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Crise agricole

Après les promesses de Manuel Valls, la FNSEA reste vigilante

Le Premier ministre a annoncé plusieurs mesures, à la suite de son entrevue avec la FNSEA et les JA, le 17 février. A la suite d'un conseil d'administration de la FNSEA ce 18 février, la centrale syndicale a salué "la reconnaissance et la prise en compte d’un défaut de compétitivité de l’agriculture française" tout en restant d'une "extrême vigilance" sur la question des prix. Et vis-à-vis des élus, la FNSEA pose des "questions de paysans aux politiques".
Après les promesses de Manuel Valls, la FNSEA reste vigilante

Le Premier ministre a annoncé plusieurs mesures, à la suite de son entrevue avec la FNSEA et les JA, le 17 février. Une partie a été présentée lors des questions au gouvernement à l'Assemblée nationale: « Un décret va prévoir une baisse de sept points des charges sociales », a annoncé Manuel Valls dans l'hémicycle. Par ailleurs, « pour les agriculteurs qui auraient dégagé en 2015 un revenu faible (...) ou qui n'auraient pas de revenu », le ministre a annoncé « une année blanche sociale par report automatique d'un an, reconductible dans la limite de trois ans sans aucune démarche ».

D'autres avancées ont été obtenues par les deux syndicats, rapporte-t-on à la FNSEA. Concernant le plan Ecophyto, le Premier ministre aurait accepté que la question des indicateurs soit rediscutée, et que le niveau des sanctions financières liées au CEPP soit revu à la baisse de manière expérimentale, durant trois ans. Concernant les installations classées (ICPE), le seuil du régime d'autorisation pourrait passer de 400 à 800 emplacement en viande bovine, et de 200 à 400 en vaches laitières. Par ailleurs, le régime de déclaration « avec contrôle périodique » pourrait être supprimé. Enfin un « comité d'élaboration des normes » devrait voir le jour, qui examinera les effets des nouvelles réglementations touchant l'agriculture, réunissant les cabinets de plusieurs ministres, l'administration, un préfet coordinateur et la profession.

X. Beulin salue les mesures, appelle au calme mais pas à l'arrêt de la mobilisation

Lors d'une conférence de presse le 17 février, le président de la FNSEA, Xavier Beulin, a salué les baisses de charges annoncées par le Premier ministre, notant qu'elles avaient « une portée immédiate et dans le temps », et qu'elles permettaient aux agriculteurs français, sur le plan des charges sociales, « de revenir dans les moyennes de nos voisins européens ». Alors que le Premier ministre a demandé dans l'hémicycle la fin des manifestations, le président de la FNSEA s'est contenté d'appeler les agriculteurs « au calme » et à « la mesure », mais pas à la fin de mobilisation.

A la suite d'un conseil d'administration de la FNSEA ce 18 février, la centrale syndicale a salué dans un communiqué "les réponses structurelles importantes annoncées hier, en rapprochant le niveau des charges sociales dues par les agriculteurs de celui nos voisins européens, ou en s’attaquant aux normes qui plombent l’activité des agriculteurs français. C’est enfin la reconnaissance et la prise en compte d’un défaut de compétitivité de l’agriculture française."
Cependant, la FNSEA rappelle que "les agriculteurs attendent aussi des réponses sur les prix de leurs produits" et indique rester "d’une extrême vigilance" à tous les niveaux, à savoir :
- au niveau des négociations commerciales qui se déroulent jusqu’au 29 février entre les enseignes de la grande distribution et leurs fournisseurs ;
- au niveau européen pour par le mise en oeuvre de mesures concrètes de gestion de crise (étiquetage sur l’origine des produits carnés transformés, traitement des conséquences de l’embargo russe) ;
- au niveau français enfin pour qu'à l'occasion du Salon de l'agriculture (qui ouvre ses portes la semaine prochaine), l'évènement "ne se transforme une nouvelle fois en concours de beauté politique".

 

A TELECHARGER : LE POINT SUR LES REVENDICATONS ET LES AVANCEES OBTENUES

 

Questions de paysans aux politiques

La FNSEA pose des questions aux élus politiques et attend leurs réponses

Mesdames et Messieurs, femmes et hommes politiques, vous avez l’intention de venir au Salon de l’agriculture, très bien ! Mais avant de venir posez-vous les bonnes questions. Nous attendons vos réponses !
o Les écarts se creusent au sein de l’Europe, la défiance s’accroit : quelles initiatives envisagez-vous pour relancer une politique qui soutienne l’agriculture, l’alimentation et la vitalité des territoires ruraux en Europe ?
o Les consommateurs et les paysans exigent un étiquetage clair et loyal de l’origine des produits, bruts comme transformés, vendus au détail comme servis en restauration. Soutenez-vous cette demande ?
o Des règles qui changent chaque année, des contraintes de moins en moins lisibles, une paperasserie de plus en plus abondante… Que comptez-vous faire pour enrayer cette machine infernale ?
o Etes-vous prêts à faire bouger les lignes pour rééquilibrer le rapport de force au sein de la chaine alimentaire en faveur des producteurs ?
o Quels outils de gestion des risques proposez-vous pour faire face à l’ampleur des aléas en agriculture : volatilité des prix, risques climatiques et sanitaires ?
o Le poids des normes accroît les distorsions, tue l’envie d’agir et de construire. Comment casser cette spirale ?
o Face au changement climatique, le recours au stockage de l’eau est une question de bon sens. Comment comptez-vous favoriser des projets d’irrigation durables ?
o La présence des loups et autres prédateurs menace l’élevage et le pastoralisme. Quelles solutions préconisez-vous pour une régulation des grands prédateurs ?
o Quelles sont vos propositions pour endiguer l’artificialisation galopante des terres agricoles ?
o Le compte pénibilité est inapplicable dans des Très Petites Entreprises non pourvus de DRH ! Que proposez-vous : l’adapter, le reporter, le supprimer ?
o Le salaire horaire est de 6 € en Espagne, de 8 € en Allemagne et de près de 10 € en France. Quelles solutions préconisez-vous pour limiter les effets de ce dumping social ?