Accès au contenu
MOISSONS

Céréales : satisfaisant dans le sud, décevant dans le nord

Alors que la récolte de blé va bientôt se terminer, les principaux acteurs en céréales dressent un premier bilan de la récolte 2016, plutôt meilleur que ce que l’on avait imaginé, hormis pour le blé dans le nord de la région où la récolte est très décevante.

Céréales : satisfaisant dans  le sud, décevant dans le nord

De bons rendementsen orge

La récolte des orges est quasiment terminée sur l'Isère mais aussi le Rhône et les deux Savoie, zones de collecte de La Dauphinoise. « Nous avons atteint les objectifs et même un peu mieux », se félicite Louis Antin, responsable collecte de la coopérative. Le rendement, assez homogène, devrait se situer entre 58 et 60 quintaux/ha. « Il nous reste quelques parcelles à récolter en altitude dans le Triève », précise Louis Antin. Le poids spécifique s'élève en moyenne à 66 kg/hl. Dans la Loire, le rendement est très satisfaisant, jusqu'à 50 quintaux/ha : « ce qui est exceptionnel dans le département », note Jean-Louis Bildermann, responsable de la coopérative Eurea. En revanche, le poids spécifique est plutôt faible variant de 55 à 68 kg/hl, pour une moyenne qui devrait se situer autour de 61. Une situation qui s'explique par le contexte climatique et notamment la succession d'épisodes pluvieux et de chaleurs. En Drôme, la récolte est achevée. Le rendement est bien meilleur que l'an passé (+ 15 % ), « qui n'était cependant pas une grosse année », rappelle Christophe Pelletier responsable agronomique de la Drômoise de Céréales.
Le poids spécifique moyen avoisine les 67. Dans l'Ain et en Saône-et- Loire, les rendements sont jugés « passables » par la coopérative Terre d'Alliances, avec toutefois des écarts selon les zones.


Une récolte satisfaisante en colza


Sur les trois zones de récolte de la Dauphinoise (plaine de Lyon-Eyrieux, plaine de Bièvre et vallée du Rhône), les résultats sont assez homogènes en colza. À ce jour, (NDLR : entretien réalisé lundi 18 juillet), la récolte était réalisée à 70%, malgré la perturbation liée à la pluie tombée la semaine dernière. Le rendement oscille selon les zones entre 24 et 45 q/ha pour une moyenne qui devrait se situer autour de 32 ou 33 q/ha. Dans la Loire, les surfaces de colza sont assez confidentielles mais les rendements sont bons : 30 q/ha « contre 22 ou 23 habituellement », confie Jean-Louis Bildermann. Satisfaction aussi dans la Drôme où le rendement est en progression de 10 % suite à un bon cycle de végétation et une floraison qui s'est déroulée dans de bonnes conditions. La qualité est jugée « très correcte » par Christophe Pelletier.
Chez Terre d'Alliances, le colza est plutôt la bonne surprise avec des rendements bons voire très bons sur certaines parcelles ; à l'exception de quelques zones qui sont restées trop longtemps noyées sous les eaux.


La récolte de blé en cours d'achèvement


« Nous avons eu quelques parcelles versées mais ça ne représente qu'une petite partie en volume », note Louis Antin de La Dauphinoise. Un quart de la production avait été récolté avant la pluie de la semaine dernière avec un taux de protéines de 11,5 % ou 11,6 % et un poids spécifique d'environ 78. Le bilan est donc pour l'heure plutôt satisfaisant « mais attention, avec la reprise de la récolte suite à la pluie (15 à 45 mm), nous aurons de bonnes et de moins bonnes surprises. Il ne devrait pas y avoir de souci dans les zones où la maturité n'était pas trop avancée. En revanche, on peut perdre 2 à 4 points en poids spécifique sur les parcelles où la maturité était déjà bien avancée. Restons prudents », estime le responsable, par ailleurs pas inquiet pour les valeurs en protéines ni sur l'état sanitaire. En blé dur, la coopérative, qui produit 2 000 tonnes, compte sur des rendements de 57 à 58 q/ha avec une bonne qualité de grains. Dans la Loire, le blé avait soulevé des inquiétudes mais les rendements sont finalement bons, supérieurs à 100 q/ha dans la plaine ; les zones de montagne restant à récolter ; avec un poids spécifique moyen situé entre 78 et 80 q/ha. En revanche, le taux de protéines est plutôt faible, « une conséquence du fort rendement, justifie Jean-Louis Bildermann. On allotera en fonction de la teneur en protéines ».

Dans l’Ain et la Saône-et-Loire, la récolte de blé est jugée très décevante en quantité comme en qualité.©UE
La coopérative ligérienne n'est pas inquiète pour la qualité sanitaire malgré quelques parcelles versées. En Drôme, hormis quelques épisodes de grêle, parfois dévastateurs mais très localisés, le département est passé au travers de problèmes climatiques majeurs. Il reste simplement à récolter les zones les plus tardives dans le nord. La coopérative enregistre une progression de 5 % de son rendement en blé par rapport à 2015 mais avec de grosses variations (45 à 90 q/ha) : « car les terres de Drôme sont très hétérogènes, rappelle Christophe Pelletier. Nous avons des rendements supérieurs à la moyenne sur les petites terres grâce à une pluie régulière et à l'absence d'épisode caniculaire en juin. Nos teneurs en protéines sont bonnes et le poids spécifique dans la norme, autour de 80. »
Dans l'Ain et en Saône-et-Loire en revanche, la récolte en cours est considérée comme très décevante. « Plus on remonte au nord, moins la situation est bonne », analyse le président de Terre d'Alliances, Thierry Josserand. « Nous sommes déçus en quantité et en qualité. Seule la teneur en protéines est satifaisante ». Les causes sont à trouver dans les conditions météo : un hiver trop doux, des gelées au mois de mars sur certaines varitétés et un printemps trop pluvieux.