La Chambre d’agriculture de la Drôme définit sa stratégie 2025-2030
Chambre d'agriculture / Alors que le monde agricole traverse des mutations inédites, la Chambre d'agriculture de la Drôme présente son projet stratégique 2025-2030. Objectifs : soutenir les agriculteurs, renforcer la résilience des exploitations et des territoires, et construire une agriculture durable, innovante et adaptée aux enjeux de demain.
À l'heure où l’agriculture se transforme à grande vitesse, entre aléas climatiques, pression économique et attentes sociétales grandissantes, la Chambre d'agriculture de la Drôme a dévoilé son projet stratégique 2025-2030, lors de sa session organisée le 28 novembre à Bourg-lès-Valence. « Une feuille de route ambitieuse, façonnée depuis neuf mois par les réalités du terrain et par la volonté d’accompagner chaque agriculteur tout au long de la vie de l'exploitation, a indiqué Jean-Pierre Royannez, président. Un projet pour tracer les voies d’avenir d’une agriculture confrontée aux mutations démographiques et technologiques ainsi qu’aux transitions climatiques. Notre action sera résolument orientée vers le soutien à la viabilité des exploitations et à la création de valeur afin que la Drôme reste le premier département agricole d’Auvergne-Rhône-Alpes. »
Une relation de proximité revendiquée
Tour à tour, plusieurs élus de la Chambre d'agriculture ont présenté les cinq axes du projet stratégique. L’une des priorités consiste à renforcer la relation avec les agriculteurs, au plus près de leurs besoins. Car derrière chaque installation, chaque transmission ou chaque diversification se cache une histoire singulière, souvent jalonnée d’investissements lourds et de choix à opérer. Ainsi, la Chambre d'agriculture de la Drôme veut devenir un partenaire de confiance, capable de comprendre les attentes, de sécuriser les trajectoires et d’offrir un accompagnement sur mesure tout au long de la vie de l’exploitation. La montée en compétences, enjeu central dans un secteur en mutation technologique permanente, sera également renforcée.
Retrouver des marges
Dans de nombreux territoires, la question n’est plus seulement de produire mais de continuer à produire, soutient la Chambre d'agriculture. Les filières doivent retrouver des marges, les exploitations doivent pouvoir vivre de leur travail, et les zones les plus fragiles doivent rester des espaces agricoles vivants. L’accompagnement proposé vise à soutenir les projets créateurs de valeur, qu’ils soient portés par des filières traditionnelles ou émergentes. La filière biologique continuera d’être accompagnée en cohérence avec la demande du marché, tandis que l’institution entend renforcer son engagement en faveur de systèmes alimentaires plus équitables et plus ancrés dans leur territoire.
Vers des systèmes plus résilients
Autre enjeu, la réalité du changement climatique que les agriculteurs connaissent mieux que quiconque. Sécheresses, épisodes extrêmes, pression hydrique, évolution des ravageurs : les défis ne sont plus théoriques. Le projet stratégique de la Chambre d'agriculture mise donc sur un accompagnement renforcé vers des systèmes plus résilients, où la performance économique reste compatible avec des transitions maîtrisées. L’eau devient un axe majeur de travail, tout comme le retour à une agronomie plus structurante, au cœur de la consolidation des systèmes agricoles.
Veille et transfert d’innovations
Dans un monde agricole où les technologies avancent rapidement, l’innovation touche aussi bien les pratiques culturales que l’organisation du travail ou l’usage du numérique. La Chambre d'agriculture de la Drôme veut se positionner comme un acteur moteur de la veille et du transfert d’innovations, afin que les agriculteurs puissent bénéficier de solutions opérationnelles. Autrement dit, développer l’usage des solutions numériques au service des exploitations.
Être la voix de l’agriculture
Dans le cinquième et dernier axe du projet stratégique, la Chambre d'agriculture veut être la voix de l’agriculture. Cela implique d’entretenir un dialogue constant avec l’ensemble des partenaires et élus, de défendre une vision exigeante du foncier agricole et de mieux faire connaître la diversité des agricultures. Il s’agit de montrer la réalité du terrain, ses réussites, ses transitions et ses engagements.
« Avec ce projet stratégique, nous nous donnons comme ambition d’être l'acteur de proximité qu'attendent les agriculteurs. La tâche est vaste, nos moyens limités mais cela ne doit pas nous freiner », a conclu Jean-Pierre Royannez.
Christophe Ledoux
Réactions au projet stratégique
Invités à réagir sur le projet stratégique de la Chambre d'agriculture, Pierre Barbera, directeur de la DDT 26, Jean-Pierre Gaillard, président du Crédit Agricole Sud Rhône Alpes, Jean Serret, président de l'intercommunalité du Val de Drôme, et Benjamin Aubert, secrétaire général de JA26, ont mis l'accent sur le besoin d'accompagner (notamment lors de l’installation) et représenter la multitude des profils d'agriculteurs. Ils ont également souligné la nécessité d'un accès à l'eau et d'une utilisation optimisée de la ressource pour maintenir les exploitations agricoles et leur permettre de s'adapter. La promotion des innovations - techniques, économiques, sociales - a été mise en avant, à condition de tester leur efficacité localement. « La proximité de la Chambre d'agriculture avec le terrain est un plus pour la recherche et le développement », a-t-il été dit. Encore faut-il que les financements pour l’expérimentation soient maintenus.
Par ailleurs, les quatre intervenants ont estimé indispensable de communiquer davantage vers la société, et notamment les jeunes, afin d'expliquer les réalités du métier d'agriculteur. « Il faut récréer du lien », a-t-il été dit.
C.L.