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Fourrages

De bonnes valeurs pour les ensilages récoltés tôt mais médiocres ensuite

Les conditions météorologiques ont fortement joué sur la récolte des fourrages de printemps, entraînant des qualités nutritionnelles très diverses en fonction des dates d’ensilage.
De bonnes valeurs pour les ensilages récoltés tôt mais médiocres ensuite

La météo de ce printemps 2016 contraste complètement avec celle de 2015 faite de températures extrêmement hautes dès le mois de juin. À l'inverse, nous n'avons connu dès le début mai jusqu'au solstice d'été, quasiment que des journées pluvieuses avec manque d'ensoleillement, manque de chaleur. Cela a suivi un hiver très doux et un début de printemps clément avec un mois d'avril intermédiaire présentant en gros, un jour de pluie sur deux. Une situation à nuancer selon les zones géographiques de cette grande région.
Ces conditions ont fortement joué sur la récolte des fourrages de printemps. D'une part, pour un certain nombre d'exploitations, le besoin de fourrages dû aux faibles stocks de 2015 a poussé à la récolte précoce, permise par les bonnes conditions de début de printemps. Il y a donc eu sur de nombreux secteurs de plaine, des premières coupes d'ensilage très tôt, dès le mois de mars, à des stades précoces. Sur ces parcelles, une deuxième coupe a même pu être réalisée en avril elle aussi dans de bonnes conditions. D'autre part, la dégradation des conditions météo en mai a empêché de faire des foins, et a amené de l'eau de façon largement excédentaire dans les parcelles. Les prairies ont reçu alors trop d'eau, et n'ont ni bénéficié de lumière, ni de température.
En termes de données d'analyses, c'est la première année où nous ne disposons pas ou trop peu, de données sur les foins. Aucune analyse de foin de prairie naturelle de montagne. Ces foins ne se sont pas encore faits, ils n'ont pu être récoltés. Les échantillons analysés proviennent de la grande région Rhône-Alpes-Auvergne et de départements de Bourgogne-Franche Comté.
Si nous ne pouvons pas montrer les moyennes de tous les groupes de fourrages habituellement suivis, nous pouvons présenter en revanche les tendances de certaines deuxièmes coupes et l'évolution des valeurs sur le printemps. Les ensilages de RGI purs sont par exemple bien représentés, de plusieurs dizaines de valeurs. En 2015, les premières analyses concernaient des coupes du 7 avril et les dernières du 2 juin. En 2016, les premières coupes sont du 3 mars les dernières au 25 mai.
On constitue un groupe d'ensilage de RGI purs récoltés avant fin avril, (pour les premiers à des stades très précoces en montaison, et jusqu'au début de l'épiaison) et un groupe récolté en mai. La dernière ligne du tableau 1 est le rappel des valeurs sur la période avril-juin de 2015. Ces valeurs sont tirées d'analyses sur herbes fermentées, prises au silo. Les valeurs sont en moyennes très bonnes en particulier en digestibilité et en énergie. Il y a autour de ces moyennes une dispersion relativement importante des valeurs des paramètres  : par exemple pour les UFL, 50 % des valeurs des analyses du groupe d'avant fin avril sont comprises entre 0,82 et 0,90 UF ce qui est une plage déjà large ; mais cela veut dire que les 50 % autres sont encore plus bas ou plus haut.
On constate ensuite les évolutions des valeurs moyennes entre avril et mai. En particulier la décroissance (normale) de la MAT, de la digestibilité et de ce fait des UF et PDI. Toutefois, ces valeurs moyennes sont encore de bonnes valeurs. Mais les toutes dernières analyses, dont les dates de coupe sont récentes, présentent des valeurs très médiocres. Au sein du groupe des analyses de RGI en 1ere coupe, fauchés en mai, le graphique 2 illustre bien la baisse de la digestibilité avec la date de coupe.
En comparant avec 2015, sur ce groupe des RGI première coupe, on retrouve des bonnes valeurs d'énergie . Pour les valeurs azotées, 2015 se place au-dessus de 2016 avec des taux de MAT, des PDIN nettement supérieurs. L'étude de ces valeurs des herbes l'année dernière, à la même époque, montrait que 2015 se plaçait également au-dessus de 2014, au niveau des valeurs azotées, et apparaissait comme une excellente année sur ce point. L'année 2016 a donc permis de disposer de quelques données de deuxième coupe pour les RGI 100 %. Les dates dont nous disposons vont du 10 avril au 10 juin (voir tableau 2).
Les valeurs moyennes sont de bonnes valeurs de deuxième coupe, avec toujours une dispersion autour de ces moyennes.
En conclusion, le printemps 2016, atypique, a joué sur la pousse de l'herbe et ses valeurs. La minéralisation dans le sol liée à un hiver doux, a joué également. Les coupes ont dû se faire plus tôt, ou pour les foins, ne pas se faire.
Pour l'instant, de bonnes valeurs des ensilages sont constatées pour les plus précoces, mais elles le sont de moins en moins à partir de la mi-mai.
La plupart des fourrages d'exploitation sont des mélanges entre graminées, légumineuses et prairies naturelles. Les moyennes et quartiles présentés le sont sur des espèces pures, afin de pouvoir comparer au mieux d'une année sur l'autre, d'un stade à l'autre. Il est donc important de bien caractériser ses fourrages par une analyse propre. Un retour sur les foins, et sur d'autres espèces fourragères (prairies naturelles, luzernes,..) sera communiqué pour les synthèses de fin d'été. 

 

P. Mathieu
Tél : 04 74 25 09 90 Labo Cesar