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Elevage ovin

Embaucher : une fierté !

Dans le cadre du Sommet de l’élevage de Cournon, Inn’ovin a organisé une conférence sur le salariat en élevage ovin. Dans un milieu où l’habitude est souvent de travailler en solo, l’embauche d’un salarié doit se préparer, bien sûr avec rigueur, mais aussi avec volonté d’ouverture et enthousiasme.
Embaucher : une fierté !

Se dégager du temps, augmenter sa production ou se diversifier, préparer l'arrivée d'un associé ou d'un repreneur, les raisons de l'embauche d'un salarié sur une exploitation sont multiples. Pourtant, certains hésitent encore à franchir le pas. « La plupart des exploitants n'ont jamais été salariés, ce n'est pas simple pour eux de créer ce rapport patron-employé », estime Laurent Usse, spécialiste emploi de la FRSEA Massif central. Pourtant, les besoins sont là. Il s'agit donc pour l'éleveur d'évacuer d'éventuels a priori sur le salariat, de bien définir les tâches qu'il souhaite confier à son salarié et donc les compétences requises lors de l'embauche. En devenant patron, l'éleveur devra apprendre à déléguer, à organiser le travail d'un autre et donc à être bien organisé lui-même, à trouver la bonne posture « ni adjudant, ni copain », résume Laurent Usse. Et puis, il devra accepter que le salarié puisse apporter un nouveau savoir-faire et sa propre expérience. Autant de barrières à faire tomber.

Olivier Perret (exploitant agricole employeur) et Geoffray Levrat (salarié) entourent Franck Dudognon (CFPPA, Bellac) et Benoît Girard (CS, La-Côte-Saint-André) lors de la table ronde.

Un investissement pour l'avenir

Évidemment, sortir un salaire mensuel de l'exploitation n'est pas anodin. Les simulations financières doivent être réalisées en amont avec son centre de gestion. « Un salaire ne doit pas être vu comme une charge mais comme un investissement pour l'avenir », insiste Serge Figon du CERFrance 43. Le futur employeur doit se fixer des objectifs de gains en contrepartie. « Il peut ouvrir un second atelier, augmenter son troupeau, améliorer le suivi du cheptel donc subir moins de pertes », poursuit le conseiller. Il faut évaluer aussi les conséquences fiscales de l'embauche même si elles ne doivent pas être l'unique motivation. Reste à trouver le salarié motivé et compétent à l'instar de Geoffray Levrat, venu témoigner à cette table ronde. « Je suis fils d'agriculteurs en polyculture élevage équin. J'envisageais de m'installer en fruits avec une activité secondaire ovine. Aujourd'hui, je pense plutôt faire l'inverse. » Dans l'attente de son installation, le jeune formé à Bellac (Haute-Vienne), a trouvé un emploi dans l'Ain à Civrieux. « C'est tout récent mais cela se passe bien. J'ai beaucoup d'autonomie, apprécie-t-il. Il faut être motivé, à l'écoute et se remettre en question si nécessaire. La difficulté, c'est que je travaille pour un éleveur et son fils, et ils ne sont pas toujours d'accord. Il faut s'adapter à cette situation. »

 

Se former à devenir patron


Olivier Perret, éleveur dans la Loire, emploie depuis 2006 un salarié à plein-temps, pour pallier notamment son désir de prendre des responsabilités en dehors de l'exploitation. « L'organisation du travail n'est pas simple, il faut savoir répondre aux imprévus. Il ne faut pas hésiter à se faire accompagner sur la partie administrative et financière. Je pense qu'il faudrait une formation pour les futurs employeurs car ça ne s'improvise pas. Personnellement, elle m'a manqué. Mais au final, créer un emploi, c'est une véritable fierté. » 
D. B.