De bonnes valeurs alimentaires des ensilages maïs
La synthèse réalisée fin novembre sur une population de plus d'un millier d'analyses provenant de la région Rhône-Alpes, Bourgogne et Franche-Comté, délivre les mêmes conclusions que celles tirées plus tôt en saison et publiée comme des « tendances ». Les conditions météo extrêmement chaudes et sèches sur plusieurs semaines en début d'été ont fortement affecté les cultures du maïs dans de nombreuses situations. En l'absence d'irrigation, selon le type de terrain, les plantes ont fortement souffert. Les rendements ont été très bas, avec des plantes chétives et bien souvent sans grains.
Les analyses de cette synthèse ont été réalisées sur du maïs vert au moment de la réalisation du silo, et sur de l'ensilage, c'est-à-dire sur produit fermenté récolté à l'ouverture du silo. En nombre d'analyses, il y en a environ une moitié de chaque. Les valeurs analytiques (MM, MAT...) ne sont pas significativement différentes entre les verts et les ensilages, sauf le taux de MS, mais surtout celui des sucres solubles qui chute pendant la fermentation de l'ensilage.
Ce qu'il faut retenir
Les valeurs nutritives (cliquer sur ce lien pour visualiser les valeurs des ensilages maïs 205) calculées caractérisent l'ensilage, que l'analyse ait été réalisée sur vert ou sur produit fermenté. Les valeurs en énergie sont très satisfaisantes (UF, dMO moyennes égales à celles de 2014, une bonne année) malgré une teneur moyenne en amidon faible (inférieure de plus du quart de celle de 2014). L'énergie provient alors d'autres sources que l'amidon. D'une part, les sucres solubles sont, cette année, en moyenne supérieurs (de 20 %) à ceux de 2014. D'autre part, l'énergie provient également de la part digestible des parois, illustrées par le NDF. Le NDF moyen de 2015 est supérieur à celui de 2014, et sa fraction digestible également. Enfin, on observe des maïs significativement plus riches en MAT, ce qui conduit naturellement à des valeurs nutritives azotés (PDI) supérieures, ce qui joue également de façon positive sur les valeurs énergétiques. Les valeurs d'encombrement sont basses pour des maïs ensilages, révélant une très bonne ingestibilité. Ces caractères sont sensiblement les mêmes que ceux de l'année dernière.
La digestibilité mesurée DIG (dite pepsine –cellulase), s'avère en moyenne légèrement inférieure à celle de 2014. La MAT est la variable qui joue aux côtés de cette DIG dans le calcul de la dMO donc des UF. Autrement dit, la MAT élevée de cette année permet aux UF de 2015 d'être au niveau de ceux de 2014.
La cellulose brute « Weende » illustre un compartiment constitué des celluloses vraies mais aussi de molécules organiques proches des celluloses. Cet ensemble présente donc un gradient au niveau de sa digestibilité.
Enfin, les matières minérales sont significativement plus élevées en 2015,
(la moyenne de 2014 étant au niveau du quartile inférieur de 2015). Dans le détail des éléments chimiques, si le phosphore et le magnésium ont des valeurs moyennes similaires les deux années, la teneur en calcium est plus élevée en 2015.
Au final
En conclusion, les ensilages de maïs réalisés sur des parcelles ayant vraiment accusé le coup de la sécheresse présentent au final de bonnes analyses : leurs valeurs ne sont pas à l'image de ce qu'ils laissent imaginer à l'œil. Toutefois, ces bonnes valeurs énergétiques qui les rapprochent sur ce plan d'autres maïs vus également cette année, riches en grains, montrent la diversité des profils alimentaires. Le rationnement devra en tenir compte, et la qualification des silos par l'analyse a cette année toute son importance.
Pascal Mathieu - Laboratoire Cesar