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Semences

Avec Eurobulbe, l’ail de semence perdure

Depuis 2021, Ludovic Besset et Julien Monier ont repris la direction d’Eurobulbe, entreprise basée à Eurre et spécialisée dans l’ail de semences.

Par M.E
Avec Eurobulbe, l’ail de semence perdure
©ME-AD26
Depuis janvier, Ludovic Besset assure la direction d’Eurobulbe et de la SCEA BBL avec Julien Monier, qui a rejoint l’entreprise depuis 2019.

La famille Besset, spécialisée depuis trois générations en ail de semence à Eurre, d’abord avec la ferme BBL et depuis les années 2000 avec l’entreprise Eurobulbe, fait perdurer son activité. Philippe Besset, connu pour avoir été président du groupement d'intérêt économique Unisem ail drômois et à la tête de l’entreprise familiale depuis 1981, a pris sa retraite depuis le début d’année. Depuis janvier, son fils Ludovic Besset assure la direction d’Eurobulbe et de la SCEA BBL avec Julien Monier, qui a rejoint l’entreprise depuis 2019.

Une nouvelle direction

Ludovic Besset a intégré Eurobulbe en 2012. « J’ai rejoint mon père et son associé car l’entreprise avait de bonnes perspectives. J’avais travaillé sur l’exploitation quand j’étais plus jeune avant de me diriger vers le milieu bancaire », explique celui qui assure la partie commerciale de l’entreprise. Julien Monier, 45 ans, a repris l’exploitation de son père en 2016. Spécialisée dans la production de céréales et de semences, la ferme de 60 hectares se situait à côté d’Eurobulbe. « Nous avons toujours été voisins et nous avions une bonne entente. Nous nous échangions déjà nos parcelles pour assurer nos rotations de cultures, raconte Julien Monier. J’ai décidé de m’associer à Eurobulbe en 2019 car cela me permettait d’agrandir mes perspectives qui, jusqu’à présent, étaient limitées ».
L’entreprise fonctionne depuis 1981 avec plusieurs associés, issus d’un regroupement de quatre exploitations. À l’époque, Philippe Besset et sa femme faisaient partie des quatre couples à la tête de l’entreprise. En 1990, ils n’étaient plus que deux avec Jacques Aunaves qui l’a rejoint en 1990.

Les nouveaux gérants d’Eurobulbe observent une hausse de la demande d’ail de semences depuis deux à trois ans. « Les clients nous demandent 20 à 30 % de plus. Nous ne pouvons pas répondre », confient-ils. Si l’ail de semences représente 80 % de l’activité de la SCEA BBL, la ferme produit aussi en parallèle une dizaine de cultures différentes en rotation sur 190 hectares (céréales à paille, protéagineux, légumineuses et semences maïs et colza). « Cela nous permet de lutter contre les mauvaises herbes et d’enrichir la terre différemment », précise Philippe Besset.

Alliculture

Ail de semence : une récolte « très moyenne » mais de bonne qualité

La récolte s’est achevée et l’heure du bilan a sonné pour les producteurs drômois d’ail de semence et de consommation.

Ail de semence : une récolte « très moyenne » mais de bonne qualité
©ME-AD26
Plusieurs saisonniers sont embauchés chaque année pour le tri de l’ail de semences chez Eurobulbe.

À Eurre, la récolte se déroule dans de « bonnes conditions » depuis dix ans avec un temps sec mais « une récolte avancée de quatre à cinq jours qui réduit le potentiel de grossissement du bulbe », selon les gérants d’Eurobulbe. « C’est une année très moyenne avec des conditions très sèches qui favorisent le pénicillium dès novembre. Collectivement, nous avons vu les dégâts. S’il y a eu un peu de perte, nous conservons une bonne qualité des produits malgré tout », soufflent Ludovic Besset et Julien Monier en faisant référence aux autres semenciers du territoire. De leur côté, la récolte approche les 350 tonnes contre 400 tonnes lors des meilleures années.

Pucerons et virose

Pour limiter le pénicillium, l’eau reste une alliée précieuse. « Le problème, c’est que notre réseau collectif d'irrigation ferme fin octobre, date à laquelle nous plantons, rapportent les responsables d’Eurobulbe. Nous aimerions avoir des solutions pour irriguer début novembre ». Ces derniers font état d’une récolte « similaire à l’année dernière ». Toutefois, ils gardent aussi à l’esprit les récoltes précédentes. « Nous avions 15 % de récolte en plus », observent les semenciers. Les pucerons compliquent aussi la tâche des professionnels. « Depuis quatre ans, avec les hivers de plus en plus doux, ils ne font qu’augmenter et transmettent la virose », observent les producteurs. Pour limiter la propagation, les semenciers d’ail drômois s’organisent entre eux.

Optimiser la qualité sanitaire

« Nous essayons de nous isoler car nous devons avoir au moins cent mètres de distance entre les champs d’ail de consommation et de semence », expliquent Ludovic Besset et Julien Monier. Selon eux, en l’espace de dix ans, les surfaces d’ail n’ont cessé d’augmenter sur le secteur. « Nous sommes au moins six producteurs à Eurre », estiment les représentants d’Eurobulbe. « En mars, nous engageons entre six et dix personnes pour arracher l’ail contaminé, exposent les semenciers. Le printemps d’après plantation, nous rendons visite à nos clients afin d’évaluer la qualité sanitaire des plants. Nous passons notre temps à faire des tests sur toutes les générations, les variétés et les lots. C’est un travail supplémentaire mais qui nous permet de garder une bonne qualité sanitaire ». Lors des années humides, les semences peuvent aussi être menacées par la rouille.

Consommation

Adrien Martel est le président de l’Association des producteurs
d’ail de la Drôme depuis 2023. ©Apad

Un rendement en baisse pour l’ail de consommation

Si l’année dernière, l’Association des producteurs d’ail de la Drôme (Apad) avait observé une récolte assez basse, aux alentours de six tonnes par hectare commercialisables, l’année 2025 n’afficherait pas un bilan très différent. « Le rendement est en baisse. Nous n’avons pas eu une grosse récolte en violet. L’ail blanc a toutefois été un peu moins impacté, rapporte Adrien Martel, président. La chaleur du mois de juin nous a posé problème mais nous avons moins souffert que les semenciers car la période de récolte arrive avant. Globalement, nous observons une récolte quantitative. Aujourd’hui, l’ail semble sain mais il n’y a qu’une partie du chemin de faite. Il reste le séchage. L’ail ventile dans les tours et sa qualité dépendra des conditions que nous aurons en août. Nous ne sommes pas à l’abri d’autres maladies qui se développent. Nous restons vigilants ». Dès la plantation, certains agriculteurs ont connu des difficultés avec l’apparition de pénicillium qui « a engendré des pertes de pieds ». Le pic de commercialisation devrait démarrer en août avec l’ail violet puis l’ail blanc. « C’est un peu compliqué parfois de mettre la commercialisation en place pour qu’il y ait de la production française dans les rayons ».