Entre vigilance et optimisme, France Lavande maintient le cap
France Lavande navigue dans une conjoncture délicate. Malgré tout, sa présidente, Éliane Brès, défend un message d’optimisme et de vigilance, convaincue que le maintien du potentiel lavandicole est essentiel pour l’économie locale.
Si l’année écoulée n’a pas été simple pour les producteurs de lavande et de lavandin, France Lavande affiche néanmoins des résultats financiers positifs et poursuit ses projets d’investissement. En assemblée générale le 26 novembre à Divajeu, la présidente de la coopérative, Éliane Brès, est revenue sur les difficultés rencontrées par la filière, les enjeux du moment et les perspectives pour 2026.
« L’année 2025 a été marquée par une récolte faible : environ 30 % de perte en lavande et lavandin, a-t-elle indiqué. Un printemps trop pluvieux, suivi d’une canicule, ont fragilisé les plantes et réduit les volumes. » Heureusement, les stocks ont permis d’amortir le choc, « même si certains producteurs ont dû livrer des lots issus des années précédentes », précise Éliane Brès.
Des prix insuffisamment rémunérateurs
France Lavande maintient malgré tout ses prix depuis plusieurs années, portée notamment par son client principal, le géant du parfum Givaudan, avec lequel la coopérative travaille depuis 2007. Si les prix contractualisés avec Givaudan sont jugés « corrects » en comparaison de ceux du marché, « ils restent toutefois insuffisants pour garantir la viabilité économique des exploitations, nuance Éliane Brès. Le kilo d’huile essentielle de lavandin se vend actuellement 23 € sous contrat mais seulement 16 € hors contrat, alors que le coût de production se situe entre 20 et 22 € ».
Face aux difficultés, les producteurs lavandicoles se diversifient : « On voit de plus en plus d’exploitations en polyculture (ovins, bovins), en vigne, céréales », observe la présidente de France Lavande.
Des arrachages inquiétants
Éliane Brès confie avoir constaté « pas mal d’arrachages » dans la région. « De nombreux producteurs sont en difficulté, dans un contexte où d’autres cultures locales subissent également une crise profonde : clairette, noix, abricots... On sent bien que certains n’ont plus beaucoup de marge de manœuvre », souligne-t-elle. Elle appelle les adhérents à maintenir leurs surfaces lavandicoles : « Je ne dis pas qu'il faut augmenter les surfaces mais qu'il faut maintenir le potentiel et assurer le renouvellement des plantations ».
La coopérative, qui reçoit chaque année de nombreuses demandes d’adhésion, reste prudente : « Nous ne pouvons pas prendre tout le monde, il faut pouvoir vendre ce qu’on achète », souligne Éliane Brès. La politique de la coopérative consiste à intégrer en priorité des jeunes agriculteurs memBrès de Cuma, pour soutenir le réseau local de matériels partagés.
À noter, France Lavande mène depuis deux ans des essais de couverts végétaux en partenariat avec Givaudan et Biosphère pour améliorer la résilience des cultures.
Résolument optimiste
Malgré les difficultés, Éliane Brès se veut résolument positive : « Si je n’étais pas optimiste, je ne continuerais pas. Quand on n’y croit pas, on ne fait pas avancer la machine », confie-t-elle. Elle souligne le rôle essentiel du conseil d’administration et d’une équipe de quatre salariés « investis et compétents ». L'assemblée générale a rassemblé de nombreux adhérents, dont plusieurs jeunes, une satisfaction pour la présidente, candidate à sa propre succession.
Son souhait pour l’avenir est clair : mieux rémunérer les producteurs. « Quand un producteur va bien, c’est tout un territoire qui en bénéficie : artisans, commerces, concessionnaires… Toute l’économie locale vit avec eux. »