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Coopération agricole : « Bâtisseurs solidaires d'une alimentation durable et de territoires vivants »

Après un changement de nom il y a un an, la Coopération agricole - anciennement Coop de France - se dote d'une nouvelle raison d'être et de nouvelles orientations stratégiques au travers du projet Vision 2030. Son président Dominique Chargé nous explique ce travail.

Coopération agricole : « Bâtisseurs solidaires d'une alimentation durable et de territoires vivants »
Dominique Chargé, président de la Coopération agricole. (Crédit : Coopération agricole)

Le 14 janvier, vous avez réuni plus de 500 adhérents pour présenter la nouvelle raison d'être de la Coopération agricole. Quelle est-elle ?

Dominique Chargé : « La raison d'être de la Coopération agricole est désormais : « Bâtisseurs solidaires d'une alimentation durable et de territoires vivants ». Chacun des six mots a toute son importance et la globalité fait ce que nous sommes. « Bâtisseurs », car nous sommes des entreprises qui traversent les époques en nous adaptant aux différents changements. Nous voulons impulser une agriculture qui s'appuie sur une économie durable en s'inscrivant dans une logique de souveraineté alimentaire en répondant à toutes les bourses et à tous les marchés du local à l'international. « Solidaires » car nous sommes plus forts ensemble. C'est la solidarité entre les adhérents coopérateurs, entre les coopératives, mais aussi intergénérationnelle. Les coopératives sont un patrimoine commun qui doit être transmis aux générations futures. L'alimentation durable c'est un parti pris. L'alimentation est notre vocation première, mais ce n'est pas exclusif. Nous produisons également des biens non alimentaires comme l'énergie. Pour parvenir à une alimentation durable, nous devons construire des chaînes de valeur pour une alimentation responsable, saine et accessible à tous qui inclut également la dimension plaisir. Et enfin, des territoires vivants, car nous sommes aussi des acteurs sociaux pourvoyeurs d'emplois. Nous voulons nous inscrire dans les PAT (projets alimentaires territoriaux) tout en valorisant les savoir-faire de nos territoires à l'étranger. »

Pourquoi avoir entrepris ce travail ?

D.C : « Nous faisons tous le constat que le monde est en train de changer. La société interroge l'agriculture et l'agroalimentaire sur un certain nombre de sujets où nous avions jusque-là l'habitude d'un certain entre-soi. Au-delà du défi climatique, de la biodiversité, de l'agroécologie et du bien-être animal, nous devons nous questionner sur l'évolution de nos modes d'alimentation. Aussi, au sein de la Coopération agricole, il était utile de retravailler sur un projet commun plus transversal en prenant en compte les évolutions des attentes citoyennes mais aussi celles des agriculteurs adhérents aux coopératives qui ne sont plus les mêmes vis-à-vis de leurs coopératives. L'idée était alors d'élaborer une vision commune à l'ensemble du réseau pour redéfinir un cap commun et projeter la coopération dans le XXIe siècle. Nous voulions également être dans une dynamique de mouvement avec une organisation plus proactive et inclusive de ce que sont les grandes tendances de notre société, et moins sur la défensive. »

Vous faites référence aux attentes de la société, quel lien les coopératives peuvent-elles entretenir avec les consommateurs ?

D.C : « Nous souhaiterions que les coopératives deviennent un tiers de confiance pour les consommateurs afin qu'ils perçoivent les produits issus du monde coopératif comme venant d'un modèle responsable français et local, incluant une juste rémunération de l'ensemble de la chaîne alimentaire et prenant en considération les sujets de société comme l'environnement, le bien-être animal etc. De plus en plus d'acteurs remettent en avant le fait que leurs produits sont issus d'une coopérative. Il faut redéployer cette image et ce qu'est la mission d'une coopérative dans la déclinaison des produits. Enfin, les coopératives sont le trait d'union entre les producteurs et le consommateur, mais aussi le trait d'union entre les différents acteurs d'un territoire, entre les territoires eux-mêmes et entre les générations. »

Propos recueillis par Alizée Juanchich