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Analyses

Des ensilages maïs de mauvaise qualité

La tendance des analyses des ensilages de maïs plante entière pour l’année 2016 révèle des maïs de digestibilité médiocre en moyenne, significativement moins bons que ceux de 2015, et toujours une grande hétérogénéité.

Des ensilages maïs  de mauvaise qualité

Les premiers échantillons de maïs sur les premiers chantiers d'ensilage ont été prélevés avec un retard de plus de trois semaines par rapport à l'année dernière (premières dates de coupe relevées le 22 août 2016), mais les très fortes chaleurs en fin d'été ont activé les chantiers. Début novembre, la population d'étude en termes de nombre d'analyses était comparable à celle de 2015, vers le 10 octobre (plusieurs centaines dont les trois quarts analysés sur du maïs en vert). Les valeurs analytiques, sauf la matière sèche (MS) et les sucres solubles, sont très proches entre les maïs analysés en vert et ceux analysés fermentés. Par rapport à 2015, on observe des matières sèches supérieures en moyenne ; moins de matières minérales, et dans le détail moins de richesse en calcium en particulier ; moins de MAT de manière très significative, et davantage de cellulose. Le taux d'amidon est en moyenne supérieur en 2016. La digestibilité analytique (DIR) est inférieure de plus de 2 % par rapport à 2015. Les quartiles permettent de juger de la dispersion des valeurs, donc de l'hétérogénéité. Il en résulte sur les valeurs nutritives une baisse de la dMO, des UF de 0,03 à 0,04 en moyenne, ce qui est significatif. Le faible taux moyen de MAT, la dMO inférieure impactent les PDI qui sont eux aussi significativement plus faibles qu'en 2015. Quant aux unités d'encombrement, leurs moyennes sont logiquement plus élevées : de 0,02 au-dessus de celles de 2015.

La digestibilité des maïs

Le classement des maïs en termes de niveau de digestibilité illustre plus finement la situation. Les très bons maïs voient leur nombre divisé par deux, les maïs intermédiaires bons et passables diminuent au profit de la classe de ceux peu digestibles dont la proportion passe du tiers à plus de la moitié de tous les maïs analysés.
En conclusion, l'année 2016 n'apparaît pas comme une bonne année pour la plupart des maïs ensilages en Auvergne-Rhône-Alpes et Bourgogne-Franche-Comté. 
Pascal Mathieu, Laboratoire Cesar