André Gilles, chargé de l'agriculture et des routes au Département
Afin de faire connaissance, pouvez-vous nous parler de votre parcours ?
André Gilles : « Je suis fils d'agriculteur et ancien agriculteur à Roynac. Je produisais des semences, du maïs doux et des tomates de conserve. Pendant ma formation, j'ai été très marqué par les techniques intensives alors enseignées. On parlait du club des 100 quintaux en blé... Quand je me suis installé, mon premier achat a été une sulfateuse. Au fil des années, je me suis aperçu que ce système n'était pas le meilleur et qu'il détruisait, notamment, la vie des sols. Je prône une agriculture raisonnée. »
Quand êtes-vous entré en politique ?
A. G. : « Alors que je n'étais même pas conseiller municipal, je suis devenu maire de Roynac du jour au lendemain en 1987. Ce mandat s'est achevé en 2014. Par ailleurs, j'ai été élu conseiller général en 2001. J'ai succédé à Gilbert Sauvan, qui m'avait repéré en tant que maire. Sous la présidence de Jean Mouton, au sein des diverses commissions, je me suis occupé du social, des bâtiments, des routes, de l'agriculture et de l'économie. J'ai continué à suivre ces dossiers sous la présidence de Didier Guillaume, cette fois au sein de l'opposition. J'ai aussi été vice-président de la communauté de communes du pays de Marsanne. »
Lors de ces mandats, qu'avez-vous pu réaliser en faveur de l'agriculture ?
A. G. : « Je suis à l'origine du réseau d'irrigation de la plaine de Marsanne. J'ai présidé le syndicat de ce réseau de 1998 à 2014. Je suis actuellement vice-président du syndicat d'irrigation drômois (Sid). J'ajoute que, dans le cadre de mon activité professionnelle, nous avions créé avec dix autres agriculteurs le GIE Europe épi doux. »
Quelles seront vos priorités en tant que vice-président du conseil départemental chargé de l'agriculture ?
A. G. : « Pendant la campagne électorale, avec ma colistière Corinne Moulin, nous avons mis en avant le soutien aux 44 communes rurales du canton de Dieulefit. Soutenir l'arrière-pays, c'est aussi soutenir l'agriculture, une des premières activités économiques de la Drôme et l'un des plus gros employeurs. Une attention particulière sera portée aux éleveurs victimes de la prédation. Le soutien aux installations de jeunes agriculteurs sera davantage ciblé vers les projets durablement viables. Je souhaite également lutter contre les friches agricoles. Il s'agit de récupérer des surfaces d'anciens bâtiments hors-sol à l'abandon (démontage, désamiantage) pour les rendre à nouveau productives. Par ailleurs, face au changement climatique, une attention sera portée aux projets de petites retenues d'eau. Enfin, je souhaite travailler en collaboration avec la chambre d'agriculture pour anticiper et prévenir d'éventuelles difficultés sur certaines filières.
Et pour les routes ?
A. G. : « Avec 4 200 kilomètres de routes départementales, le travail ne manque pas (entretien, élargissement...). S'ajoutent des projets de déviation (Puy-Saint Martin, Livron-Loriol...) et d'aménagement (plateau des couleures à Valence...).
Propos recueillis par Christophe Ledoux