver les passants qui peuvent craquer sur des olives, de l’huile ou encore des tapenades et du vin. Derrière la caisse, le mur recouvert de prix d’excellence agricole parle de lui-même et ôte le moindre doute sur la qualité des mets proposés à la vente. Un mur qui devrait être de nouveau alimenté par les récentes distinctions de la ferme lors du Concours des olives noires de Nyons AOP

Dans le top 3

Dans le top 3
©ME-AD26
« Si c’était un camping classique, il manquerait quelque chose », déclarent Denis et Isabelle, des Nordistes venus profiter du camping.


À l’image de Nyons, ville touristique réputée pour son terroir et l’emblématique Tanche, la Ferme Brès est perçue comme une attraction dans les environs. D’ailleurs, elle fait partie du Top 3 des meilleurs sites à visiter à Nyons sur le site touristique Tripadvisor. « Nous repartons le palais enchanté par ces douceurs et le coffre de notre voiture chargé de notre précieuse cargaison » ou encore « La chance d’avoir pu profiter de ce havre de paix avec un temps très doux », ont écrit des visiteurs. 

Des avis partagés par Denis et Isabelle, des Nordistes venus camper pour la seconde année consécutive. « Nous aimons le climat, les cigales et l’environnement préservé. C’est un endroit sauvage, une Provence authentique », estime le couple. Les campeurs apprécient les circuits de randonnées alentour et la vente de produits bio et locaux. « Je suis allé visiter le verger et on m’a expliqué toutes les étapes de production. J’ai trouvé le traitement biologique à base d’argile très intéressant. J’ai même découvert les coulisses des marchés en aidant la famille à charger le camion, raconte Denis. Si c’était un camping classique, il manquerait quelque chose ».

L’olive du verger à l’assiette

À ce jour, la famille produit 40 tonnes d’olives par an en moyenne. ©ME_AD26

Régine Brès a grandi sur la ferme familiale et continue d’y vivre aujourd’hui. Les oléiculteurs ont investi les hauteurs de Nyons en 1829 avec, à l’époque, une activité en polyculture et élevages. Toutefois, les oliveraies et les vignes ont toujours représenté le cœur de l’exploitation. La ferme Brès gère une dizaine d’hectares d’oliviers et une quinzaine d’hectares de vignes. Depuis 2022, Boris Kaneko a pris la suite de sa mère Régine Brès en tant que gérant de la ferme. Toutefois, la mère du jeune agriculteur a conservé une place de salariée, notamment pour gérer la partie administrative avec l’aide de Krisna, épouse de Boris Kaneko. 

La septième génération

Lorsqu’elle s’est installée en 1999, Régine Brès avait 40 ans. Elle a troqué sa casquette d’institutrice contre celle d’oléicultrice. « Cette reprise représente une transmission familiale. Mon cœur a toujours été attaché ici », rapporte l’ancienne gérante de la ferme. À l’époque, l’exploitation regroupait quinze hectares. Pour l’agrandir, l’oléicultrice a pu compter sur le fermage de terres possédées par ses beaux-parents, agriculteurs à Tulette. Depuis 2006, la ferme Brès arbore la certification agriculture biologique. « En 2000, lorsque j’ai démarré, nous n’avions pas de pulvérisations à base d’argile sous la main. Cela s’est développé plus tard. C’était une volonté de passer au bio et cette technique fonctionne très bien. L’argile forme comme une seconde peau sur l’olive et les mouches ont plus de mal à piquer. Ça protège aussi du soleil », explique Régine Brès.

Ayant rejoint la ferme en 2011, Boris Kaneko a pris la gérance de l’exploitation en 2022. Il représente la septième génération d’agriculteurs. La famille compte sur un chef de cultures pour entretenir les vergers. « Cette année, nous avons beaucoup de pression sanitaire avec la mouche de l’olive en raison des fortes pluies. En novembre, l’olive peut se charger d’eau et tomber au sol », expliquent les agriculteurs. 

L’art de la transformation

Les olives sont transformées sur la ferme depuis plusieurs décennies. « Avant, nous avions un atelier réparti sur plusieurs bâtiments. Depuis 2018, nous avons fait construire un atelier à l’intérieur duquel nous réalisons toutes les étapes, du tri, à la maturation jusqu’à l’emballage. C’est beaucoup plus pratique », expliquent mère et fils. Pour l’huile, la famille passe principalement par le moulin Dozol-Autrand à Nyons et le moulin de Haute Provence à Buis-les-Baronnies. En moyenne, cinq kilos d’olives sont nécessaires pour produire un litre d’huile. Les olives de table sont récoltées entre décembre et janvier et nécessitent entre six et dix mois mois de maturation dans de la saumure avant d’être vendues à la ferme et sur des marchés. 

D’ailleurs, la ferme Brès bénéficie d’une réputation indéniable dans certaines communes. À Valence, les premiers et troisièmes samedis de chaque mois, sauf en janvier et en août, leur stand est souvent pris d’assaut par leur clientèle. À ce jour, la famille produit 40 tonnes d’olives par an en moyenne. Nouveauté cette année, les Brès se lancent dans leur propre transformation d’olives en tapenades avec l’achat d’un autoclave. De quoi garnir davantage leur gamme de produits 100 % faits à la ferme. Enfin, concernant le vin, le site en produit environ 60 000 litres par an vendus en AOC Côtes-du-Rhône par des coopératives viticoles.