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Arboriculture

De l'humus pour la santé des sols et celle des exploitations

Romain Vallet utilise Bacteriosol® afin de favoriser la fertilité des sols. Une journée technique s'est déroulée le 14 février dernier dans le Nord-Drôme.
De l'humus pour la santé des sols et celle des exploitations

A Moras-en-Valloire, il est une exploitation qui ne cesse de se développer. À titre d'exemple, les surfaces de production ont augmenté au fil des années. Mais certains usages évoluent également. L'EARL Les Tilleuls est une affaire familiale. « La troisième génération », nous souffle-t-on. Dirigée par Pierre Vallet et son fils Romain, elle cultive 25 hectares de vergers (poires, pommes, abricots) ainsi que 40 de céréales (blé, colza, maïs, semences de tournesol). Si les céréales sont collectées par la coopérative Drômoise de céréales, les fruits sont principalement commercialisés via « Les fruitiers dauphinois », qui regroupe une vingtaine d'exploitants. « Nous avons un bureau commercial à Chanas, en Isère, explique Romain Vallet. Cela nous permet de centraliser et proposer des volumes. Les cultures et le conditionnement se passent dans chaque exploitation. » L'EARL confie également 30 % de sa production à un expéditeur. La transformation n'a jamais été à l'ordre du jour, même si certains produits sont au final livrés à l'industrie agroalimentaire. « Les volumes sont importants. Et puis, nous n'avons jamais exploré cette piste, nous n'avons donc pas de débouchés », poursuit-il.

Respect de l'environnement

Depuis février 2016, l'exploitation drômoise utilise un procédé naturel commercialisé sous la marque Bactériosol®. Celui-ci, inventé il y a près de trente ans par l'agriculteur Marcel Mézy et distribué par la société aveyronnaise Sobac, vise notamment à produire de l'humus dans tous les types de sols. Mais pas que. L'écosystème, regroupant plus de 1 000 familles de micro-organismes (autotrophe, humificateur et rhizosphérique), permet aussi de développer la fertilité des sols, en réduisant les intrants et en fixant le carbone.
« J'ai rencontré les équipes de Sobac dans les allées du salon Sitevi il y a deux ans. J'ai rapidement adhéré à leur concept de fertilisation et de réduction des intrants », explique le jeune exploitant. Un procédé qui a un coût. « Mais nous n'effectuons plus d'apports chimiques de phosphore et potasse. L'apport en azote a également été réduit », ajoute-t-il. Pour l'heure, deux applications ont été faites, l'une en février 2016, l'autre cet automne. Toutes les surfaces de l'exploitation sont
désormais concernées.

En agriculture raisonnée

« Le but recherché, c'était l'activité biologique du sol. Il fallait que les arbres puissent pousser avec ce qu'il y avait de présent dans le sol », explique Romain Vallet. « On voulait vraiment savoir si nous étions dans le coup en termes d'apport organique. Nous n'arrivions pas à palper le résultat. Beaucoup d'éléments semblaient bloqués avant l'utilisation de ce produit. La richesse du sol était-elle bien exploitée ? Non, tout le potentiel n'était pas exploité », indique pour sa part son père, Pierre Vallet. Désormais, les deux exploitants comptent continuer sur leur lancée et aller plus loin, et notamment réduire encore l'apport en engrais chimiques et celui de l'azote au maximum.
Il faut dire que le naturel a une place à part dans l'exploitation. « Nous sommes en agriculture raisonnée. Nos vergers sont d'ailleurs certifiés éco-responsables », précise Romain Vallet. Bactériosol® n'est pas en reste. Cette technologie a en effet été présentée par l'Ademe* lors de la Cop21.

Amélioration des marges

« Ce procédé unique permet d'augmenter la rentabilité globale des exploitations en arrêtant les engrais minéraux, ce qui dégage donc du revenu supplémentaire à nos clients », note Jérôme Poyet, technico-commercial à Sobac. Il s'agit aussi pour l'entreprise d'optimiser les rendements, remplacer naturellement toute fumure, améliorer la qualité des sols, la résistance à la sécheresse ainsi que l'enracinement. Selon la société aveyronnaise, ce produit permet de limiter les pertes par lessivage des éléments solubles.
À Moras-en-Valloire, des économies d'eau ont-elle été réalisées ? Car c'est aussi un argument avancé. Pour l'heure, Romain Vallet estime ne pas avoir assez de recul. « 2017 sera l 'année des premières constatations en termes de réduction des volumes d'eau liés à l'irrigation. Pour autant, précise-t-il, l'analyse des profils culturaux sur le verger de pommiers a montré que les choses sur ce point là avaient quelque peu évolué. »

Une journée technique

Une journée technique autour des produits proposés par la société Sobac s'est déroulée le 14 février dernier, à Moras-en-Valloire. L'occasion d'en apprendre plus à travers des schémas ou encore des résultats scientifiques projetés. Mais aussi de voir le produit en action sur une parcelle. Près de 150 personnes étaient présentes, parmi lesquelles d'autres usagers réguliers, sur de bien plus longues périodes. Elles ont ainsi pu témoigner auprès des autres participants - lors des échanges informels - de leurs expériences et de leurs résultats.
Dans la Drôme, ils sont une centaine à utiliser Bactériosol®. On en compte près de 10 000 dans tout l'Hexagone. Une nouvelle session pourrait se dérouler dans la région à l'automne. 
A. T.

* Ademe : agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie.