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Crise de l'élevage

Conseil des ministres : Stéphane Le Foll présente le plan élevage

Lors du conseil des ministres du 24 juin, le ministre de l'Agriculture Stéphane Le Foll a présenté les grandes lignes et le contexte du plan d'aide aux éleveurs et de solutions aux problèmes des filières porcine et bovine.
Conseil des ministres : Stéphane Le Foll présente le plan élevage

 

Lors du conseil des ministres du 24 juin, le ministre de l'Agriculture Stéphane Le Foll a présenté les grandes lignes et le contexte du plan d'aide aux éleveurs et de solutions aux problèmes des filières porcine et bovine. Il a notamment précisé la nature des aides directes de soutien aux éleveurs : « le Gouvernement accompagne les éleveurs en mobilisant des moyens de prise en charge des cotisations sociales auprès de la Mutualité sociale agricole (16 millions d'euros au total) ou de fonds d'allègement des charges (7 millions d'euros au total) mais aussi en permettant des exonérations individuelles de taxe sur le foncier non bâti (TFNB). Les établissements bancaires, expliquait également le ministre, ont également été sollicités afin de proposer à chaque exploitant la solution la plus adaptée à sa situation. »

 

Elevage: les JA du grand Ouest prêts à reprendre les actions de blocage

Les Jeunes agriculteurs (JA) du grand Ouest (Bretagne, Pays de la Loire, Haute et Basse Normandie) se sont dits prêts, le 24 juin, à reprendre leurs actions de blocage des sites de distributeurs et transformateurs mercredi 1er juillet, si des hausses de prix ne sont pas appliquées sur le lait, la viande bovine et porcine. Pour l'heure, le mouvement reste régional. Dans la nuit du 21 au 22 juin, 300 sites (7 laiteries, 2 abattoirs, 1 plateforme logistique, 1 salaisonnier et des GMS) ont été visités par 1300 agriculteurs, selon les JA. Les préfectures en dénombrent environ 192. Le 23 juin au soir de nouvelles actions (dépôt de gravât, vérification des cargaisons de camions, dégradations...) ont eu lieu dans la Manche, le Morbihan et l'Ille-et-Vilaine. Il n'y aura « pas d'impunité » pour ces actions, a estimé le préfet de Bretagne le 23 juin. GMS, pouvoirs publics, syndicats d'agriculteurs, tous craignent une recrudescence d'actes violents au vue de la situation très tendue qui existe. Les JA afficheront clairement leur position par un communiqué le 25 juin.

Interbev: «Oui, la production de viande à un avenir !», estime l'économiste D. Cohen

« Oui, je suis convaincu que la filière viande bovine a un avenir. Le paysage mondial ne fait aucun doute », a répondu Daniel Cohen, professeur à l'Ecole normale supérieur, le 24 juin, à la question de Dominique Langlois, président d'Interbev : « Comment voyez-vous notre filière ? Est-ce une filière d'avenir ? ». Lors de la convention annuelle d'Interbev portant sur le Bien-vivre, Daniel Cohen est revenu sur les difficultés de la filière française, « très marquée par les crises sanitaires notamment avec l'encéphalopathie spongiforme bovine. C'est une filière qui se relève très doucement alors que cela fait belle lurette qu'il n'y a plus d'ESB ! Du fait de cette maladie, la filière a raisonné très intra-européen ». Seulement avec la crise, les principaux débouchés français que sont l'Italie et la Grèce ont arrêté les importations. La demande est là dans d'autres pays, mais « la production n'augmente pas car il est difficile de trouver des gains de compétitivité dans ce secteur », estime-t-il. Philippe Chotteau, chef du département économie à l'Institut de l'élevage, confirme « le propre de cette filière c'est d'être une industrie lourde avec des cycles de production longs. Le travail y est pénible, comme dans les outils d'abattage, mais on reste dans une filière de passion et heureusement... sinon, tout le monde aurait changé de travail ! »