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TRUFFICULTURE

« CulturTruf » : un site expérimental en Drôme des collines

Dans le cadre du programme de recherche « CulturTruf », un site expérimental a été retenu en Drôme des collines. Le seul en Auvergne-Rhône-Alpes. L’objectif est clair : optimiser la gestion de l’eau.
« CulturTruf » : un site expérimental en Drôme des collines

Tant à l'échelle régionale que nationale, la fédération française des trufficulteurs a toujours accordé une place particulière à l'expérimentation. L'institut national de la recherche agronomique (Inra) a lui aussi mené de nombreux travaux au fil des années, afin de mieux comprendre ce champignon et lutter contre sa disparition. Depuis 2016, le programme de recherche « CulturTruf » vise à déterminer l'effet des techniques culturales sur le régime hydrique des truffières et le cycle biologique des truffes. Financé par FranceAgriMer, il est piloté par l'Inra et a été co-construit avec la filière trufficole, les organismes professionnels ainsi que le centre technique interprofessionnel des fruits et légumes (CTIFL).
« En 2016 et 2017, nous avons identifié treize sites. Plusieurs arbres ont été équipés de sondes tensiométriques afin de voir la disponibilité de l'eau dans le sol et sa température », explique Claude Murat, ingénieur de recherche à l'Inra. En cette année 2018, le programme entre dans une troisième phase. L'objectif est ici d'économiser la ressource en eau et la gérer raisonnablement. « La truffe a besoin de l'eau mais elle n'en demande pas beaucoup. Plusieurs trufficulteurs utilisent en outre des micro-asperseurs. Par ailleurs, l'apport à l'hectare peut être de 300 m3 ; 1 000 au plus haut selon les cas. Ce n'est pas grand chose par rapport à d'autres productions », poursuit celui qui est par ailleurs originaire de la Drôme.

Un système d'ombrage testé

Six nouveaux sites ont ainsi été choisis. L'un d'entre eux est situé au nord de la Drôme, à Bathernay. Si des sondes tensiométriques pour suivre le potentiel matriciel du sol (l'eau disponible) ont été installées, des systèmes d'ombrage l'ont également été. « Des toiles sont suspendues dans l'arbre et fixées dans le sol. L'avantage est que l'air passe et ça se replie facilement », précise-t-il également. Des dispositifs de ce type ont déjà été testés en Italie. Reste à voir si cela fonctionnera aussi en Nord-Drôme. Les données qui seront récoltées permettront en tout cas d'y voir plus clair.
Des résultats qui intéresseront Roland Perrenot, président du syndicat de la truffe de la Drôme des collines. Lequel indique que l'irrigation est une problématique dont se saisissent de plus en plus les producteurs. Les essais menés en Drôme des collines permettront également de mieux appréhender le terroir et bénéficieront au final à tous les trufficulteurs du département. 
A. T.

 

À NOTER / Une réunion le 20 juin à Viviers

À l’occasion des journées techniques trufficulture, le 20 juin prochain, Claude Murat présentera le programme « CulturTruf » et les recherches en cours. Une conférence qui se déroulera à Viviers (Ardèche) de 18 h à 20 h, à la maison diocésaine Charles de Foucauld (grand séminaire, 2 rue faubourg Saint-Jacques). Les trufficulteurs qui souhaitent y participer sont invités à se rapprocher de leurs syndicats.