Accord de la filière lait pour stabiliser la production
« On veut être de bons élèves, mais pas seuls », a déclaré Thierry Roquefeuil, le président de la Fédération nationale des producteurs de lait (FNPL) à l'issue de la réunion entre les organisations agricoles, la filière laitière et le ministre de l'Agriculture, le 22 mars à Paris. Au menu des discussions, la maîtrise des volumes en période de crise et pour être plus précis la stabilisation de la production en 2016 par rapport à 2015. Si les professionnels français dans l'ensemble sont d'accord pour aller dans cette voie, ils ne veulent pas être les seuls à le faire au niveau européen. « On ne peut pas rentrer dans une mécanique de maîtrise des volumes en France si nos partenaires ne font rien », insiste le président. « Il faut que le volontariat soit partagé par tout le monde », précise-t-il. En effet, l'accord décroché à Bruxelles par le ministre de l'Agriculture, le 14 mars, sur la maîtrise de la production n'est que facultatif et non obligatoire. Pour le moment, les pays du sud partagent la position française, les pays du nord y sont réticents voire hostiles. Reste à convaincre l'Allemagne avec lequel Stéphane Le Foll entretient des contacts bilatéraux. D'ailleurs c'est pour muscler la position française que le ministre a demandé à l'interprofession laitière de préparer une position commune sur la maîtrise des volumes. En supposant que l'ensemble des pays s'engagent dans la maîtrise, la question du financement sera posée à l'échelle européenne. La Commission a consenti à doubler l'enveloppe financière pour l'intervention publique. Mais elle doit prendre conscience que le relèvement des plafonds d'intervention « n'a aucun sens sans maîtrise des volumes », insiste Thierry Roquefeuil.
Identification de l'origine
Au cours de cette réunion a également été abordée l'identification de l'origine des ingrédients du lait dans les produits transformés. Lors du Conseil des ministres du 14 mars, la Commission européenne a autorisé la France à étiqueter l'origine des viandes et du lait dans les produits transformés. Avant d'aller plus loin, le ministre de l'Agriculture souhaite s'appuyer sur l'interprofession laitière à qui il a demandé de faire des propositions. Quant à la loi Sapin 2 dont certains articles porteront sur la modification de la loi de modernisation de l'économie, elle devrait, ainsi que l'a indiqué le ministre de l'Agriculture au congrès de la FNPL « intégrer un logique tripartite » prenant en compte l'intérêt des producteurs. Même si le sujet n'a pas été abordé lors de la réunion filière, elle prévoira également la non-cessibilité des contrats laitiers, comme le souhaite d'ailleurs la FNPL.