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Action syndicale

FNSEA et JA se mobilisent contre la déconsidération du monde agricole

Excédés par le manque de considération de la profession agricole, la FNSEA et Jeunes agriculteurs ont annoncé le 18 septembre le lancement d'un mouvement de mobilisation nationale multiforme, à destination des politiques mais aussi des consommateurs et des militants.
FNSEA et JA se mobilisent contre la déconsidération du monde agricole

Entre les polémiques sur les zones de non traitement, les distorsions de concurrence, les attaques extrêmement violentes à l'encontre des élevages comme celle qui a détruit trois poulaillers d'un élevage de l'Orne le 17 septembre (voir encadré ci dessous), le monde agricole fait face aujourd'hui à « un sentiment de déconsidération spectaculaire », a expliqué Jérôme Despey, secrétaire général de la FNSEA, le 18 septembre. « On ne peut pas rester dans cette situation, avec un agribashing qui se propage et que l'on vit sur tous les sujets », a-t-il précisé, évoquant une compétitivité française mise à mal par les accords de libre-échange que l'UE souhaite signer avec le Canada ou les pays du Mercosur ; les prix qui tardent à redevenir rémunérateurs en dépit des États généraux de l'alimentation ;
les interdictions de produits phytosanitaires ou encore les intrusions et les violences sur les exploitations.
« Le ras-le-bol, c'est le fossé qui se creuse entre ce que les citoyens pensent de l'agriculture, avec l'image qu'en donnent les militants dans les médias sans aucune connaissance du métier, et ce que font réellement les agriculteurs », ajoute de son côté Arnaud Gaillot, secrétaire général de Jeunes agriculteurs (JA). Pour faire entendre leur colère, les réseaux FNSEA et JA se mobilisent et resteront mobilisés tout l'automne, à travers différents types d'actions locales.

Convergence des mobilisations le 22 octobre

Il s'agit, d'abord, de sensibiliser les parlementaires aux conséquences sur l'agriculture d'une signature des accords Ceta et UE/Mercosur. « Début octobre, nous serons devant le Sénat et l'Assemblée nationale », précise Jérôme Despey, ajoutant que les deux réseaux sont aussi mobilisés pour rencontrer localement les parlementaires. Cependant, au-delà de l'aspect politique, les agriculteurs veulent aussi dialoguer avec les consommateurs. « Les fédérations locales organiseront des déplacements en GMS ou sur les marchés pour aller sensibiliser les consommateurs », indique Arnaud Gaillot. La question de l'origine des produits et des normes françaises sera au cœur des échanges, car l'exigence du consommateur, qui demande toujours moins de produits phytosanitaires, plus de dispositions vis-à-vis de l'environnement, doit aussi se traduire par des actes d'achat cohérents.
Le 22 octobre, des rassemblements auront lieu dans tous les départements pour arriver à « une convergence de toute cette expression et de toute cette colère », et être davantage entendus, explique aussi Jérôme Despey. Et, face aux violences exprimées contre les agriculteurs, obtenir « une réponse stricte et ferme à chaque acte », exige également le secrétaire général de Jeunes agriculteurs qui souhaite « mettre un coup d'arrêt aux agissements terroristes » des associations antispécistes. À travers cette mobilisation, qui va monter en puissance au cours des semaines, la FNSEA et JA entendent abattre un certain nombre de clichés dégradants pour l'agriculture française, tout en modifiant l'attitude du gouvernement vis-à-vis de ce secteur d'activité. « Vous allez entendre parler des agriculteurs tout au long de l'automne ! » prévient ainsi Jérôme Despey. 

 

Indignation après l’incendie de trois poulaillers dans l’Orne

Trois poulaillers ont été incendiés à Charencey (Orne) dans la nuit du 16 au 17 septembre, a rapporté la presse locale. Ces bâtiments vides totalisaient 2 200 m². La « thèse accidentelle est exclue », a estimé le parquet d’Alençon, qui a ouvert une enquête. Dans un communiqué du 17 septembre, la FNSEA,  JA et Aviculteurs de France ont dénoncé un « incendie criminel », remarqué que « les bâtiments ont été ouverts par effraction » et pointé « des signes évidents d’une préméditation méticuleuse ». Les trois bâtiments incendiés sont éloignés les uns des autres et les inscriptions « assassin » et « camp de la mort » ont été retrouvées sur les murs. Le 17 septembre, une soixantaine d’agriculteurs, plusieurs parlementaires et la préfète de l’Orne ont participé à un rassemblement de soutien autour d’Emmanuel Prévost, l’éleveur touché. Celui-ci est « un exploitant qui est dans une démarche de dialogue, ouvrant ses portes lors de l’opération Fermes ouvertes », indiquent Jeunes agriculteurs de l’Orne sur sa page Facebook. « Je veux dire clairement la condamnation par l’État de ce genre d’actes qui sont intolérables », a déclaré le ministre de l’Agriculture, Didier Guillaume, qui s’est rendu sur place le 18 septembre.