CDC : le nouveau silo de Chabeuil opérationnel

En juillet 2013, la coopérative Drômoise de céréales (CDC) mettait en service son silo bio quartier Barrachines à Chabeuil puis, début 2014 en prolongement de celui-ci, son usine d'aliment, elle aussi bio. Sur ce même site, elle vient de terminer une deuxième tranche de travaux : celle d'un nouveau silo destiné aux céréales produites en culture conventionnelle. Avec ses 31 cellules à grains s'ajoutant aux 29 déjà existantes, la capacité de stockage est portée à 46 000 tonnes. Ainsi, la cadence de réception de tous types de production peut désormais être triplée.
« Il aura fallu huit ans pour arriver à poser la première pierre et onze pour en achever la construction. Un parcours du combattant », a rappelé le président de la CDC, Christian Veyrier, lors de l'inauguration de ce site, le 8 juin. Pour ces équipements, la coopérative a choisi un terrain de 23 hectares éloigné des habitations afin d'éviter des problèmes de voisinage. Seuls quatre hectares sont actuellement affectés aux deux silos et à l'usine. Le reste conserve une utilisation agricole, dont une partie sous forme de verger expérimental.
Des installations au top
Cet outil fait appel « à toutes les solutions permettant de répondre aux nouvelles contraintes de nos marchés », a expliqué le directeur de la CDC, Christophe Pelletier : traçabilité totale, conservation des récoltes sans insecticides, débits adaptés aux nouveaux matériels de récolte. Le tout repose sur une base solide. « Pour cela, il a été fait recours au maximum à la gravité, aux techniques de ventilation renforcée et à la construction métallique permettant un nettoyage optimal. » Les deux silos se ressemblent et ont, chacun, une capacité avoisinant les 20 000 tonnes (cellules de 1 600 à 50 tonnes). Sauf que celui dédié aux productions conventionnelles est complété par une cellule de 5 500 tonnes. Et celui réservé au bio a une capacité de séchage adaptée à son activité (séchoir de 2 000 points et 14 bouches de séchage en bennes).
L'usine bio, elle, avait été conçue pour les seuls besoins des élevages de la coopérative Valsoleil avec une capacité annuelle de production de 10 000 tonnes. Son activité a rapidement progressé. Elle atteint à présent 25 000 tonnes « grâce au partenariat avec Bioseal (ex-établissements Barnier), obligeant chaque année à engager de nouveaux investissements ». Ainsi, 400 000 poules, 250 000 poulets et une grande partie des laitières bio de la région sont nourris avec de l'aliment provenant de cette usine et incorporant des céréales fourragères produites dans la zone.
Plus de 13 millions d'euros ont été investis dans ce projet, dont 8,5 pour la partie silos et 4,7 dans l'usine. Il a bénéficié d'aides du Département, de la Région, de l'Union européenne, de l'Agence Bio et, pour le silo bio uniquement, de l'Agence de l'eau : 2,174 millions d'euros au total (1,028 pour l'usine et 1,146 pour le silo bio), soit 17 % de la dépense. Les 83 % restant sont assurés par des prêts bancaires et de l'autofinancement.
Accroître la capacité de l'usine
« C'est l'un des outils les mieux adaptés de France, a encore observé le directeur de la CDC. Sans la ténacité de tous, il manquerait cruellement au tissu économique agricole de notre région. » Et là, il a fait référence à l'objectif de la nouvelle loi sur l'alimentation : 20 % de production bio dans la restauration collective d'ici trois ans. Un objectif qu'il a qualifié de « non atteignable au niveau des élevages sans cet outil ». Et, même avec celui-ci, « ce ne sera pas envisageable sans un nouvel effort d'investissement de près de 2 millions d'euros à engager dès que possible afin de porter la capacité annuelle de l'usine à 45 000 tonnes ». Ce projet s'inscrit dans un cadre plus global, « Agro bio performance », porté par des coopératives pour répondre à la loi sur l'alimentation. « L'enjeu, a poursuivi Christophe Pelletier, est de donner à notre région les moyens techniques de répondre économiquement aux exigences que va générer cette nouvelle loi en termes de coût et prix de revient. »
Côté élus, le vice-président du Département en charge de l'agriculture, André Gilles, et la députée Célia de Lavergne ont félicité les responsables de la coopérative pour ces installations performantes. Ils ont aussi salué les millions d'euros investis dans l'économie locale et les élus qui ont accompagné ce projet. « Ce site n'a rien à envier à la Beauce », a noté le premier. Ces deux silos et cette usine d'aliment sont « un maillon d'une vision intégrée de la chaîne qui permet une maîtrise des flux et une traçabilité pouvant être valorisée en agriculture biologique », a souligné la seconde, avant de redire son attachement au modèle coopératif.
Annie Laurie
Chiffres clés de la CDC
2 400 adhérents et 40 salariés.300 000 tonnes de collecte (près de 50 % en maïs, 25 % en blé, le reste en autres céréales à paille, protéagineux et oléagineux).
35 silos (de Manthes, au nord, à Puy-Saint-Martin, au sud) et 275 000 tonnes de capacité de stockage.
Une usine d'aliment bio à Chabeuil.
Des capacités de stockage dans des silos fluviaux au Pouzin, à Portes-lès-Valence et Vienne ainsi qu'en façade méditerranéenne à Port-Saint-Louis-du-Rhône et Sète.
70 millions de chiffre d'affaires.