Bernard Vassal a construit son séchoir à noix
Bernard Vassal plante son premier hectare de noyers en 1990, puis trois de plus en 1992 et trois autres en 2001-2002. En plus, il reprend trois hectares en location en 2005. De 2,5 hectares, le dernier agrandissement remonte à 2010. A présent, 11,5 hectares de noyers (dont 5 ou 6 en production maximale) sont en place, de variété Franquette et en AOP Noix de Grenoble.
Etre patient
Au début, les noix sont séchées chez un autre nuciculteur. « Le problème avec les noix, constate Bernard Vassal, c'est qu'il faut être patient avant d'obtenir la première récolte. Et, pour une installation de séchage, il faut un minimum d'investissement. » En 2005, il construit une première installation avec deux cases, un peu surdimensionnée car, pour l'amortir, il sèche aussi les noix d'autres producteurs. Projetant de développer sa production, il double son installation l'année suivante.
1 400 heures de travail
Pour limiter les frais, au départ, il achète une première laveuse d'occasion puis une deuxième, et un atomiseur en copropriété. La récolte, elle, est réalisée par une entreprise. Construite entre 2005 et 2013, l'installation de séchage est « montée comme un mécano, dit Bernard Vassal. Elle est en aggloméré de 38 millimètres d'épaisseur et a nécessité 1 400 heures de travail à trois personnes. C'est pratique pour modifier, moduler. En plus, cette matière a un bon pouvoir isolant. Moins d'énergie est donc consommée pour le séchage. 55 000 euros ont été investis dans le matériel, les fournitures et un auvent. Ne sont pas comptés la main-d'œuvre ni le bâtiment, déjà existant. »
Une capacité de 50 tonnes
A présent, Bernard Vassal a une capacité de séchage de 50 tonnes (15 hectares de noyers). Les noix de deux autres exploitations y sont aussi séchées, soit 30 tonnes en tout. L'équipement comprend un élévateur, deux laveuses, une table de triage, un séchoir de type Curtis avec trois hauteurs de 12 cases de 3 m³ chacune, trois postes de chauffage et des ventilateurs...
Après séchage, les noix passent dans un séparateur (où un courant d'air éjecte les coquilles vides). Les autres sont reprises par un tapis puis triées à la main, avant d'être dirigées vers la calibreuse. Là, les sous-calibres sont enlevés. Les noix sont ensuite mises en « bigs sacs » pour livraison à Valsoleil. Leur lavage et calibrage sont assurés par trois personnes.
« Un bel exemple, a résumé Jean-Pierre Royannez, vice-président de la chambre d'agriculture, avec un développement progressif des plantations, de l'autoconstruction et du matériel d'occasion pour réduire les coûts. »