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Aviculture

En Chine, le projet de fou de connecter 23 millions de poulets

Le projet Go Go Chicken permettrait aux consommateurs chinois de connaître le nombre de pas parcourus par les poulets qu’ils achètent.

En Chine, le projet de fou de connecter 23 millions de poulets

La numérisation de la surveillance a le vent en poupe en Chine. Et l'agriculture ne fait pas exception. À Hong-Kong, la presse locale rapporte qu'un géant chinois de l'assurance, ZhongAn, porte, avec plusieurs partenaires locaux, un vaste projet de surveillance de poulets. La Chine est habituée des grands scandales alimentaires. Le poulet n'est pas épargné ; en 2015, 18 tonnes de viande de poulet avariées avaient été distribuées aux consommateurs chinois, notamment dans des grandes chaînes de fast-food comme McDonald's ou KFC.
Dans cet élevage, « chacun de nos poulets porte depuis sa naissance un bracelet à la cheville, explique Chen Wei, le responsable de l'incubateur technologique de ZhongAn, interviewé par la presse hongkongaise. Ce bracelet est connecté sans fil à un réseau et envoie en temps réel des données sur la localisation des poulets et la distance qu'ils parcourent chaque jour ». En magasins, « le consommateur peut simplement consulter son smartphone pour connaître le lieu de naissance du poulet, quelle nourriture il a mangé, et combien de pas il aura fait durant sa vie ».

Reconnaissance « faciale » de poulets

Ce projet fou intitulé Go Go Chicken pourrait répondre à l'inquiétude soulevée par les scandales sanitaires à répétition. Il a été lancé en 2017, année du coq, sur près de 100 000 poulets. Il concerne une production en agriculture biologique située dans la province du Anhui, à l'Est du pays. D'ici trois ans, il pourrait concerner 23 millions de poulets, selon ses initiateurs. Par comparaison, la France produit chaque année environ 10 millions de poulets bio.
Un autre projet est en développement chez Go Go Chicken : permettre à des jeunes urbains d'acheter des poulets dès la naissance et de venir leur rendre visite « à la ferme ». Pour que son propriétaire puisse reconnaître son poulet parmi ses milliers de congénères, ZhongAn veut développer une technologie de reconnaissance « faciale » adaptée au poulets.
Destiné aux jeunes urbains
Ce projet est un mélange inédit des plus récentes technologies et des races traditionnelles chinoises, qui sont en déclin en Chine ces dernières années, tout comme la production de poulet en général. Les poulets de Go Go Chicken sont issus de souches locales à croissance très lente, élevés durant quatre à six mois, consommés généralement en bouillon. Selon des statistiques américaines, la Chine ne compte plus que 28 % de poulets colorés (races locales), contre 53 % de poulets blancs (issus de génétique importée).
Le projet Go Go Chicken est destiné à la classe moyenne chinoise, plus particulièrement aux jeunes urbains, de plus en plus intéressés par l'agriculture, selon le porteur du projet. En Chine, l'accès à la classe moyenne signifie généralement une baisse de la consommation de poulet au bénéfice de viandes plus chères comme le bœuf ou le mouton. 

M. R.