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Interview de Paul Auffray, président de la Fédération nationale porcine

"Bigard et Cooperl doivent revenir au marché"

Après la suspension des 10 et 13 août, le marché au cadran qui avait été programmé pour le 14 août ne s'est pas tenu, les acheteurs Bigard et Cooperl ont maintenu leur boycott. Réaction de Paul Auffray, président de la Fédération nationale porcine.
"Bigard et Cooperl doivent revenir au marché"

Pourquoi une nouvelle suspension du marché ?

Paul Auffray : "Il y a eu des discussions très tendues entre ceux qui ont une approche technique et ceux qui ont une analyse plus politique de la situation. Finalement il a été décidé de suspendre le marché jusqu'à la tenue de la table ronde annoncée par le ministre de l'Agriculture, lundi prochain, le 17 août."

 

Qu'attendez-vous de cette rencontre ?

PA : "Nous attendons des engagements précis du ministre sur l'allègement des charges, l'abaissement du coût du travail, l'embargo russe et la restauration collective pour qu'elle privilégie les achats de porcs français."

 

Peux-t-on maintenir l'engagement d'achat à 1,40 €/kg ?

PA : "Nous allons tout faire pour qu'il en soit ainsi. En tout cas le prochain marché doit se tenir lundi et les deux opérateurs, Bigard et Cooperl, doivent impérativement revenir."

 

Faut-il faire évoluer le marché au cadran comme le souhaitent certains ?

PA : "Le MPB doit rester la référence publique nationale et ne doit pas être pendu au sort de quelques acteurs. Néanmoins la FNP soutient l'idée que d'autres mécanismes permettant de renvoyer de la valeur ajoutée aux éleveurs peuvent être mis en place rapidement. Ce n'est qu'en arrêtant les guerres de clocher et en oeuvrant collectivement que nous sortirons de cette situation dramatique."

 

Stop à l'intox

Dans un long communiqué, la Fédération nationale porcine déplore l'attitude des abatteurs qui « ont tous les atouts pour valoriser sur le marché intérieur et au juste prix la viande française ». D'ailleurs certains distributeurs se sont engagés en ce sens « à hausser le prix du porc » et « à promouvoir le porc tout l'été pour booster la consommation ». Quant à l'export, la FNP fait remarquer que les opérateurs français « ne sont pas armés pour rivaliser ». La viande espagnole payée par exemple 2 cts de plus à l'éleveur peut arriver en Bretagne 40 cts moins cher. Certes la FNP reconnait le handicap consécutif à l'embargo russe et aux distorsions de concurrence sur les coûts de main-d'œuvre, mais « les éleveurs français n'ont plus les moyens d'absorber les déficits de compétitivité des autres maillons de la filière ». Avant de délivrer un conseil aux entreprises de privilégier le marché intérieur. « Le porc français doit être valorisé à hauteur des exigences françaises. Contentons-nous d'exporter en France ! Certaines régions, les salaisonniers, nos collectivités publiques (armée, écoles, hôpitaux...) sont dépourvus de viande française ! »