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Dans la Drôme, une nouvelle casserie d’œufs en projet

Rachetée en 2020 par le groupe Saint-Jean, l’entreprise L’œuf des collines devrait s’équiper d’une nouvelle casserie d’ici 2027.


 

Par M.E.
Dans la Drôme, une nouvelle casserie d’œufs en projet
©ME-AD26
Nous projetons de passer à 1 600 000 œufs conditionnés et livrés par semaine, majoritairement à des grossistes », annonce Guillaume Deroux, directeur de l’exploitation

Après plus de 25 ans comme fournisseur de la marque Saint-Jean, l’entreprise familiale L’œuf des collines basée à Arthémonay a été rachetée en 2020 par le groupe drômois Saint-Jean, célèbre dans l’agroalimentaire pour ses pâtes, ravioles, gnocchis et quenelles. Créée en 1973 par Michel Deroux, l’entreprise possède la seule casserie d’œufs de la région Auvergne-Rhône-Alpes. Pour répondre aux besoins grandissants de sa marque Saint-Jean, le groupe devrait investir dans la construction d’une nouvelle casserie à l’horizon 2027.

Perpétuer l’entreprise familiale

Employé depuis quinze ans dans la société, Guillaume Deroux a repris la direction de l’exploitation lors de son rachat en 2020. L’œuf des collines gère un élevage de 120 000 poules pondeuses et rachète les œufs de 300 000 poules à des coopératives et des éleveurs locaux. La filiale du groupe Saint-Jean possède un centre de conditionnement de 1 000 m², qui représente 65 % de son activité. « Nous emballons et livrons 1 600 000 œufs par semaine, majoritairement à des grossistes », annonce le responsable. La casserie d’œufs de l’entreprise s’étend quant à elle sur 750 m².

« Nous devons être l’une des plus petites casserie de France », explique Guillaume Deroux. ©ME-AD26

 « Nous devons être l’une des plus petites casseries de France. Nous étions fournisseurs de la marque depuis plus de 25 ans en œufs liquides avant le rachat, explique Guillaume Deroux. Mon père arrivait à la retraite et nous avons saisi l’opportunité du rachat car Saint-Jean nous a proposé de perpétuer notre travail. Mon oncle a conservé sa place en tant que spécialiste de l’élevage et moi j’ai pris la direction de l’exploitation ». Avant le rachat, Guillaume Deroux secondait son père sur la gestion de l’entreprise. « Quand il est parti à la retraite, l’exploitation nécessitait un gros investissement. C’était plus sécurisant d’opter pour la reprise d’un industriel », analyse le directeur d’exploitation.

Une casserie qui se démarque

L’œuf des collines a construit sa casserie au milieu des années 1990 afin de revaloriser les invendus et les œufs déclassés. « Nous n’avions pas d’ambition dessus, rapporte Guillaume Deroux. Depuis le rachat, elle tourne à 100 %. Le cahier des charges, qu’implique l’indication géographique protégée des ravioles Saint-Jean, nécessite la mention Drôme sur les œufs. Nous étions les seuls à pouvoir répondre à ce besoin. C’est un réel intérêt pour la marque puisque ça lui permet de sécuriser sa matière première pour les ravioles. Nous nous démarquons des autres opérateurs avec cette casserie. Nous sommes les seuls à avoir ces outils de production d’œufs liquides dans le quart Sud-Est ». Une évolution de l’entreprise familiale qui rend fière Michel Deroux. « Je trouve ça très bien car nous avons laissé quelque chose qui a de l’avenir. Dans les années 1990, nous avions essayé de nous lancer dans l’œuf dur mais la vente s’était écroulée. Aujourd’hui, la casserie est une réussite. Mon petit-fils a souhaité continuer avec Saint-Jean. C’est une grande entreprise avec de bonnes valeurs », se réjouit le fondateur de L’œuf des collines.

« Je trouve ça très bien car nous avons laissé quelque chose qui a de l’avenir », témoigne Michel Deroux, fier de son petit-fils. ©ME-AD26

Un besoin en œufs multiplié par trois

Avant le rachat de l’entreprise, la casserie produisait 25 tonnes d’œufs liquides par semaine. Aujourd’hui, elle en produit 40 tonnes. Pour répondre aux besoins croissants de Saint-Jean, L’œuf des collines va évoluer. « Nous allons devoir investir dans un nouvel outil de casserie plus moderne. Pour monter en capacité, nous avons besoin de machines et d’un pasteurisateur plus rapides. L’objectif est d’atteindre 20 tonnes d’œufs liquides pasteurisés par jour, soit près de trois fois plus qu’aujourd’hui. Nous souhaitons continuer à développer notre ancrage local et trouver des producteurs à proximité. Notre volonté est de trouver des œufs de la région par soucis écologiques et logistiques », détaille Guillaume Deroux. D’ici 2027, une nouvelle casserie pourrait ainsi voir le jour afin de développer la vente d’œufs liquides pour Saint-Jean et pour les industriels de la région. « Aujourd’hui, le marché de l’œuf est tendu. Tout le monde manque d’œufs. Nous devons développer la production et convaincre les éleveurs de nous rejoindre. Nous étudions chaque projet pour offrir la proposition la plus favorable », précise le directeur d’exploitation.

Le nouveau matériel ne rentrant pas dans la casserie actuelle, le futur outil devrait être construit sur un autre site. Un investissement de plusieurs millions d’euros sera nécessaire. ©ME-AD26

L’entreprise recherche ainsi principalement des œufs d’élevage au sol, en code 2. « C’est ce qui va remplacer la cage en France. Nous assistons à un véritable essor du code 2 », observe Guillaume Deroux. L’entreprise s’intéresse aussi aux œufs de poules élevées en plein air (code 1) et aux œufs bio. Le nouveau matériel ne rentrant pas dans la casserie actuelle, le futur outil devrait être construit sur un autre site. Un investissement de plusieurs millions d’euros sera nécessaire.