Céréales : lancement d’un observatoire de la qualité sanitaire
«Hypérion est l'outil de mutualisation des analyses de contaminants de toute la filière céréalière, qui vient renforcer le plan de surveillance sanitaire des céréales (PSSC) initié avant 2000 », a expliqué Pierre-André Masteau, président de l'Irtac. Un portail web sécurisé, développé avec l'institut technique oléagineux Terres Inovia, permet désormais une saisie et une consultation en ligne des résultats. Hypérion offre à l'opérateur un accompagnement par rapport aux obligations réglementaires en termes de sécurité sanitaire, une aide à la réalisation de son plan de surveillance. L'observatoire vise à maîtriser les coûts, grâce à des analyses ciblées, des mises en commun. C'est aussi un moyen de positionner de façon anonyme ses résultats d'autocontrôle comparativement aux données de toute la filière. « Hypérion comble certains manques du plan de surveillance sanitaire des céréales, a estimé Vincent Magdelaine, directeur de Coop de France métiers du grain. L'utilisation d'outils en ligne constitue un plus au niveau saisie, transmission automatique des données, ergonomie, avec un retour plus rapide et en continu. »
Montée en puissance
Cet observatoire concerne la filière céréalière allant de la semence à la deuxième transformation, y compris les organismes stockeurs, meuniers, amidonniers, fabricants d'aliments du bétail... Une liste indicative des contaminants visés, chimiques ou biologiques, est définie par un comité de pilotage.
« Au-delà de l'intérêt d'Hypérion pour l'entreprise, il y a celui de défendre auprès des autorités européennes et françaises des seuils réglementaires réalistes et cohérents », a souligné Pierre-André Masteau.
Dès avant 2000, un plan de surveillance sanitaire des céréales a été mis en place à l'initiative des organisations professionnelles de la filière. Il a permis de constituer une base de données relative aux contaminants (mycotoxines, produits phytosanitaires, éléments traces métalliques, etc.), avec une vraie montée en puissance à partir de 2005. « En dix ans d'existence, le nombre annuel d'échantillons mis à contribution a plus que doublé, a noté Ludovic Chanut, en charge d'Hypérion au sein de l'Irtac. Le nombre d'analyses saisies chaque année a plus que triplé », tutoyant la barre des 150 000 par an.
En proposant de nouveaux outils, l'ambition est de faciliter l'accès au dispositif et ainsi d'accroître le nombre d'opérateurs participants. La mise en place d'un portail web doit y contribuer, celui-ci étant développé en commun avec Terres Inovia (ex-Cetiom) et l'Iterg (Institut des corps gras) pour le plan de surveillance des oléagineux (PSO). Jusqu'ici, les opérateurs transmettaient leurs résultats sous forme de fichier tableur. Un rapport individuel leur était ensuite remis en fin de campagne.
Ils étaient jusqu'ici 150 à souscrire au PSSC, des meuniers pour la plupart. L'adhésion à Hypérion est fixée à 250 euros par an, dans le but d'encourager la contribution des opérateurs.
(1) Institut de recherches technologiques agroalimentaires des céréales.