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Batiments d élevage

Des bâtiments d’élevage à adapter aux enjeux de demain

La conception des bâtiments est aujourd’hui guidée par de nombreux critères : économiques, énergétiques, environnementaux et sociaux. Innovations et performances sont de mise pour inventer les nouveaux bâtiments.
Des bâtiments d’élevage  à adapter aux enjeux de demain

Comprendre l'existant et envisager l'avenir des bâtiments des filières porcs, volailles et ruminants, tels étaient les objectifs du colloque organisé par le réseau mixte technologique (RMT) bâtiments d'élevages du futur à Paris. Le bâtiment est en effet le siège de nombreuses activités et leur conception a des incidences sur le temps et l'organisation du travail (alimentation, soins, traite, mise-bas, contention, rassemblement...), sur les performances zootechniques et le bien-être animal, sur l'environnement, le paysage et le territoire. Il représente également des montants d'investissements conséquents, influençant fortement les charges financières des exploitations. « Ainsi, pour répondre à ces enjeux multiples - économie, bien-être, environnement et travail - le thème des bâtiments d'élevage fait l'objet d'une approche globale et transversale », rapporte Yves Françoise, de la chambre d'agriculture de la Manche, sans oublier que « le bâtiment d'élevage doit être à l'image du projet de l'éleveur, fonction du contexte de l'exploitation, de la filière de production agricole et plus globalement des attentes de la société. » L'éco-construction s'avère également une piste à considérer pour la conception et l'utilisation des bâtiments.
Des bâtiments innovants et performants
Pour chacune des trois filières, contexte, enjeux, réflexions et pistes de travail ont été identifiés. Du côté de l'économie, les investissements dans le bâti représentent un enjeu stratégique. Ils devront donc être, dans le futur, plus que jamais rentabilisables, assurer la compétitivité et permettre la maîtrise des coûts, dans un contexte d'augmentation de la taille des élevages, de vieillissement des chefs d'exploitation et de recherche des clés d'adaptabilité des élevages au prix du marché. « La qualité de vie est également primordiale même si, souvent, c'est une préoccupation secondaire. Il faut intégrer la notion travail dès la conception et se projeter dans l'avenir pour ne pas être limité dans son évolution. Un équilibre doit être trouvé entre travail (astreinte, contraintes physiques, remplacement...), animal et bâtiment », commente Caroline Depoudent de la chambre d'agriculture de Bretagne. Les conditions dans lesquelles sont logés les animaux ont des répercussions importantes sur leur santé et leur bien-être. Et la demande sociétale est forte sur ces questions. Les constructions prendront par ailleurs impérativement en compte leurs effets sur l'environnement en économisant l'énergie, en la produisant et en réduisant leurs impacts. Les bâtiments devront aussi s'adapter aux incidences du changement climatique.
Pas un mais des bâtiments
« Tous ces enjeux sont également à intégrer dans la problématique de l'aménagement du territoire, où l'agriculteur devient un consommateur de foncier parmi d'autres, rendant difficile la construction de structure agricole », note Carole Robert de l'APCA.
Les interrogations autour du bâtiment se complexifient. Il n'existe plus un bâtiment standard, adapté à toutes les situations. « Il ne faut pas s'enfermer dans un raisonnement, il y a de la place pour la diversité. Il est nécessaire de proposer un bâtiment spécifique à la situation économique et(ou) locale de l'éleveur. C'est pourquoi, devant la multiplicité des solutions, il est important d'acquérir des références précises pour apporter des réponses adaptées à chacun », conclut Jean-Louis Peyraud, Inra et président du Gis élevage de demain. n

Cyrielle Delisle