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Agronomie

L’Agglo de Montélimar s’investit dans la transition agroécologique

Dans le cadre de son Projet territorial alimentaire, Montélimar Agglomération a organisé une rencontre autour de la santé des sols sur la ferme de Maxime Albrand, agriculteur à La Laupie.

Par Morgane Eymin
L’Agglo de Montélimar s’investit dans la transition agroécologique
©ME-AD26
Des élèves de la MFR de Divajeu ont participé à cette matinée technique.

Sur vingt-sept municipalités, l’agglomération de Montélimar regroupe vingt communes soumises à la directive nitrates*. En pleine zone vulnérable (voir encadré), La Laupie doit limiter les fuites de nitrates vers les eaux de surfaces et souterraines et donc respecter certaines obligations, comme l’implantation de cultures intermédiaires pièges à nitrates (Cipan). Rien de nouveau sous le soleil pour Maxime Albrand puisque son père plantait déjà des couverts végétaux avant son installation en 2010. Toutefois, l’agriculteur de 36 ans a relevé plusieurs problématiques similaires à celles de nombreux autres exploitants agricoles : difficulté d’accès à l’eau, amplitudes des températures, assimilation des éléments, érosion… Pour lever les freins à la production, il a pu compter sur l’intervention d’Aurore Magnon, ingénieure agronome à la tête de l’entreprise AM Format conseil 26, et d’Élodie Detchenique, formatrice au sein de la société Bio 3 G. Une rencontre financée par l’agglomération de Montélimar qui souhaite « développer des actions sur la transition agroécologique » et « redynamiser l’agriculture du territoire ».

Diagnostic du sol

Installé avec son père sur 120 hectares, Maxime Albrand possède des parcelles éclatées sur trois communes pour produire principalement des semences, du lavandin et des grandes cultures. En guise d’introduction à la matinée, Élodie Detchenique a rappelé que « 90 % de notre alimentation dépend du sol ». Pour réaliser le diagnostic, un trou d’un mètre cinquante de profondeur a été creusé. Les participants ont pu à l’œil nu tracer trois horizons suivant la couleur de la terre. En tapant sur les différentes zones, le son permet d’établir si la terre est compacte ou poreuse. La compaction a aussi été évaluée grâce à la présence de radicelles présentes jusqu’à 80 centimètres de profondeur. Étape suivante, le taux de matière organique (MO) dans la terre. Manque de chance, l’échantillon de terre des deux premiers horizons, arrosé d’un peu d’eau oxygénée, ne mousse pas. L’analyse en laboratoire confirme cette observation : 1,6 % de MO pour 4 500 tonnes de terre par hectares !

Pour augmenter la MO, Élodie Detchenique et Aurore Magnon mettent en avant plusieurs leviers. L’implantation de couvert complexe avec trois à quatre espèces différentes permet de favoriser la vie microbienne du sol. La parcelle examinée possède une caractéristique qui n’est pas en sa faveur, il s’agit du potentiel hydrogène (pH). Avec un pH de 8,9, la chaux ne peut rien pour la parcelle. Par contre, « plus vous boostez la photosynthèse, plus il y aura de l’activité biologique », ont souligné les intervenantes. Élodie Detchenique a préconisé un apport conséquent de compost (vingt à trente tonnes) pour redynamiser la vie micro-organique du sol.

Se faire accompagner

Maxime Albrand a été étonné de l’efficacité de son couvert de moutarde. « Je ne pensais pas, étant donné qu’il fait à peine vingt centimètres, que mon couvert fonctionnait, a témoigné l’agriculteur. C’est intéressant de voir ce qu’il y a dans notre sol. Je vais sûrement changer de type couvert. Pour le fumier, c’est plus compliqué d'en obtenir. » À la fin de la visite, un de ses confrères venu de Châteauneuf-du-Rhône a demandé conseil aux intervenantes. « J’ai un sol acide et je travaille sur la matière organique mais je ne sais jamais si je fais ce qu’il faut. Je broie parfois des couverts énormes sans savoir quoi en faire. C’est compliqué de tout gérer et d’avoir ce type d’expertise. Pour moi, l’implantation reste compliquée car j’ai pas mal de problèmes d’enherbement », a expliqué l’agriculteur. Des questionnements qui illustrent toute l’importance de l’accompagnement de la collectivité et de l’expertise d’organismes et d’entreprises spécialisées comme Bio 3G ou AM Formation conseil 26.

À noter, Montélimar Agglomération organise deux prochaines rencontres : le 4 décembre avec les fédérations des Cuma Drôme-Ardèche pour un banc d’essais moteur, chez Benjamin Planchon à Sauzet ; et le 10 décembre avec la Chambre d’agriculture et le Civam de la Drôme à Condillac sur la santé des sols à Spirales de Lux.

* La directive nitrates concerne : Bonlieu-sur-Roubion, Charols, Cléon-d'Andran, Condillac, Espeluche, La Bâtie-Rolland, La Laupie, Manas, Marsanne, Montboucher-sur-Jabron, Montélimar, Portes-en-Valdaine, Puygiron, Puy-Saint-Martin, Roynac, Saint-Gervais-sur-Roubion, Saint-Marcel-lès-Sauzet, Sauzet, Savasse et La Touche.