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Elevage

Bien gérer l’eau d’abreuvement

Au moment de la mise à l’herbe, l’éleveur doit remettre en place son système d’abreuvement des animaux qui doit assurer une eau de qualité et en bonne quantité.
Bien gérer l’eau d’abreuvement

L'un des éléments essentiels à la production et à la santé d'un cheptel est l'eau. Les animaux d'élevage ont besoin d'eau en quantité et d'une excellente qualité pour exprimer tout leur potentiel sans tomber malade. Si les bâtiments sont généralement bien pensés pour apporter de l'eau d'abreuvement en quantité et de bonne qualité pour les animaux, il est parfois difficile de faire de même sur les zones pâturées. La période de la mise à l'herbe est un bon moment pour porter un regard critique sur son dispositif d'abreuvement pour éventuellement l'améliorer. Les éleveurs le savent, une grande quantité de maladies peuvent se transmettre par l'eau de boisson. Même s'il n'existe aucun texte de loi qui précise des normes de potabilité pour les animaux d'élevage, les GDS utilisent par exemple les recommandations humaines surtout pour ce qui a trait aux normes physico-chimiques. Une consommation d'eau polluée présente plusieurs risques majeurs pour un élevage. D'abord, une action néfaste sur la santé des animaux avec des risques de maladies bactériennes comme la salmonellose, la paratuberculose, des risques de maladies parasitaires comme la grande douve ou le paramphistome, ou encore des risques pour la qualité sanitaire de la production laitière.

Désinfecter les abreuvoirs

S'assurer de la qualité de l'eau d'abreuvement des animaux régulièrement est une étape incontournable, qu'elle provienne du réseau d'eau collectif, d'une source, d'un ruisseau ou d'un forage, car l'eau peut être temporairement ou régulièrement impropre à la consommation des animaux pour diverses raisons (précipitations, pratiques agricoles ou industrielles, pollutions amont, etc.). L'analyse bactériologique de l'eau permet donc de détecter la trace de bactéries d'origine fécale telles les coliformes ou entérocoques qui sont la source de nombreux problèmes de santé comme les diarrhées ou les avortements.
Une fois que l'éleveur s'est assuré de la bonne qualité de son eau, il faut maintenant la garder propre. Aussi, le GDS Rhône-Alpes conseille de nettoyer et désinfecter les abreuvoirs tous les quinze jours. La désinfection peut se faire à raison d'une cuillère à soupe de chlore pour 100 litres d'eau ou il existe des comprimés de chlore pour un dosage plus facile.

Attention au point d'eau naturel

Les grosses chaleurs ou de fortes précipitations entraînant des débordements importants peuvent générer une prolifération bactérienne dans les points d'eau comme les boutasses, ruisseaux, mares, etc. Il est recommandé d'empêcher l'accès à ces points d'eau non contrôlés. Les GDS constatent que les boutasses, par exemple sont régulièrement à l'origine de salmonellose ou de paraturbeculose.
Pour abreuver les animaux au champ, il existe différents dispositifs qui permettent de fournir une eau propre, en quantité et renouvelée au champ.
Les tonnes à eau classiques attelées à un tracteur, équipées d'un bras de distribution d'eau ou montées avec une motopompe permettent de remplir un abreuvoir au champ facilement. Il convient d'estimer correctement la quantité d'eau nécessaire aux animaux sachant qu'une vache laitière peut boire de 60 à 90 litres par jour en fonction de la température extérieure.
Un sous abreuvement diminue la consommation de fourrage et donc la production. De l'eau trop froide ne sera pas consommée en grande quantité par les animaux. Il convient de disposer d'un abreuvoir pour environ 15 bovins ou 30 ovins-caprins, estime le GDS. Le choix de l'abreuvoir varie en fonction du débit souhaité. S'il s'agit d'un abreuvoir à palette, un animal vite rassasié ne créera pas un embouteillage devant l'abreuvoir. Pour les abreuvoirs bac (80 à 120 litres), il convient de l'implanter à un endroit où le nettoyage sera facile. Après le vêlage par exemple, une vache a besoin d'eau en grande quantité pour favoriser la récupération et stimuler la reprise de la digestion. 
C. P.