Combiner plusieurs méthodes pour lutter efficacement contre le campagnol
Les campagnols, mammifères rongeurs herbivores, se nourrissent principalement de racines, du végétal des plantes et écorcent le collet des arbres fruitiers, suivant l'espèce rencontrée : campagnol terrestre, campagnol des champs ou provençal. Ils peuvent manger l'équivalent de leurs poids chaque jour (80 à 180 g pour le campagnol terrestre). En cas de pullulation, cela engendre une perte économique non négligeable sur les parcelles et influe sur l'autonomie fourragère de la filière élevage. L'arrêté inter-ministériel du 14 mai 2014 relatif au contrôle des populations de campagnols nuisibles aux cultures, fixe les modalités réglementaires pour l'utilisation de la bromadiolone, l'organisation de la lutte et son encadrement. Cet arrêté définit les mesures de surveillance et les méthodes de lutte à mettre en place pour limiter leur population, le type de produits utilisables, la traçabilité des produits et les conditions d'utilisation des appâts. La Fredon, organisme à vocation sanitaire (OVS) au niveau végétal, met en place un programme d'action lié à cet arrêté et doit l'intégrer au schéma régional de maîtrise des dangers sanitaires (SRMDS). La mise en place d'un programme d'action se fait également à travers les contrats de lutte initiés pour intégrer la notion d'engagement des agriculteurs et renforcer la dimension de lutte collective. La signature d'un contrat engage l'exploitation dans la lutte raisonnée contre le campagnol pour une période de cinq ans, soit le cycle pluriannuel de pullulation. Le réseau accompagne les agriculteurs engagés.
Le campagnol sous surveillance
La lutte contre les campagnols n'est efficace qu'en basse densité. L'application de traitement est donc interdit si la parcelle comptabilise plus de 33 % d'indices de présence. La quantité d'appâts à l'hectare est fixée à 7,5 kg maximum. Des obligations administratives sont à mettre en œuvre, de la surveillance à la déclaration de traitement et traçabilité du produit. Les produits chimiques ne peuvent à eux seuls permettre de lutter efficacement contre les campagnols. C'est la combinaison de plusieurs méthodes qui est efficace. Les agriculteurs doivent également connaître et maîtriser les méthodes de lutte alternative en sachant observer et analyser les indices de présence des campagnols. La Fredon forment les agriculteurs à mettre en place les méthodes de lutte raisonnée sur leur exploitation. Par ailleurs, elle est impliquée dans la surveillance et anime le réseau d'observateurs qui suit l'évolution des populations de campagnol et de taupe et repère les premiers signes de démarrage de pullulations. Ces notations communales, au minimum de deux par an, sont réalisées au printemps et à l'automne, selon la méthode du scoring communal, puis une cartographie est établie. Ces observations facilitent la mise en œuvre de la lutte à basse densité. Pour lutter contre ce prédateur, des zones pilotes sur la lutte collective raisonnée contre les dégâts des campagnols ont vu le jour en 2014. L'objectif est de proposer aux agriculteurs une boîte à outils, composée de moyens de lutte directe et indirecte, à mettre en place sur leur exploitation pour une durée de 3 à 5 ans. Autres actions : les notations sur des parcelles de référence. Les techniciens du réseau suivent 42 parcelles réparties sur cinq départements, sur différentes cultures et sur les trois espèces de campagnols. Elles sont observées au printemps et à l'automne et durant plusieurs années. Elles permettront de suivre l'évolution du cycle du campagnol pour mieux le comprendre et anticiper les pics de pullulation.
Fredon-FDGdon Rhône-Alpes
Pour en savoir plus, allez sur le site : www.fredonra.com.
Témoignage : « Seul on ne peut rien faire »
Jacques Mejean, éleveur laitier sur la commune de Coucouron en Ardèche, exploite 75 ha. Il doit faire face à de grosses pertes de récolte sur les prairies de fauche dues à la présence du campagnol terrestre. « Sur certains secteurs, il n’y a presque plus d’herbe. Notre matériel s’use beaucoup plus vite et le foin est plein de terre, ce qui n’est pas appétant pour nos vaches. Par ailleurs, dans l’enrubannage, la présence de terre augmente le risque butyrique, ce qui engendre des pénalités et donc la baisse du prix du lait. Il y a un réel enjeu économique. Nous luttons comme nous le pouvons mais on s’épuise vite et les résultats ne sont pas à la hauteur du temps investi dans la lutte », commente-t-il. Alors, l’éleveur a fait le choix d’adhérer à la FDGdon de l’Ardèche, l’an dernier. « La FDGdon nous a permis, avec les agriculteurs du secteur, de lancer le processus de lutte contre les campagnols terrestres sur nos prairies. Nous nous impliquons notamment dans le comptage des campagnols au printemps et à l’automne sur plusieurs communes afin de faire un suivi des populations. Grâce à cette adhésion, j’ai des moyens de lutte à disposition contre ce ravageur qui crée des dégâts importants sur le plateau ardéchois en général. La FDGdon nous a d’ores et déjà permis de faire des essais de matériel. Elle intervient également dans l’organisation collective de la lutte car seul on ne peut rien faire, poursuit-il. Nous avons prévu des réunions afin de voir quelle stratégie collective nous pouvons adopter sur notre secteur afin que chacun se sente concerné et puisse améliorer la situation actuelle. Nous attendons également la mise en place de la lutte avec la bromadiolone en complément des actions déjà engagées par chacun d’entre-nous. »