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Agritourisme

À la ferme des Pins, un camping « au calme et proche de tout »

Afin de se diversifier et avec la volonté de faire découvrir ses activités au grand public, de plus en plus d’exploitations s’ouvrent à l’agritourisme. Dans cette série, nous partons à la rencontre de ceux qui pratiquent le camping sur la ferme. C’est le cas de la ferme des Pins, à Montchenu.

Par M.E.
À la ferme des Pins, un camping « au calme et proche de tout »
©ME-AD26
Damien Revol, 42 ans, a repris la ferme familiale depuis une vingtaine d’années.

Perchée au cœur de la Drôme des collines, la ferme des Pins offre un point de vue panoramique sur la chaîne du Vercors et les Alpes. Pour accéder à la propriété des Revol, les visiteurs empruntent une route ornée de végétation. Le panneau « Bienvenue à la ferme » cloué sur le bâtiment d’accueil symbolise l’appartenance ancienne au réseau d’agritourisme, aujourd’hui géré par la chambre d’agriculture. « Cela fait de nombreuses années que nous en faisons partie, peut-être même depuis sa création. Nous nous sommes appuyés dessus pour développer la vente de nos produits sur le site », rapporte Joseph Revol, 73 ans.

Le fondateur de la ferme des Pins a transmis l’exploitation familiale en 2004 à son fils Damien. « Je pense que si mes parents n’étaient plus sur place, j’aurais limité l’accès au camping. Je ne pourrais pas gérer toutes les allées et venues seul », confie le chef d’exploitation. Le camping à la ferme, d’une capacité de six emplacements, soit maximum 20 personnes, est ouvert de Pâques à la Toussaint.

« Nous revenons pour leur sympathie »

La ferme des Pins a ouvert son camping dans les années 1980. « À l’époque, le Département nous subventionnait pour créer des campings afin d’éviter le camping sauvage, se rappelle Joseph Revol. À la création, nous n’étions que deux campings dans les environs ». Comme souvent dans la Drôme des collines, l’exploitation s’étend sur des parcelles pentues. Un terrassement a ainsi dû être réalisé. « Avant, les gens venaient avec des tentes et ils restaient plus longtemps. C’était plus familial et convivial. Comme le travail était plus manuel, ils donnaient un coup de main, confie le retraité. Il n’y avait pas le téléphone, pas de chemin goudronné, c’était folklorique. Nous avions même dû utiliser le tracteur pour faire monter une caravane ». Le camping accueille des campeurs, des camping-cars, des caravanes et des fourgons aménagés.

« C’est un lieu qui nous manque le reste de l’année », témoigne Robert, retraité lyonnais qui vient au camping depuis plus de dix ans. ©ME-AD26

« Les visiteurs viennent chez nous car ils recherchent le calme et un lieu reposant », estime Damien Revol. C’est le cas de Robert, retraité lyonnais qui vient au camping depuis plus de dix ans. « La première fois, nous étions sur la route pour aller au lac de Champos et nous nous sommes arrêtés ici pour la tranquillité et le cadre. Nous allions donner des épluchures aux poules, témoigne l’habitué. La ferme est accueillante. D’ailleurs, nous revenons pour leur sympathie. C’est un lieu qui nous manque le reste de l’année ». Le couple prévoit de rester trois mois sur place dans sa caravane.

Explosion après la Covid-19

Si la ferme voit des habitués revenir de génération en génération, elle accueille aussi un nouveau type de public depuis la crise sanitaire de 2019. « L’accueil au camping s’essoufflait avant la Covid-19. J’ai même pensé à arrêter, confie Damien Revol. En 2020, la fréquentation a explosé. La clientèle a beaucoup changé, il y a de plus en plus de sportifs et d’étrangers qui viennent des Pays-Bas, de la Belgique, de l’Allemagne et de la Suisse ». La proximité avec le lac de Champos, le Palais du facteur Cheval et le Vercors intéresse les visiteurs. « Il y a aussi pas mal de chemins de randonnée à pied ou à vélo au départ de la ferme », ajoute l’agriculteur. Le soir, l’exploitation ouvre ses portes à sa clientèle pour des petites visites.

Sur place, les campeurs trouvent le strict minimum : pas de wifi, ni de bar. Par contre, ils peuvent venir acheter quelques denrées à la boutique de la ferme (œufs, fruits, jus et confitures d’abricots ou encore de la clairette de Die). Niveau capacité, passé les six emplacements, le site doit investir dans de nouveaux espaces sanitaires et deviendrait une aire naturelle. Pas question de faire évoluer le camping pour la ferme des Pins qui tient à rester grandeur nature. Toutefois, depuis 2018, la famille Revol a transformé une maison familiale en gîte à l’année. D’une capacité de six couchages, cette location permet à la ferme des Pins d’obtenir un complément de revenus supplémentaires.

Diversification

Damien Revol, un agriculteur qui fait un peu de tout à petite échelle

Installé depuis 2004 sur la ferme familiale à Montchenu, Damien Revol s’est spécialisé dans l’élevage de volailles en plein air. Il gère aussi des activités arboricoles, maraîchères et bovines.

Depuis 2017, l’agriculteur a remplacé l’activité vaches laitières par l’élevage de volailles. ©ME-AD26

Formé à la MFR de Chatte, Damien Revol, 42 ans, a repris la ferme familiale depuis une vingtaine d’années. Depuis 2017, il a remplacé l’activité de vaches laitières par l’élevage de volailles. Au total, le quarantenaire dispose de 100 hectares dont 70 sont dédiés à la production de céréales pour ses animaux.

Le juste équilibre


Damien Revol a fait le pari de la volaille élevée en plein air. Résultat, il produit en plus petite quantité mais possède un élevage varié : 1 000 poulets, 900 pintades, 150 chapons, une centaine de dindes et une cinquantaine de poulardes. L’ensemble de ses volailles est abattu sur la ferme et vendu en direct sur les marchés ou dans des magasins de producteurs locaux tels que le primeur du Chantre, la ferme des Blancs ou encore au panier de Carabony. Depuis cette année, sur demande de sa clientèle, l’éleveur exploite 350 poules pondeuses. Une salariée à mi-temps épaule l’agriculteur pour les œufs. Ses volailles sont alimentées avec la production de la ferme (blé, maïs, pois) sauf le tourteau de soja qu’il achète. À noter, le surplus de production est revendu à la coopérative Drômoise de céréales.

En parallèle, l’exploitation repose aussi sur plus de trois hectares d’arbres fruitiers pour la production d’abricots Bergeron. Les fruits partent au Comptoir Rhodanien pour être vendus en barquettes, en plateaux ou transformés en jus. Enfin, Damien Revol produit aussi des légumes sur plus de deux hectares : asperges blanches, courges, potimarron et butternut. L’intégralité est revendue à l’entreprise HDC Lamotte. Enfin, l’agriculteur engraisse une quinzaine de bovins pour la production de viande. Les animaux sont abattus à Romans-sur-Isère et vendus dans des boucheries locales.

Surmonter les obstacles

L’agriculture s’adapte perpétuellement. Damien Revol le sait bien. Lui-même doit faire face à différentes problématiques sur sa ferme. Comme évoqué récemment par des agriculteurs irrigants du Nord-Drôme (voir nos éditions des jeudis 26 juin et 3 juillet), les restrictions d’irrigation pénalisent les fermes. Dans les années 1980, Joseph Revol a fait construire un forage à un kilomètre de l’exploitation avec d’autres agriculteurs. Un ouvrage qui ne peut plus être pleinement exploité. À ce jour, sur cent hectares, Damien Revol ne peut en arroser que cinq. « Je suis limité à 8 000 m³ d’eau, c’est complètement dérisoire, déplore-t-il. Je suis démuni, je n’ai plus qu’à espérer qu’il pleuve. Je ne cesse de diminuer ma production de maïs ». À la place, l’agriculteur a pour projet de planter des pois et des féveroles pour faire des rotations de cultures.

Le chef d’exploitation s’inquiète aussi pour ses volailles. « Pour l’instant, je suis indemne de tout mais je reste en hypervigilance sanitaire. J’ai un contrôle toutes les quinze semaines pour vérifier si la salmonellose touche mon élevage », déclare-t-il. Enfin, l’agriculteur fait aussi face à la typologie de son territoire. « Les parcelles sont en pente et non mécanisables. Je fais pâturer les bovins afin les entretenir. L’érosion reste un problème », confie Damien Revol. Enfin, chaque année, l’exploitant agricole rencontre aussi d’autres difficultés similaires à ses confrères : la pénurie de main-d’oeuvre. Jusqu’à présent, il réussit à trouver de jeunes locaux pour venir ramasser les fruits et les légumes et assurer la taille. « C’est de plus en plus compliqué. C’est à moi d’aller les chercher et les ramener. D’un jour à l’autre, ils se désistent », témoigne l’agriculteur.

Contact : 06 79 01 13 52