Du nouveau pour l'irrigation du soja dans la Drôme
La culture du soja a le vent en poupe et les perspectives de développement de la filière sont bonnes. Les surfaces sont en développement en Europe et en France. Notre pays est d'ailleurs leader en Europe pour la production de soja, tout en restant toutefois loin derrière l'Italie, premier pays producteur.
Avec une forte prime à la production non OGM, les débouchés en alimentation humaine sont en forte progression. Pour la production destinée à l'alimentation animale, la dépendance européenne à l'importation reste très marquée.
Par ailleurs, cette culture offre de nombreux atouts. Tête d'assolement peu sensible aux attaques de maladies et ravageurs, le soja est peu gourmand en intrants. Capable de s'auto-alimenter en azote (c'est une légumineuse), il en restitue à la culture suivante, ce qui en fait un bon précédent à céréales. Cette culture est ainsi adaptée aux systèmes bio, la pratique du désherbage mécanique étant efficace pour maîtriser les adventices. Actuellement en France, un tiers des surfaces en production est en bio.
1 000 ha en Drôme
Toujours en France, il s'est cultivé 75 000 ha de soja en 2014 (40 000 en 2013). On en annonce environ 92 000 en 2015 ! Les surfaces sont réparties en deux grands bassins de production. D'une part le Sud-Ouest, qui regroupe la majorité des surfaces, avec une irrigation quasi systématique ; d'autre part, le Centre-Est où l'irrigation est moins pratiquée, à l'exception de la vallée du Rhône.
En production biologique, selon une enquête menée spécifiquement sur le soja bio par le Cetiom en 2012, la tendance s'inverse : 81 % des surfaces sont irriguées dans le Sud-Est contre seulement 55 % dans le Sud-Ouest (54 % au niveau national). En Rhône-Alpes, les agriculteurs ont cultivé 7 500 ha de soja en 2014 dont 1 000 dans la Drôme.
Lorsque le taux de protéines est suffisant (minimum de 40 % requis), la valorisation en alimentation humaine bio tourne autour de 700 euros la tonne (€/t). La marge brute d'un soja en production biologique peut ainsi afficher 1 500 à 2 000 € ha en fonction du rendement, qui lui peut dépasser 40 quintaux par hectare (q/ha) si l'année est propice et la culture bien menée.
Ne pas démarrer l'irrigation trop tôt
Dans la Drôme, la quasi-totalité des parcelles de soja est irriguée, notamment en agriculture biologique. Les besoins en eau d'un soja se situent autour de 600 mm (6 000 m³/ha) pour un rendement de 40 q/ha. Selon l'enquête du Cetiom en 2012, l'irrigation a fait gagner 12 q/ha aux sojas bio dans le Sud.
Il est conseillé de ne pas démarrer trop tôt l'irrigation, notamment pour ne pas favoriser la croissance végétative au détriment des fleurs : à l'apparition des premières fleurs (stade R1) en sols superficiels, 12 à 15 jours plus tard en sols profonds. L'irrigation s'arrête au stade R7 (premières gousses mûres), soit environ trois semaines avant la récolte.
Il est également conseillé de réaliser des apports aussi importants que le permet la réserve utile du sol et espacés, plutôt que de petites doses régulières et fréquentes qui entretiennent une humidité favorable au sclérotinia. Concrètement, l'irrigation se déroule ainsi :
- en sols superficiels : tours d'eau de 6 à 7 jours, 30 à 40 mm par apport ;
- en sols profonds : tours d'eau de 9 à 10 jours, 40 à 50 mm par apport.
Bien sûr, il faut tenir compte des pluies, en décalant le tour d'eau d'un jour par cinq mm de pluie en cas de précipitations supérieures ou égale à 10 mm.
Des parcelles équipées de matériel dernier cri
Pour accompagner le développement de cette culture, la chambre d'agriculture de la Drôme, les coopératives Valsoleil-Drômoise de Céréales, Natura'pro et Agrodia (Groupe Dauphinoise) ont collaboré à la mise en place d'un réseau d'avertissement et de conseil pour l'irrigation. Pour obtenir une bonne représentativité géographique et agronomique de la zone de production, une dizaine de parcelles de soja ont été choisies en vallée du Rhône, plaine de Montélimar, plaine de Valence et vallée de la Drôme. Ces parcelles sont équipées de matériels dernier cri (financés avec l'aide de l'Agence de l'eau RMC), à savoir des stations météo avec sondes tensiométriques qui utilisent la télétransmission. Jean Champion, conseiller grandes cultures bio à la chambre d'agriculture, anime ce réseau. Il a ainsi accès en temps réel aux données météo (températures air et sol, pluviométrie) et à la réserve en eau du sol de toutes les parcelles équipées, à partir d'un ordinateur ou d'un smartphone relié à internet. En collaboration avec Terres Inovia (ex-Cetiom) et avec l'utilisation de l'outil de pilotage Irrisoja, les données seront régulièrement analysées. Le Zoom grandes cultures servira de support pour diffuser les données du réseau et vous y trouverez chaque semaine, jusqu'en septembre, tous les conseils pour l'irrigation de vos parcelles de soja.
3 Contact : Jean Champion, conseiller spécialisé grandes cultures bio
(06 09 15 21 98).