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AVICULTURE

De nombreuses opportunités en aviculture

La filière avicole, œufs ou viande, propose de nombreuses possibilités de créations ou rénovations afin d’assurer le renouvellement des générations de producteurs et de répondre aux nouveaux marchés.
De nombreuses opportunités en aviculture

«L'aviculture, ce n'est plus un complément de revenu. C'est une production à part entière », affirme Gilles Lassus, président de l'Association régionale de la filière volailles Rhône-Alpes (Afivol), lors de l'assemblée générale de celle-ci, qui s'est tenue en même temps que celles du Comité économique régional de la volaille du Sud-Est (Cervose) et de l'Association des producteurs d'œufs du Sud-Est (Apose), le 4 juin à Moissieu-sur-Dolon, en Isère.

Gilles Lassus, président de l’Afivol.

« Et, au sein d'une conjoncture agricole difficile, la filière avicole n'est peut-être pas la plus mal lotie. Nous avons encore des possibilités ». Pour preuve, les besoins actuels de Rhône-Alpes en création et en rénovation de bâtiments, pour maintenir une activité dynamique et répondre aux nouveaux marchés qui se présentent. « D'après les organisations de production et les abattoirs, nous avons estimé qu'il y avait une nécessité de créer 25 élevages à tendance poulet « label rouge » ou « AOC de Bresse » avec deux bâtiments par projet par an pendant cinq ans, et 15 bâtiments en volailles de chair standard et certifié. Il faudra aussi pouvoir rénover au moins 45 bâtiments de volailles de chair par an. Enfin, pour approvisionner les élevages de poulettes de zéro à 18 semaines, destinées à la production d'œufs, nous avons estimé un potentiel de création de trois bâtiments par an et dix rénovations », précise Sophie Lubac, responsable de l'antenne
Sud-Est de l'Institut technique des filières avicoles, cunicoles et piscicoles (Itavi), en charge de l'animation de l'Afivol. Avec une augmentation de la consommation de viande de volailles d'un pour cent, alors que les autres viandes (sauf le porc) sont plutôt en diminution, et une production avicole rhônalpine qui ne parvient pas à répondre à la demande régionale, les perspectives sont intéressantes. Car l'ambition de la filière est bien là : « pouvoir faire consommer aux Rhônalpins les produits de leur région », déclare Sophie Lubac.

L’Afivol a tenu son assemblée générale le 4 juin à Moissieu-sur-Dolon (Isère).

Un troisième Crof

Mais sans nouveaux investissements, la filière ne pourra pas être présente à ce rendez-vous. D'où l'attention qu'elle porte aux programmes d'aides aux exploitations. Le plan pour la compétitivité et l'adaptation des exploitations agricoles, dont les modalités d'application sont encore en cours d'élaboration, est une remise à plat de l'ensemble des aides qui existaient auparavant (PMBE, PPE...). Il est alimenté par des fonds en provenance de l'Europe, de l'État, de la Région, et, le cas échéant, des conseils départementaux, des Agences de l'eau et de l'Ademe. L'Afivol estime que le niveau d'aides devrait rester à peu près le même, mais elle craint que les constructions de bâtiments soient largement privilégiées. « Pourtant, la rénovation de notre parc de bâtiments fait aussi partie de notre aviculture régionale », s'inquiète Gilles Lassus. Le troisième Crof (contrat régional d'objectif filière) avicole est aussi en passe d'être finalisé. Ainsi, pour « maintenir la production et l'emploi agricole en aviculture et garantir la performance des entreprises d'amont et d'aval », de nombreuses mesures, avec financements à la clé, ont été détaillées. À noter qu'au sein de la filière volaille, la totalité des enveloppes est consommée. 
Isabelle Brenguier

 

Les mots justes 


L’idée avait germé suite à la crise de l’influenza aviaire de 2006. Durant cette période, les éleveurs s’étaient rendu compte qu’ils n’avaient pas toujours les bons mots pour parler de leur activité et de leur métier. Pour combler ce manque, le Cervose* a mis en place un réseau d’éleveurs témoins issus de différents départements de la région et représentant la diversité des productions avicoles. Ils sont donc sept éleveurs à avoir été formés pour être à même de répondre rapidement aux demandes d’interviews des médias et parler du métier au grand public, aux agriculteurs déjà installés ou aux jeunes en centre de formation. Car, comme le souligne Michel Clément, président du Cervose : « Aucune école ne parle de notre métier. Il faut combler cette lacune et montrer aux jeunes toutes les possibilités de l’aviculture ». Gilles Dumoulin, éleveur dans la Drôme, a tout de suite profité de l’opportunité. Et il ne regrette pas.
« Je suis convaincu du bien-fondé de mon métier mais il me manquait les mots pour répondre aux questions de mon entourage. Grâce à cette formation, j’ai pu apprendre à parler de mon activité et de mes pratiques. Cela m’a permis de gagner en sérénité. Même si certains restent campés sur leur position, le plus souvent, le message passe ». Le succès de l’initiative régionale est tel que l’idée va être reprise au niveau national. 
 I. B.
* Comité économique régional de la volaille du Sud-Est