Des pistes pour maintenir et redéployer les services de la Poste sur les territoires
Avec une fréquentation de -7 % par an et une baisse globale de l'activité courrier liée au développement des prestations informatiques, la Poste perd l'équivalent de 50 millions de chiffre d'affaires chaque mois. Si l'activité colis fonctionne bien grâce à l'augmentation des ventes par internet, elle ne compense pas le déficit de l'activité courrier, la Poste étant concurrencée par les opérateurs étrangers type DHL. Une situation préoccupante au regard des 260 000 emplois qu'elle recouvre.
Face à ce constat, la Commission supérieure du service public des postes et communications électroniques (CSSPPCE), présidée par le député socialiste du Lot Jean Launay, avait fait des propositions, comme adosser les bureaux de Poste peu fréquentés aux Maisons de services publics. Ces dernières pourraient ainsi accueillir tous les types de services de proximité nécessaires : Pôle Emploi, CPAM, MSA, EDF, mais aussi des opérateurs privés comme les assureurs ou les opérateurs téléphoniques.
Le Gouvernement a repris cette idée dans les conclusions des Assises des ruralités, avec l'objectif de porter le nombre de ces maisons à 1 000 d'ici fin 2016, contre 360 aujourd'hui. Communément présente sous trois formes – bureau, agence postale et relais poste-commerçant -, la Poste pourrait en plus des maisons de services publics développer les facteurs-guichetiers, qui, à l'image des receveurs-distributeurs autrefois, assureraient la distribution du courrier le matin et l'accueil au guichet l'après-midi, tout en s'occupant éventuellement d'autres services publics, a expliqué Jean Launay à la presse, le 8 avril, quelques heures avant de rendre le rapport annuel de la CSSPPCE à la secrétaire d'Etat au Numérique, Axelle Lemaire. Le député évalue le nombre potentiel de ces facteurs-guichetiers à 500 sur le territoire français. Quant à l'idée, pour répondre aux besoins des métropoles, de proposer les services de la Poste dans les centres commerciaux ou les supermarchés, elle peut être envisagée, bien que le fait que la caissière prendrait en charge le travail du postier reste « le sujet le plus complexe » à régler dans cette hypothèse, tempère Jean Launay.
Enfin, si le député se réjouit de la volonté du Gouvernement de supprimer toutes les zones blanches (non desservies par les opérateurs de téléphonie mobile ou internet) en France, il espère que l'objectif pourra être atteint car ce problème constitue selon lui « le début du sentiment d'égalité bafouée et du rejet qui est sous-jacent ».