Des enjeux économiques forts pour demain
Invité d'un colloque organisé dans l'Ain, Matthieu Caldumbide, responsable du service agronomique et syndical de l'AGPM (association générale des producteurs de maïs) intervenait sur l'avenir de la production de maïs et les enjeux auxquels elle sera soumise pour répondre aux grands défis mondiaux. Le maïs est la céréale la plus produite au monde en volume. En l'espace de dix ans, la production a progressé de 40 %. Les États-Unis et la Chine assurent, à eux deux, 60 % de la production mondiale. Les échanges mondiaux représentent entre 10 et
12 % de la production ; les principaux importateurs étant l'Asie, l'Afrique du Nord, le Moyen-Orient et l'Union européenne. Le marché européen du maïs est structurellement déficitaire. Il manquerait entre sept et dix millions de tonnes annuellement pour satisfaire les besoins. France, Hongrie et Roumanie sont, quant à eux, excédentaires. Les deux principaux importateurs sont les Pays-Bas et l'Espagne.
Le maïs est partout
Le maïs est une ressource essentielle pour l'alimentation animale. Il est également très bien valorisé pour l'alimentation humaine. Il s'affiche aussi comme une alternative intéressante à la pétrochimie.
Il représente deux tiers des céréales utilisées pour les animaux. La consommation de viande augmentant avec le niveau de vie (cent huit kilos par an et par habitant aux États-Unis par exemple, ou encore cinquante kilos par an et par habitant en Chine), il a été estimé qu'à l'horizon 2023 la volaille va progresser de 25 %, et le porc de 15 %. Les projections de l'OCDE indiquent que, pour répondre aux enjeux, il faudra augmenter la production de viande en dix ans de 15 %, soit quarante-six millions de tonnes supplémentaires.
Quels impacts pour le maïs ? « Aujourd'hui nous sommes à six cents millions de tonnes. En 2024, on estime qu'il faudra cent quarante-trois millions de tonnes supplémentaires, soit 24 % de plus. Plus de 50 % de ces besoins seront concentrés sur la Chine », explique Matthieu Caldumbide.
De plus, le maïs est des plus intéressants pour les énergies renouvelables, tant pour la production d'éthanol que pour le biogaz (un million d'hectares est consacré à la production de biogaz, dont huit cent soixante mille en Allemagne ; l'Italie commence à monter en puissance dans ce domaine). Quant au maïs grain, les besoins supplémentaires en céréales devraient s'élever à deux cent quarante-deux millions de tonnes à l'horizon 2024, dont plus de cent cinquante millions de tonnes de maïs.
Quelle place pour la France ?
Selon Matthieu Caldumbide, « dans un contexte de marché européen déficitaire, les priorités pour la France sont de consolider les débouchés intérieurs (consommation animale, et utilisations industrielles : amidonnerie, semoulerie...), reprendre des parts de marché sur l'Union européenne (baisse des parts de marché de la France vers l'Allemagne, les Pays-Bas...), et saisir les opportunités sur les pays tiers ».
Les clés à l'export : gagner en compétitivité (rendement, protection des cultures, irrigation, coût de production), la qualité du maïs (physique et sanitaire), la segmentation des marchés, la logistique et la capacité portuaire. Le principal atout de la France étant le rendement, on voit là toute l'importance du progrès technique.
P. F.
Pour en savoir plus : http://www.agpm.com/