Blé dur : les préconisations
L'agriculteur, comme l'organisme stockeur, a intérêt à diversifier ses choix variétaux pour limiter les risques d'accident climatique, et associer points forts et faiblesses des différentes variétés pour la commercialisation. Il faut adapter les variétés au milieu. Type de sol, date prévisionnelle de semis, contraintes désherbage, tolérance aux accidents récurrents sont autant de facteurs qui doivent rentrer en compte dans le choix de la variété. L'observation des résultats sur plusieurs années, mais aussi sur plusieurs essais est essentielle pour un bon choix variétal.
Variétés confirmées
• Miradoux (Desprez, 2007) : productivité moyenne élevée et régulière, d'autant plus que l'on est en sol profond. Ne pas semer trop tôt ! Très sensible à la rouille brune, peu sensible à l'oïdium, protéger impérativement à floraison vis-à-vis de la fusariose. Attention à la verse en conditions favorables. Miradoux fait son rendement avec peu d'épis/m², une fertilité épi et un PMG moyen ce qui lui permet d'être performant dans tous types de milieu. Bonne qualité (peu de moucheture, taux de protéines et mitadin dans la bonne moyenne) avec un très bon jaune, PS satisfaisant, gros grain.
• Babylone (Benoist, 2009) : productivité élevée avec un peu d'irrégularité localement. Plutôt tardive mais ne pas semer trop tôt, peu tolérante au froid hivernal. PS dans la moyenne, très gros PMG. Tolérante aux maladies foliaires, notamment la rouille brune, ainsi qu'à la verse et la fusariose d'épis. Qualité très correcte avec une belle couleur et une teneur en protéines correcte pour son rendement, mais très sensible au mitadinage. Cette variété nécessite une bonne gestion de la fertilisation azotée pour assurer rendement et qualité.
• Karur (RAGT, 2002) : constitue la variété de référence dans la moyenne vallée du Rhône, et notamment dans les situations les plus froides. Bonne fertilité d'épis, état sanitaire dans la moyenne, PS un peu faible. Sa qualité est très correcte, tant la couleur que le mitadinage ou la moucheture. Sa tolérance au froid lui permet d'assurer dans les situations limites.
• Sculptur (RAGT, 2008) : son rendement en fait une variété incontournable mais sa précocité jusqu'en début de montaison en fait une variété risquée, même en semis tardif ! Fertilité d'épis importante et un petit grain. Surveiller la verse, PS dans la moyenne, tolérance faible aux fusarioses sur épis. Qualité moyenne sur tous les critères, avec un plus sur l'indice de brun, un moins sur le mitadinage (protéines un peu faibles) et la moucheture. Nécessite une bonne gestion de la fertilisation azotée et de la protection contre les maladies.
• Alexis (Eurodur, 2010) : productivité tout juste moyenne et très régulière entre lieux et années. Demi tardive à semer tôt, tolérance au froid assez bonne. Composantes de rendement équilibrées, PS moyen, bonne tenue de tige. Plutôt tolérante aux maladies foliaires, septoriose et rouille brune, mais présente une sensibilité à la rouille jaune, sa tolérance à la fusariose est moyenne avec une sensibilité à l'accumulation de DON. Belle couleur (classée BDC) et bon comportement vis-à-vis de la moucheture, protéines un peu faibles mais peu sensible au mitadinage.
• Fabulis (LG, 2011) : demi précoce à semer en 2ème partie des semis avec une tolérance au froid qui n'était pas des meilleures en 2012. Très gros grain sur un épi de fertilité moyenne, faible sur rouille brune et septoriose mais bon comportement vis-à-vis de l'oïdium et de la fusariose sur épis. Très beau jaune (classée BDC), un peu faible vis-à-vis de la moucheture, avec un plus sur le couple protéines – mitadin, très gros grain et bon PS.
Variétés récentes
• Anvergur (RAGT, 2013) : confirme en 2015 sa très bonne productivité observée en 2014. Demi précoce à l'épiaison, peu tolérante au froid hivernal, à semer en milieu de période. Peu sensible à la septoriose, sensibilité moyenne pour la rouille brune, peu sensible à la rouille jaune mais assez sensible à l'oïdium et aux fusarioses sur épis et à la production de DON. Variété équilibrée qui fait son rendement avec peu d'épis mais avec une bonne fertilité d'épi et un PMG moyen ce qui lui permet de s'adapter aux sols filtrants et superficiels. PMG moyen, teneur en protéines un peu faible, peu de mitadinage, indice de jaune élevé, PS moyen. Pas de problèmes particuliers de moucheture.
• Tablur (RAGT, 2011) : bien classée en moyenne mais pas du tout adaptée aux situations à faible réserve utile, même sous irrigation. Demi précoce pour des semis normaux, assez tolérante au froid, bonne tenue de tige. Composantes proches de celles de miradoux, surveiller attentivement la rouille brune. Qualité homogène avec une faiblesse sur le mitadinage, liée à une faible teneur en protéines, PS d'un bon niveau. Protéger impérativement contre la fusariose pour limiter l'expression des mycotoxines.
• Qualidou (Desprez, 2012) : variété demi précoce pour des semis à date normale. Tolérance moyenne au froid, Tenue de tige tout juste moyenne. Une bonne tolérance globale aux maladies (rouille brune notamment), sensibilité moyenne à la fusariose d'épis. Gros grain, bon PS, teneur en protéines moyenne, faiblesse sur le mitadinage.
• Floridou (Desprez, 2012) : variété avec une productivité très bonne en sols profonds. Tardive, à semer en milieu de période. Fusariose et DON : dans la moyenne, attention à la septoriose, assez bon comportement vis-à-vis de la rouille brune, tenue de tige un peu faible. PMG dans la moyenne, une inquiétude sur la protéine qui est faible et le mitadinage associé, PS un peu faible. Nécessite une bonne gestion de la fertilisation azotée.
• Nobilis (Limagrain, 2014) : variété régulièrement productive. Assez peu sensible aux maladies du feuillage (hormis l'oïdium), elle est moyennement sensible à la fusariose. Cependant mis à part des critères de qualité sur la couleur, cette variété présente des défauts qualitatifs marqués : elle est sensible à la moucheture et au mitadinage et a une teneur en protéines assez faible.
• RGT Musclur (RAGT, 2014) : assez bonne tolérance aux maladies du feuillage. Ses résultats en qualité technologiques sont contrastés : bonne tolérance à la moucheture mais forte sensibilité au mitadin, une teneur en protéines faible et un PS en retrait.
• Pastadou (Florimond Desprez, 2014) : variété demi tardive avec une productivité moyenne. Assez bonne tolérance aux maladies du feuillage, notamment vis de la rouille brune et de la rouille jaune. Bons résultats en couleur, mais elle est assez sensible au mitadinage et est sensible à la moucheture.
Variétés nouvelles
• Casteldoux (FLORIMOND-DESPREZ 2015) : c'est la seule inscription en zone sud en 2015. Elle est demi tardive à demi précoce et réalise un très bon score cette année en se positionnant parmi les plus productives en sols profonds comme en sols superficiels. Elle fait également partie des variétés qui ont un très bon comportement aux maladies du feuillage avec un rendement en non traité très élevé malgré la forte pression de rouille brune. Elle est assez tolérante au mitadin et à la moucheture et malgré un indice de brun assez élevé, elle semble être appréciée par les transformateurs. Ses teneurs en protéines sont corrects vis-à-vis de son niveau de rendement et ses PS sont dans la moyenne.
• Haristide (Caussade semences 2015) : cette variété est une inscription nord non testée dans le sud de la France. Cette variété demi précoce est productive en zone nord, elle est assez sensible à la rouille brune et sensible à la moucheture.
• RGT nomur (RAGT 2015) : cette variété est une inscription nord dans le créneau des variétés tardives. Elle réalise un mauvais score en 2015 (8 % en dessous de miradoux). Elle est globalement sensible aux maladies du feuillage en étant notamment sensible à la rouille brune. Elle est peu sensible à la moucheture mais sensible au mitadin avec une teneur en protéines en retrait par rapport à son niveau de productivité.
• RGT izalmur (RAGT 2015) : cette variété est une inscription nord dans le créneau des variétés tardives. Comme RGT nomur, elle réalise un mauvais score en 2015 (9 % en dessous de mirradoux). En revanche, elle a un bon comportement face aux maladies du feuillage et une note fusariose des épis intéressante. Elle est peu sensible moucheture et mitadin et ses teneurs en protéines sont relativement élevées liées à sa productivité faible.
Yves Pousset –
Arvalis-Institut du végétal